Les créatures aquatu{ucs, partout dans le monde, utilisent des
camouflages pour échapper aux prédateurs. Cette espèce
d’ amphipodes du lac Baikal se confond avec son environnement,
lorsqu'elle marche sur des rochers couverts d'algues (en haut),
mais devient vulnérable lorsqu 'elle broute tes éponges vertes ou
lorsqu "elle nage en pleine eau (en bas) Quatre-vingts pour cent
des espèces d’ amphipodes connues vivent dans le Baikal.
barbe, et couvre le substrat dur d’un tapis vert vif. La morphologie des éponges
se modifie à 3 ou 4 mètres de profondeur : on observe alors une espèce branchue
à large base. Les plus grandes branches, entre 5 et 12 mètres de profondeur, atteignent 30 à 60 centimètres de longueur. Se mêlant aux éponges voisines, elles
construisent une structure évoquant un récif et qui descend le long des pentes rocheuses jusqu’à 25 à 30 mètres de profondeur.
Tout comme les formes complexes d’un récif, ces buissons d’éponges créent
un habitat idéal pour les petits organismes aquatiques. Nos plongées les plus avancées près de ces buissons, en dessous de 12 mètres, nous ont conduits dans l’habitat
d’un gammare. « Cette classe de crustacés », nous dit Andy Rechmtzer, « s’est développée dans le lac Baïkal pour remplir les niches occupées, dans d’autres sites sousmarins, par les crevettes. »
Les amphipodes du lac Baïkal, représentés par plus de deux cent quarante
espèces, sont des charognards benthiques ressemblant étrangement aux insectes terrestres, pourvus de tentacules, de pattes velues, et d’un corps à segments. Une petite
espèce de deux centimètres de long, Axelboechia carpenteri, est violette comme une
grappe de raisin. Les autres sont couvertes d’une carapace qui les protège ; Acantbogammarus maximus, par exemple, porte de grandes épines dorsales.
Les éponges encroûtantes sont également très abondantes et forment de
grands tapis verts. Nous avons observé plusieurs espèces de mollusques de taille
variable, depuis la dimension du poing jusqu’à celle d’une pièce de monnaie, rampant sur cette surface d’émeraude à la recherche de nourriture.
Les algues vertes couvrent le substrat rocheux du fond du lac. Le Baïkal
est très riche en algues, avec près de sept cents espèces. Dans les petits fonds, nous
nageons au milieu d’algues qui évoquent laitues, fumée ou chanvre. Lorsqu’on se
déplace au fond de l’eau, il est pratiquement impossible de ne pas déranger ces prairies. Le moindre mouvement soulève un nuage dense et vert autour de nous.
Le vert envahissant de ce royaume aquatique glacial est renforcé par les
épiphytes du lac qui couvrent une grande partie du fond, tombant en chutes miniatures des rochers et des autres substrats.
La vision enchanteresse de ces prairies d’algues et de ces jardins d’éponges
nous laisse reveurs. Nous n’avions jamais vu de photographies « sous-marines » du
52
Le Lac Baïkal
camouflages pour échapper aux prédateurs. Cette espèce
d’ amphipodes du lac Baikal se confond avec son environnement,
lorsqu'elle marche sur des rochers couverts d'algues (en haut),
mais devient vulnérable lorsqu 'elle broute tes éponges vertes ou
lorsqu "elle nage en pleine eau (en bas) Quatre-vingts pour cent
des espèces d’ amphipodes connues vivent dans le Baikal.
barbe, et couvre le substrat dur d’un tapis vert vif. La morphologie des éponges
se modifie à 3 ou 4 mètres de profondeur : on observe alors une espèce branchue
à large base. Les plus grandes branches, entre 5 et 12 mètres de profondeur, atteignent 30 à 60 centimètres de longueur. Se mêlant aux éponges voisines, elles
construisent une structure évoquant un récif et qui descend le long des pentes rocheuses jusqu’à 25 à 30 mètres de profondeur.
Tout comme les formes complexes d’un récif, ces buissons d’éponges créent
un habitat idéal pour les petits organismes aquatiques. Nos plongées les plus avancées près de ces buissons, en dessous de 12 mètres, nous ont conduits dans l’habitat
d’un gammare. « Cette classe de crustacés », nous dit Andy Rechmtzer, « s’est développée dans le lac Baïkal pour remplir les niches occupées, dans d’autres sites sousmarins, par les crevettes. »
Les amphipodes du lac Baïkal, représentés par plus de deux cent quarante
espèces, sont des charognards benthiques ressemblant étrangement aux insectes terrestres, pourvus de tentacules, de pattes velues, et d’un corps à segments. Une petite
espèce de deux centimètres de long, Axelboechia carpenteri, est violette comme une
grappe de raisin. Les autres sont couvertes d’une carapace qui les protège ; Acantbogammarus maximus, par exemple, porte de grandes épines dorsales.
Les éponges encroûtantes sont également très abondantes et forment de
grands tapis verts. Nous avons observé plusieurs espèces de mollusques de taille
variable, depuis la dimension du poing jusqu’à celle d’une pièce de monnaie, rampant sur cette surface d’émeraude à la recherche de nourriture.
Les algues vertes couvrent le substrat rocheux du fond du lac. Le Baïkal
est très riche en algues, avec près de sept cents espèces. Dans les petits fonds, nous
nageons au milieu d’algues qui évoquent laitues, fumée ou chanvre. Lorsqu’on se
déplace au fond de l’eau, il est pratiquement impossible de ne pas déranger ces prairies. Le moindre mouvement soulève un nuage dense et vert autour de nous.
Le vert envahissant de ce royaume aquatique glacial est renforcé par les
épiphytes du lac qui couvrent une grande partie du fond, tombant en chutes miniatures des rochers et des autres substrats.
La vision enchanteresse de ces prairies d’algues et de ces jardins d’éponges
nous laisse reveurs. Nous n’avions jamais vu de photographies « sous-marines » du
52
Le Lac Baïkal
