La étés du Ktikal, courts et relativement chauds, ressemblent à
l'été indien du nord-est des Etats-Unis. La température des eaux
du lac, cependant, culmine à un frileux 3 °Q deux degrés
seulement de plus qu 'en janvier. Les eaux froides créent un
micro-climat le long du lac, où prédomine une végétation plus
septentrionale.
Le Baïkal est considéré comme le plus grand lac du monde, bien qu’en
surface il ne se place qu’en huitième position. L’immense volume d’eau, environ
20 000 kilomètres cubes, se répartit sur une grande profondeur (1 637 mètres). Ce
n’est pas seulement la dépression la plus profonde, mais également le point continental le plus bas de la planète.
En dépit des flux de sédiments charriés par cinq cents rivières et fleuves,
la profondeur du Baïkal ne varie pas. Le lac est situé sur un rift continental, c’est-àdire une faille entre des plaques tectoniques terrestres qui s’éloignent l’une de l’autre.
Pendant des millénaires, l’approfondissement du lac est allé de pair avec l’accumulation sédimentaire et, par endroit, on estime que la couche de sédiments atteint
plus de 2 kilomètres !
Pendant que nous plongerons parmi les eaux peu profondes de ce lac, Emory
Kristof, photographe du National Géographie, et le Dr Kathleen Crâne de l’Observatoire Géologique Lamont-Doherty de l’Université de Columbia exploreront ses
profondeurs à l’aide d’un petit submersible habitable et d’un R.O.V. (un petit robot
à câble) pour observer les sources géothermales du fond du lac. Nous sommes impatients de connaître les résultats de leur travail.
NOUS PASSONS NOS JOURNÉES à photographier la campagne, qui me rappelle le
nord de l’Etat de New York au printemps. Il n’y a pas de vent et la surface du
lac reflète les nuages blancs et le ciel bleu de l’été. Durant nos excursions parmi
les grands pins et les bouleaux qui bordent le lac, nous entendons de nombreux
chants d’oiseaux. Partout des plantes sauvages que nous ne connaissons pas étalent
leurs fleurs blanches, jaunes et pourpres le long du chemin tortueux. Nous savons
que l’ours, l’élan, la martre et le renard peuplent ces bois, mais le plus gros animal
que nous ayons rencontré est le célèbre écureuil bleu du lac Baïkal.
Sur la rive opposée, à environ 50 kilomètres, se dressent des cimes enneigees ; pourtant, il est difficile de croire que nous sommes en Sibérie, où les températures descendent en février à — 40° C, tandis que la surface du lac gèle sur un
mètre d’épaisseur. En hiver, le vent souffle si fort qu’il peut arracher le toit d’une
maison, si elle n’a pas déjà disparu sous la neige !
Nous découvrons rapidement combien le temps peut changer rapidement
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Le Lac Baïkal
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