la nuit, l'anguille-serpent (Myrichtys brcviccps) quitte le récif
pour fouiller le sable ou se nourrir sur les pâtés coralliens. Les
plongeurs débutants confondent souvent cette murène inoffensive
avec un serpent venimeux, bien qu'on n'en trouve pas dans les
Caraïbes.
plongée en eau profonde, l’homme à l’aigle tatoué sauva la vie de l’assistante de
Carter dont la bouteille était vide et qui était incapable de lutter contre le fort courant et la mer. « Nous sommes tous devenus de très bons amis », dit Carter.
Petit à petit, ils apprirent à mieux connaître le mérou de Nassau et son
habitat, le récif. Ils posèrent des émetteurs à ultrasons sur des individus, pour cartographier la distribution de l’espèce, les migrations trophiques, et les interactions
avec les autres poissons. À la fin de la journée, ils se retrouvaient au bord de l’eau
où les pêcheurs locaux nettoyaient les prises de la journée. Sur du papier blanchi
par le soleil, ils relevaient le poids et la taille de centaines de poissons destinés au
marché. Et ils passaient de nombreuses heures sous l’eau pour observer le comportement de ces curieuses créatures.
* Notre travail de terrain indiquait que les pêcheries de mérous allaient connaître des difficultés », écrit Carter. « La chasse sous-marine sportive et une exploitation commerciale des bancs depuis des dizaines d’années avaient provoqué une
diminution des ressources. Si cette tendance se poursuivait sans contrôle, la pêche
s’effondrerait, comme cela s’était passé ailleurs dans les Caraïbes. »
Plusieurs années de recherche étaient nécessaires pour proposer un plan
de gestion. Mais Carter craignait que la pêche au mérou ne s’effondre si des actions
n’étaient pas entreprises plus rapidement. Avec ses seuls résultats préliminaires,
il proposa un plan de protection à long terme des mérous de Nassau et de leur habitat.
Le problème majeur était d’identifier les frontières de l’habitat de ces poissons très mobiles et d’en déduire un plan de zone protégée. En théorie, les scientifiques s’efforcent de trouver un équilibre, à l’intérieur de la réserve, entre le taux
de mortalité et le taux de renouvellement de l’espèce. Cet équilibre est meilleur
lorsque la zone protégée est étendue, car les sites dégradés par des facteurs naturels
ou humains sont alors repeuplés par des individus issus de régions saines du même
récif.
Malheureusement, les contraintes financières, politiques et pratiques rendent difficiles la protection de larges zones récifales. À Belize, Carter proposa d’établir
des parcs marins de faible étendue, le long du récif-barrière, qui pourraient ultérieurement être reliés en un réseau d’aires marines protégées.
11 était nécessaire que le plan soit approuvé par les pêcheurs, dont la vie
42
Le Récif-Barrière de Belize
pour fouiller le sable ou se nourrir sur les pâtés coralliens. Les
plongeurs débutants confondent souvent cette murène inoffensive
avec un serpent venimeux, bien qu'on n'en trouve pas dans les
Caraïbes.
plongée en eau profonde, l’homme à l’aigle tatoué sauva la vie de l’assistante de
Carter dont la bouteille était vide et qui était incapable de lutter contre le fort courant et la mer. « Nous sommes tous devenus de très bons amis », dit Carter.
Petit à petit, ils apprirent à mieux connaître le mérou de Nassau et son
habitat, le récif. Ils posèrent des émetteurs à ultrasons sur des individus, pour cartographier la distribution de l’espèce, les migrations trophiques, et les interactions
avec les autres poissons. À la fin de la journée, ils se retrouvaient au bord de l’eau
où les pêcheurs locaux nettoyaient les prises de la journée. Sur du papier blanchi
par le soleil, ils relevaient le poids et la taille de centaines de poissons destinés au
marché. Et ils passaient de nombreuses heures sous l’eau pour observer le comportement de ces curieuses créatures.
* Notre travail de terrain indiquait que les pêcheries de mérous allaient connaître des difficultés », écrit Carter. « La chasse sous-marine sportive et une exploitation commerciale des bancs depuis des dizaines d’années avaient provoqué une
diminution des ressources. Si cette tendance se poursuivait sans contrôle, la pêche
s’effondrerait, comme cela s’était passé ailleurs dans les Caraïbes. »
Plusieurs années de recherche étaient nécessaires pour proposer un plan
de gestion. Mais Carter craignait que la pêche au mérou ne s’effondre si des actions
n’étaient pas entreprises plus rapidement. Avec ses seuls résultats préliminaires,
il proposa un plan de protection à long terme des mérous de Nassau et de leur habitat.
Le problème majeur était d’identifier les frontières de l’habitat de ces poissons très mobiles et d’en déduire un plan de zone protégée. En théorie, les scientifiques s’efforcent de trouver un équilibre, à l’intérieur de la réserve, entre le taux
de mortalité et le taux de renouvellement de l’espèce. Cet équilibre est meilleur
lorsque la zone protégée est étendue, car les sites dégradés par des facteurs naturels
ou humains sont alors repeuplés par des individus issus de régions saines du même
récif.
Malheureusement, les contraintes financières, politiques et pratiques rendent difficiles la protection de larges zones récifales. À Belize, Carter proposa d’établir
des parcs marins de faible étendue, le long du récif-barrière, qui pourraient ultérieurement être reliés en un réseau d’aires marines protégées.
11 était nécessaire que le plan soit approuvé par les pêcheurs, dont la vie
42
Le Récif-Barrière de Belize
