À 18 mètres, le récif est bleuté, en raison de la filtration sélective des couleurs par l’eau : d’abord le rouge, puis le vert et enfin le bleu. Mais ma lampe de
plongée révèle des rouges, des jaunes, des verts et des orange flamboyants, et le
flash de mon appareil me permet de restituer leurs couleurs véritables aux organismes.
/u • langue de flamant » (Cyphoma gibbosum) se nourrit sur
les gorgones, laissant une trace sombre dans son sillage. Ce
mollusque de quelques centimètres doit sa magnifique coloration
non pas à sa coquille, mais à son manteau, un tissu fin qui
recouvre la coquille. Quand il est menacé, l’ animal rétracte son
manteau dans sa coquille, ce qui ne manque pas de décevoir les
collectionneurs peu scrupuleux qui ramassent des coquillages
vivants.
Avant de rentrer, nous nageons vers la
crête du récif et planons au-dessus d’un tombant de plusieurs centaines de mètres. Je me
demande quelles créatures étranges se dissimulent dans l’obscurité de ces fonds.
En arrivant à la surface, je suis accueilli
par une mer plate et un soleil brûlant. En tournant sur moi-même, je ne vois que le bateau et,
au loin, Half Moon Cay. Ce sentiment de solitude est merveilleux.
Plus tard dans l’après-midi, nous plongeons encore au large de Half Moon
Cay. Le ciel est couvert d’épais nuages et des douzaines de frégates glissent sur l’air.
Le vent se lève, comme souvent dans l’après-midi.
Sous l’eau, le soleil tombe maintenant à la verticale sur la pente du récif.
Quelques heures auparavant, les coraux, les poissons, et les éponges étaient dans
l’ombre, cachés du soleil par les surplombs. Maintenant, les organismes qui couvrent tout le substrat sont clairement visibles. Chaque centimètre est tapissé de
coraux d’éponges ou d’algues calcaires encroûtantes. Une myriade de poissons aux
formes étranges glisse le long du tombant. Je me demande qui regarde qui.
L’entrée d’une grotte se dessine vers 15 mètres de profondeur. En me faufilant dans le passage étroit, je tâche de ne pas remettre en suspension la vase du
fond, qui réduirait fortement la visibilité et masquerait la sortie.
Au-dessus de ma tête, la grotte est tapissée de coraux encroûtants. Tapi au
fond de la grotte, un jeune requin repose sur le sable. On trouve fréquemment
de jeunes requins sous les surplombs, et je sais par expérience que l’on ne risque
rien si l’on ne les dérange pas. J’observe quelques instants l’animal sombre et luisant, et m’en vais. Savait-il que j’étais là ? Ce site de plongée, appelé la Cathédrale,
doit son nom à la flèche qui, telle celle d’une cathédrale, s’élève du récif. Tout comme
une cathédrale ou une église, ce lieu invite au recueillement.
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Le Récif-Barrière de Belize
plongée révèle des rouges, des jaunes, des verts et des orange flamboyants, et le
flash de mon appareil me permet de restituer leurs couleurs véritables aux organismes.
/u • langue de flamant » (Cyphoma gibbosum) se nourrit sur
les gorgones, laissant une trace sombre dans son sillage. Ce
mollusque de quelques centimètres doit sa magnifique coloration
non pas à sa coquille, mais à son manteau, un tissu fin qui
recouvre la coquille. Quand il est menacé, l’ animal rétracte son
manteau dans sa coquille, ce qui ne manque pas de décevoir les
collectionneurs peu scrupuleux qui ramassent des coquillages
vivants.
Avant de rentrer, nous nageons vers la
crête du récif et planons au-dessus d’un tombant de plusieurs centaines de mètres. Je me
demande quelles créatures étranges se dissimulent dans l’obscurité de ces fonds.
En arrivant à la surface, je suis accueilli
par une mer plate et un soleil brûlant. En tournant sur moi-même, je ne vois que le bateau et,
au loin, Half Moon Cay. Ce sentiment de solitude est merveilleux.
Plus tard dans l’après-midi, nous plongeons encore au large de Half Moon
Cay. Le ciel est couvert d’épais nuages et des douzaines de frégates glissent sur l’air.
Le vent se lève, comme souvent dans l’après-midi.
Sous l’eau, le soleil tombe maintenant à la verticale sur la pente du récif.
Quelques heures auparavant, les coraux, les poissons, et les éponges étaient dans
l’ombre, cachés du soleil par les surplombs. Maintenant, les organismes qui couvrent tout le substrat sont clairement visibles. Chaque centimètre est tapissé de
coraux d’éponges ou d’algues calcaires encroûtantes. Une myriade de poissons aux
formes étranges glisse le long du tombant. Je me demande qui regarde qui.
L’entrée d’une grotte se dessine vers 15 mètres de profondeur. En me faufilant dans le passage étroit, je tâche de ne pas remettre en suspension la vase du
fond, qui réduirait fortement la visibilité et masquerait la sortie.
Au-dessus de ma tête, la grotte est tapissée de coraux encroûtants. Tapi au
fond de la grotte, un jeune requin repose sur le sable. On trouve fréquemment
de jeunes requins sous les surplombs, et je sais par expérience que l’on ne risque
rien si l’on ne les dérange pas. J’observe quelques instants l’animal sombre et luisant, et m’en vais. Savait-il que j’étais là ? Ce site de plongée, appelé la Cathédrale,
doit son nom à la flèche qui, telle celle d’une cathédrale, s’élève du récif. Tout comme
une cathédrale ou une église, ce lieu invite au recueillement.
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Le Récif-Barrière de Belize
