Durant le jour, le polype de la plupart de coraux se rétractent
dans leur squelette calcaire, las nuit, lorsque Ig poissons qui
consomment le corail dorment, le colonie corallienne
s animent, étendant leurs tentacule pour se nourrir de
zooplancton rt de pbytoplancton.
qui ressemblent à leur nom vernaculaire : poissons-papillons, capitaines, poissonsperroquets. En les regardant, je suis stupéfait de voir à quel point ils ont su s’adapter, à travers les âges, pour survivre dans leur environnement. Le poisson-papillon
Chaetodon capistratus, par exemple, possédé un gros point noir de part et d autre
du corps, près de la queue. Cette tâche ressemble à un œil, plus encore que son
œil réel. Elle trompe le prédateur sur la direction vers laquelle s’enfuit le poisson
menacé, qui a ainsi une chance de garder la vie sauve. Comme d’autres poissons
des récifs, certaines espèces de poissons-papillons peuvent changer de coloration.
La nuit, lorsqu’ils dorment dans un coin du récif ou sur le sable, leurs brillantes
couleurs s’atténuent, ce qui les rend moins visibles aux yeux de leurs prédateurs.
Je nage au-dessus d’un jardin de corail qui tapisse le substrat, une toile de
fond convolutée de coraux cornes d’élan (Acropora palmata), de coraux-cerveaux,
de coraux massifs ou comme décorés d’étoiles. Les gorgones, qui ressemblent à des
arbustes, se balancent doucement dans la houle légère, déployant leurs branches
pour capturer le plancton. Il est difficile d’imaginer, à la vue de cette paisible mosaïque, la terrible compétition que les coraux se livrent pour la lumière ou l’espace
sur le substrat dur du récif, en exsudant leurs poisons qui tuent les voisins, ou simplement en croissant si vite qu’ils cachent la lumière à leurs concurrents. La lutte
est silencieuse, graduelle et implacable.
Il n’est pas étonnant que les naturalistes du XVIIIe siècle, qui les premiers
ont tenté une classification des coraux, aient pu penser qu’il s’agissait de plantes
plutôt que de colonies formées de milliers d’animaux vivants. Ces naturalistes
n’avaient pas tout à fait tort, car les coraux sont des créatures uniques qui associent
l’animal et le végétal. Chaque animal, que l’on appelle un polype, contient des milliers
d’algues unicellullaires, les zooxanthelles. La relation entre les animaux et leurs
algues est symbiotique — c’est-à-dire essentielle à la survie des partenaires — et extrêmement complexe. Cette association est à la base de cet immense réseau qu’est un
récif corallien, à l’équilibre duquel participent plusieurs centaines d’espèces.
Dans les eaux chaudes et claires où se développent les récifs, les éléments
nutritifs sont rares ; c’est ce qui rend l’eau si transparente et si bleue : elle n’est
pas troublée par le plancton et les algues. Comme une forêt s’installant sur une
pente rocheuse et tendant au cours des siècles vers la maturité, le récif corallien
22
le Récif-Barrière de Belize
dans leur squelette calcaire, las nuit, lorsque Ig poissons qui
consomment le corail dorment, le colonie corallienne
s animent, étendant leurs tentacule pour se nourrir de
zooplancton rt de pbytoplancton.
qui ressemblent à leur nom vernaculaire : poissons-papillons, capitaines, poissonsperroquets. En les regardant, je suis stupéfait de voir à quel point ils ont su s’adapter, à travers les âges, pour survivre dans leur environnement. Le poisson-papillon
Chaetodon capistratus, par exemple, possédé un gros point noir de part et d autre
du corps, près de la queue. Cette tâche ressemble à un œil, plus encore que son
œil réel. Elle trompe le prédateur sur la direction vers laquelle s’enfuit le poisson
menacé, qui a ainsi une chance de garder la vie sauve. Comme d’autres poissons
des récifs, certaines espèces de poissons-papillons peuvent changer de coloration.
La nuit, lorsqu’ils dorment dans un coin du récif ou sur le sable, leurs brillantes
couleurs s’atténuent, ce qui les rend moins visibles aux yeux de leurs prédateurs.
Je nage au-dessus d’un jardin de corail qui tapisse le substrat, une toile de
fond convolutée de coraux cornes d’élan (Acropora palmata), de coraux-cerveaux,
de coraux massifs ou comme décorés d’étoiles. Les gorgones, qui ressemblent à des
arbustes, se balancent doucement dans la houle légère, déployant leurs branches
pour capturer le plancton. Il est difficile d’imaginer, à la vue de cette paisible mosaïque, la terrible compétition que les coraux se livrent pour la lumière ou l’espace
sur le substrat dur du récif, en exsudant leurs poisons qui tuent les voisins, ou simplement en croissant si vite qu’ils cachent la lumière à leurs concurrents. La lutte
est silencieuse, graduelle et implacable.
Il n’est pas étonnant que les naturalistes du XVIIIe siècle, qui les premiers
ont tenté une classification des coraux, aient pu penser qu’il s’agissait de plantes
plutôt que de colonies formées de milliers d’animaux vivants. Ces naturalistes
n’avaient pas tout à fait tort, car les coraux sont des créatures uniques qui associent
l’animal et le végétal. Chaque animal, que l’on appelle un polype, contient des milliers
d’algues unicellullaires, les zooxanthelles. La relation entre les animaux et leurs
algues est symbiotique — c’est-à-dire essentielle à la survie des partenaires — et extrêmement complexe. Cette association est à la base de cet immense réseau qu’est un
récif corallien, à l’équilibre duquel participent plusieurs centaines d’espèces.
Dans les eaux chaudes et claires où se développent les récifs, les éléments
nutritifs sont rares ; c’est ce qui rend l’eau si transparente et si bleue : elle n’est
pas troublée par le plancton et les algues. Comme une forêt s’installant sur une
pente rocheuse et tendant au cours des siècles vers la maturité, le récif corallien
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le Récif-Barrière de Belize
