Peu après cette réunion, des lettres de soutien commencèrent a affluer de
la part de personnalités politiques du monde entier, dont la présidente des Philippines Corazon Aquino, le premier ministre australien Bob Hawke, et le président
du Costa Rica Oscar Sanchez. Des stars de la télévision ou du cinéma applaudirent
également nos efforts comme Ted Dansen, Jeff Bridges et Candice Bergen.
Nous fûmes ravis de la réponse enthousiaste des médias ; plus de cent articles parurent sur le projet — qui n’en était alors qu’au stade de l’idée. Nous avions
encore à lancer la première expédition. Ces articles à eux seuls contribuèrent à diffuser notre message de protection auprès de millions de personnes dans le monde.
Sept mois après la réunion, nous nous lancions dans l’aventure pour collecter les informations sur chacune des merveilles. Dans les pages qui suivent, nous
vous conduirons sur chacun des sites, en vous racontant l’histoire des expéditions ;
avec nous vous ferez un tour d’horizon des conditions actuelles du milieu et des
perspectives d’avenir et de survie de chacun d’entre eux.
Susan et moi-même avons visité ensemble six des sept sites ; j’ai pris les
photos, puis écrit la première version du texte sur les lieux mêmes, entre les plongées, alors que mes impressions étaient encore toutes fraîches. On ne peut atteindre le septième site, les sources abyssales, qu’à l’aide du submersible Alvin. Je me
suis donc tourné vers mes amis Emory Kristof et le Dr Dan Fornari.
Marco Polo, l’un des plus grands explorateurs de tous les temps, avait une
théorie intéressante au sujet des aventures. « Une aventure est inconfort et souffrance, revécus dans la sécurité du souvenir ».
Après toutes mes aventures avec le CEDAM International et le projet des
Sept Merveilles sous-marines, j’ai compris ce que l’explorateur vénitien voulait dire.
Quand j’écris à la maison, ou lorsque je fais une conférence, je parle souvent des
difficultés que j’ai rencontrées à l’autre bout du monde, alors que le temps était
mauvais, la mer parfois déchaînée, et la visibilité sous-marine souvent faible. Ces
problèmes paraissent insignifiants au regard de tout ce que nous avons vu, de toutes les émotions que nous avons ressenties et de tout ce que nous avons appris.
Pourquoi s’apesantir sur les mauvais moments quand les bons souvenirs l'emportent ?
En tant que protecteur de la nature, il me faut cependant repenser cette
approche. Trop souvent, la dégradation du milieu, à cause des hommes, est trop
EN HAUT Un récif en bonne santé
EN BAS Un récif après une pêche à la dynamite et une collecte
abusive de coraux vivants.
Introduction
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