dugongs, les « vaches de mer » proches du lamantin de Floride, y trouvent l’un
de leurs derniers refuges.
Dans la région centrale de la Grande Barrière, le plateau continental s’élargit, formant une grande zone peu profonde où s’étendent récifs-plates-formes et
îles bordées de récifs. C’est la partie la plus accessible de la Grande Barrière et les
activités humaines, dont le tourisme, y ont eu un impact considérable.
Plus au sud, le plateau continental continue de s’élargir. Les récifs bordent
le plateau ; en arrière, les récifs-plates-formes couvrent de vastes surfaces, avec un
réseau complexe de lagons et de chenaux profonds et tortueux. L’un d’entre eux,
le complexe de Pompey, est long de deux cents kilomètres et large de presque quinze
kilomètres. En dépit de sa position très méridionale et des eaux froides qui la baigne, cette partie de la Grande Barrière est très riche en coraux et poissons.
A l’extrême sud, les récifs deviennent de plus en plus petits et isolés à mesure
que le plateau continental se rétrécit et que les températures de l’eau se rapprochent du niveau minimum nécessaire aux coraux.
La Grande Barrière n’est donc pas une barrière continue ni une structure
unique et soudée. Pourtant, son nom reste très évocateur. Comme un récif-barrière,
la partie externe du récif dévie les courants et brise la houle océanique. C’est l’une
des structures géologiques et biologiques les plus importantes de la planète, avec
une histoire longue de dix-huit millions d’années, pour la partie nord, la plus
ancienne. Mais pour l’explorateur qui plonge avec tant de plaisir dans cet écosystème si riche, le plus riche après la forêt tropicale, le nom que l’on donne à cette
merveille sous-marine a-t-il vraiment de l’importance ?
Ce poisson est très fréquent sur la Grande fiamère. Comme
les autres poissons-scorpions, ce prédateur solitaire se confond
avec l'environnement grâce à un camouflage très efficace.
LE TROISIÈME JOUR, alors que le décalage horaire commence à s’estomper, le naturaliste Rob Gomersall, notre guide de plongée, m’emmène explorer le récif d’Osprey,
dans la mer de Corail. La plongée, ici, est une expérience différente. Le récif a été
terriblement dégradé, non pas à cause de plongeurs négligents, mais par un cyclone
qui a dévasté la région en 1988. Le sol est jonché d’énormes blocs coralliens retournés,
arrachés au récif par la violence des vagues. Terne et presque désert, ce récif me
rappelle combien la nature peut être capricieuse.
Mais on peut se demander si le cyclone est seul en cause dans cette dégraLa Grande Barrière de Corail
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