Cl DESSUS et PAGE 125 Le pinacle de Pixie, site de plongée
protégé, se dresse sons 12 à /5 mètres d'eau. Les pinacles
coralliens, connus des plongeurs locaux sous le nom de
• bommies ». parsèment les fonds sableux de la Grande Barrière
et offrent des habitats relativement tranquilles aux poissons de
récif.
Les algues sont en partie responsables de la taille de T. gigas et de celle,
plus modeste, de ses parents T. derasa, T. squamosa, T. crocea et Hippopus hippopus.
Comme les algues symbiotiques des coraux, les zooxanthelles des bénitiers fabriquent
des hydrates de carbone grâce à la photosynthèse. Le mollusque les absorbe et produit
des déchets azotés qui nourrissent à leur tour les algues. Cette symbiose est si efficace
que les bénitiers peuvent survivre pendant de longues périodes dans un
environnement pauvre en plancton.
En regardant ce géant sédentaire, je m’émerveille de la beauté de son siphon
délicat, que le mollusque utilise pour respirer et se reproduire. Les bénitiers vivent
très longtemps — peut-être une centaine d’années — mais il semble que leur croissance
soit plus rapide dans les dix premières années. Autrefois, ils étaient très abondants
dans les petits fonds du Pacifique Sud-Ouest, mais depuis le début du siècle ils ont
été très largement surexploités. Leurs muscles adducteurs sont des mets très prisés
et les grandes coquilles font la joie des collectionneurs. Sur la Grande Barrière, où
ils sont protégés, on en trouve encore beaucoup. Mais même là, il arrive parfois
que les bateaux de pêche de Taiwan dépouillent les récifs.
DEPUIS DEUX JOURS, je photographie la faune et la flore des pinacles, dans le nord
de la Grande Barrière. Parfois appelée « la plus grande créature vivante du monde »
ou * la plus grande barrière récifale du monde », la Grande Barrière s’étend sur
plus de deux mille kilomètres au nord-est de l’Australie. Elle abrite quelque mille
cinq cents espèces de poissons et plus de quatre cents espèces de coraux.
Ces appellations, qui parlent à l’imagination des hommes, sont toutefois
incorrectes sur le plan scientifique. Comme le dit le Dr Ernie Ernst de l’Aquarium
de New York, la Grande Barrière ne forme pas un organisme unique, mais « un
complexe formé d’environ deux mille sept cents récifs coralliens et près de huit
cents îlots coralliens sableux ou couverts de végétation, et d’îlots non coralliens,
tous entourés de récifs frangeants ».
Ernst décrit les trois régions de la Grande Barrière : le nord, au sud du détroit
de I orres, inclut des récifs-barrières — appelés en Australie « récifs-rubans » —, des
récifs de forme incurvée ou des petits pinacles comme ceux que j’ai vus lors de
ma première plongée. » Les parties « au vent » des récifs-barrières de cette région
124
La Grande Barrière de Corail
Précédent

- 136/198

Suivant