ches des gorgones. Le temps passe vite dans l’archipel. Nous faisons trois plongées
par jour pour recenser autant d’especes de poissons que possible.
Après notre dernière plongée, alors que nous rangeons notre matériel, un
étrange silence plane à bord. Nous regrettons tous que ce voyage prenne
fin, et avec lui non seulement l’exploration de ces merveilles sous-marines
et terrestres, mais aussi la camaraderie qui l’accompagne.
AUCUN VOYAGE aux Galapagos ne serait complet sans la visite du Pinacle
de Bartolomé, le point culminant de l’archipel. Surgissant de l’eau, il est
visible à des kilomètres à la ronde.
Nous quittons le Beagle III et rejoignons la terre en canot. En
approchant du rivage sableux, nous apercevons des centaines d’iguanes
marins sur les rochers. Ces animaux ne vivent nulle part ailleurs. Leur
bouche spécialement adaptée leur permet de brouter les algues qui
EN HAUT Les iguanes marins (Amblyrhynchus cristatus) ne
vivent qu 'aux Galapagos. Entre deux plongées dans les eaux
froides de l'archipel, ils se dorent au soleil pendant des heures sur
les rochers de lave pour augmenter leur température interne.
Cl DESSUS Les iguanes terrestres (Conolophus suberistatus)
sont également communs aux Galapagos. Plus colorés que leurs
équivalents marins, ils se nourrissent de raquettes de cactus.
PAGE I I 7 Une rangée de dents serrées fait de cette blennie
cornue un prédateur redoutable pour les petits animaux qui se
risquent à l'intérieur de sa bouche.
recouvrent les rochers sous-marins. Et grâce à leurs griffes particulières, ils peuvent
s’y maintenir même dans les mers les plus violentes.
Nous grimpons au sommet d’un pic proche qui surplombe une baie dans
l’ombre du Pinacle de Bartolomé. D’ici je peux voir très loin ; une dizaine d’îles
environ se détachent sur la mer. Il est tard dans l’après-midi, et le soleil se reflète
dans l’eau calme, ajoutant son jeu de lumière à cette scène grandiose.
En me remémorant notre séjour aux Galapagos, depuis ce point de vue,
je pense aux liens profonds qui unissent chacun des sites que nous avons retenus
à son environnement terrestre. Je songe au lac Baïkal, où les réserves forestières
ne protègent que quelques zones du rivage. Là où les forêts ont été coupées, l’érosion
sédimentaire trouble l’eau. Près des villes et des usines, les eaux usées polluent de
grandes portions du lac. Ici, aux Galapagos, l’environnement marin demeure
relativement vierge, en partie parce que sa correspondance terrestre n’est pas polluée.
Le coucher de soleil embrase le ciel tandis que nous discutons de la vie de
Charles Darwin. Nous nous demandons quelles auraient été ses impressions des
îles Galapagos s’il avait pu plonger pour explorer les merveilles sous-marines de
l’archipel. Les Espagnols ne l’appellent-ils pas Las Islas encantadas, « les îles
enchantées » ?
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