D’autres créatures des Galapagos ont elles aussi été sévèrement menacées
au cours du temps. La population d’otaries à fourrure (Arctocephalus australis
galapagoensts) avait presque totalement disparu en 1906 ; elle s’est aujourd’hui rétablie
et compte environ trente mille individus. Sur l’île Baltra, vous ne trouverez aucun
iguane terrestre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les forces aériennes des ÉtatsAvec un simple masque et un tuha, les plongeurs peuvent
admirer les mouvements gracieux des lions de mer. Quelle que
soit la vitesse à laquelle ils tournent, virent et nagent, les lions
de mer ne quittent jamais des yeux les visiteurs qui s’ approchent.
Unis y construisirent un terrain d’aviation. L’un des passe-temps
favoris des hommes de service, dans cet avant-poste où il ne se passait
rien, était de tirer sur les iguanes. Lorsque les Etats-Unis rendirent
la base à l‘Équateur, après la guerre, il ne restait plus un seul iguane
vivant sur l’île.
Je pense à ma plongée en compagnie des lions de mer et
à la première rencontre de Charles Darwin avec les tortues géantes.
En tant que photographe sous-marin, je me sens souvent proche
de la nature. Mais le contact m’a rarement semblé aussi confiant
qu’au cours de ma plongée amusante de ce matin. Une gestion très
rigoureuse et une éducation soutenue sont nécessaires pour
permettre aux milliers de touristes de faire cette expérience sans
troubler ces créatures qu’ils sont venus voir de si loin.
Le « tourisme écologique » demeure le facteur le plus incertain pour l’avenir des Galapagos. Plus de soixante-dix mille touristes visitent chaque
année les îles, et qui pourrait les en blâmer ? C’est l’un des endroits les plus
extraordinaires qui soient. Mais, avec l’augmentation du nombre de touristes, la
pression sur l’environnement se fait toujours plus forte — davantage d’hôtels, de
residents permanents, de bateaux, de trafic maritime, de déchets, de rejets. Très
récemment, on a autorisé des navires de croisière pouvant embarquer près de mille
passagers à faire le tour de l’archipel — une décision qui inquiète de nombreux
protecteurs des Galapagos. Espérons seulement que la sagesse qui a guidé jusqu’à
présent la gestion du parc veillera sur l’avenir de la réserve.
CES DERNIERS JOURS, l’exploration des plus petites îles, recensées uniquement sur
les cartes très détaillées, nous a appris s’il en était besoin que la plongée dans les
Galapagos n est pas pour les novices. Nous avons fait plusieurs plongées dans de
108
Les Galapagos
au cours du temps. La population d’otaries à fourrure (Arctocephalus australis
galapagoensts) avait presque totalement disparu en 1906 ; elle s’est aujourd’hui rétablie
et compte environ trente mille individus. Sur l’île Baltra, vous ne trouverez aucun
iguane terrestre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les forces aériennes des ÉtatsAvec un simple masque et un tuha, les plongeurs peuvent
admirer les mouvements gracieux des lions de mer. Quelle que
soit la vitesse à laquelle ils tournent, virent et nagent, les lions
de mer ne quittent jamais des yeux les visiteurs qui s’ approchent.
Unis y construisirent un terrain d’aviation. L’un des passe-temps
favoris des hommes de service, dans cet avant-poste où il ne se passait
rien, était de tirer sur les iguanes. Lorsque les Etats-Unis rendirent
la base à l‘Équateur, après la guerre, il ne restait plus un seul iguane
vivant sur l’île.
Je pense à ma plongée en compagnie des lions de mer et
à la première rencontre de Charles Darwin avec les tortues géantes.
En tant que photographe sous-marin, je me sens souvent proche
de la nature. Mais le contact m’a rarement semblé aussi confiant
qu’au cours de ma plongée amusante de ce matin. Une gestion très
rigoureuse et une éducation soutenue sont nécessaires pour
permettre aux milliers de touristes de faire cette expérience sans
troubler ces créatures qu’ils sont venus voir de si loin.
Le « tourisme écologique » demeure le facteur le plus incertain pour l’avenir des Galapagos. Plus de soixante-dix mille touristes visitent chaque
année les îles, et qui pourrait les en blâmer ? C’est l’un des endroits les plus
extraordinaires qui soient. Mais, avec l’augmentation du nombre de touristes, la
pression sur l’environnement se fait toujours plus forte — davantage d’hôtels, de
residents permanents, de bateaux, de trafic maritime, de déchets, de rejets. Très
récemment, on a autorisé des navires de croisière pouvant embarquer près de mille
passagers à faire le tour de l’archipel — une décision qui inquiète de nombreux
protecteurs des Galapagos. Espérons seulement que la sagesse qui a guidé jusqu’à
présent la gestion du parc veillera sur l’avenir de la réserve.
CES DERNIERS JOURS, l’exploration des plus petites îles, recensées uniquement sur
les cartes très détaillées, nous a appris s’il en était besoin que la plongée dans les
Galapagos n est pas pour les novices. Nous avons fait plusieurs plongées dans de
108
Les Galapagos
