mal. « Regardez, ne touchez pas » est la règle de base des Galapagos, tant sur terre
qu’en mer. Voyez-vous, l’une des raisons pour lesquelles vous pouvez approcher
les animaux de si près, est qu’ils ne sont pas effrayés par les gens ; ils ne sont ni
chassés ni harcelés, et n’ont donc aucune raison de craindre les hommes. »
Comme les espèces de nombreuses îles océaniques, celles des Galapagos ont
évolué à l’abri de tout prédateur et leurs réflexes de fuite, de chasse ou de lutte,
devenus inutiles, ont disparu. Tout changea avec l’arrivée de l’homme, qui apporta
avec lui cochons, chèvres, chiens et chats ; certains de ces animaux
domestiques, retournés à l’état sauvage, provoquèrent un véritable
désastre en s’emparant des œufs et des nouveau-nés des espèces
locales : tortues géantes, tortues marines, iguanes. Dans certaines
zones, le bétail devenu sauvage dévasta la végétation, compromettant
la survie des herbivores de l’archipel. Ailleurs, les hommes se sont
chargés du travail.
Au XIXe siècle, les baleiniers faisaient souvent escale aux
Galapagos pour s’approvisionner en eau et en vivres. Les tortues
géantes représentaient pour eux une ressource précieuse : leur chair
était bonne, leur graisse pouvait être transformée en une huile
raffinée, mais surtout, elles pouvaient vivre près d’un an sans boire
ni manger, entassées dans les cales des navires — un moyen très
Zxj oursins à longs piquants sont des animaux à éviter : leurs
épines pointues peuvent traverser une combinaison de plongée et
se planter dans la peau, causant des douleurs qui durent
plusieurs fours. Un barbillon situé à /'extrémité de chaque
piquant empêche de le retirer.
PAGE 107 Les requins baleines sont les plus gros poissons du
monde : ils peuvent dépasser 17 mètres et atteindre près de
20 tonnes. Ces géants, qui se déplacent lentement et en douceur,
sont inoffensifs pour les plongeurs. Ils se nourrissent de plancton
et de petits poissons, qu 'ils retiennent grâce à leur filtre
branchial, formé de longues lamelles comme des fanons. Certains
plongeurs se laissent tirer par les requins-baleines en s'agrippant
à leurs nageoires. Cette pratique conduit la requins à fuir la
plongeurs, et la rencontra deviennent très rares.
simple de garder de la viande fraîche à bord.
Les baleiniers capturèrent les tortues par centaines. On cite le cas d’un navire
ayant embarqué à lui seul trois cent cinquante tortues. Ainsi, la population de tortues
est passée de deux cent cinquante mille individus environ à seulement quinze mille.
Quelques sous-espèces présentes uniquement sur certaines îles ont été éradiquées.
L’ensemble de l’archipel comptait à l’origine quinze sous-espèces de tortues : cinq
vivaient sur l’île Isabela, tandis que dix autres îles possédaient chacune une sousespèce endémique. Les tortues de Santa Maria et de Santa Fe se sont éteintes vers
1906. Sur Fernandina, l’Académie des Sciences de Californie a prélevé, en 1926,
le dernier spécimen vivant. La dernière tortue connue de l’île Pinta vit actuellement
à la station de recherche Charles Darwin, et deux autres populations restent à un
niveau dangereusement faible.
106
Les GalApagos
Précédent

- 116/198

Suivant