Guide des fonds marins de Méditerranée
Le milieu méditerranéen
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de dimensions trop faibles pour pouvoir écologiquement
s’auto-compenser, sa superficie n’étant que le 85e de celle de
l’Atlantique. Si l’on introduit quelques gouttes d’encre noire
dans 1 litre d’eau, une coloration grise apparaît qui marque un
changement de nature. Si ces mêmes gouttes sont mélangées à 85
litres d’eau rien n’apparaît. Le même raisonnement s’applique
aux agents polluants déversés en Méditerranée par rapport à
ceux des océans; le point de saturation est plus vite atteint. Cette
vulnérabilité de la Méditerranée est d’ailleurs accentuée par le
fait que le rapport longueur des côtes/masse d’eau est très élevé
et que c’est justement sur le littoral que l’apport des polluants
est le plus important et les peuplements les plus riches.
La Méditerranée, c’est aussi une mer presque sans marée, ce qui
aggrave considérablement les conséquences de la pollution côtière.
Le brassage intensif, dû aux courants de marée dans les océans,
qui y accélère les échanges dans les systèmes d’autoépuration
du milieu marin est quasi inexistant en Méditerranée. On doit
ajouter à ce premier facteur hydrodynamique défaillant, une
circulation des eaux profondes déficiente et des courants de
surface qui « tournent en rond » dans ce bassin presque clos.
La Méditerranée se singularise enfin par une homothermie
profonde de 13° environ (entre 3oo et 5 000 m) qui se
traduit par des perturbations biologiques importantes,
notamment dans la composition des populations animales
à ces profondeurs. Cette homothermie constitue un aspect
supplémentaire de la fragilité des équilibres écobiologiques
de la Méditerranée. Il est facile d’imaginer les conséquences
de la pollution « thermique » qu’engendrerait, par
exemple, l’implantation d’un nombre important d’usines
thermonucléaires rejetant des eaux chaudes prélevées en
zone côtière pour le refroidissement de leurs installations.
Ainsi, la Méditerranée présente des déficiences telles qu’elle
ne peut lutter avec la même efficacité
que les océans contre la pollution
et les autres nuisances engendrées
par les activités humaines.
Le double émissaire de
rtiou dans les calanques,
exutoire des eaux usés
de la ville de Marseille.
MER MENACÉE
On entend encore nombre de hauts
responsables conseiller le rejet direct à la
mer des eaux polluées d’une collectivité ou
Le milieu méditerranéen
36
de dimensions trop faibles pour pouvoir écologiquement
s’auto-compenser, sa superficie n’étant que le 85e de celle de
l’Atlantique. Si l’on introduit quelques gouttes d’encre noire
dans 1 litre d’eau, une coloration grise apparaît qui marque un
changement de nature. Si ces mêmes gouttes sont mélangées à 85
litres d’eau rien n’apparaît. Le même raisonnement s’applique
aux agents polluants déversés en Méditerranée par rapport à
ceux des océans; le point de saturation est plus vite atteint. Cette
vulnérabilité de la Méditerranée est d’ailleurs accentuée par le
fait que le rapport longueur des côtes/masse d’eau est très élevé
et que c’est justement sur le littoral que l’apport des polluants
est le plus important et les peuplements les plus riches.
La Méditerranée, c’est aussi une mer presque sans marée, ce qui
aggrave considérablement les conséquences de la pollution côtière.
Le brassage intensif, dû aux courants de marée dans les océans,
qui y accélère les échanges dans les systèmes d’autoépuration
du milieu marin est quasi inexistant en Méditerranée. On doit
ajouter à ce premier facteur hydrodynamique défaillant, une
circulation des eaux profondes déficiente et des courants de
surface qui « tournent en rond » dans ce bassin presque clos.
La Méditerranée se singularise enfin par une homothermie
profonde de 13° environ (entre 3oo et 5 000 m) qui se
traduit par des perturbations biologiques importantes,
notamment dans la composition des populations animales
à ces profondeurs. Cette homothermie constitue un aspect
supplémentaire de la fragilité des équilibres écobiologiques
de la Méditerranée. Il est facile d’imaginer les conséquences
de la pollution « thermique » qu’engendrerait, par
exemple, l’implantation d’un nombre important d’usines
thermonucléaires rejetant des eaux chaudes prélevées en
zone côtière pour le refroidissement de leurs installations.
Ainsi, la Méditerranée présente des déficiences telles qu’elle
ne peut lutter avec la même efficacité
que les océans contre la pollution
et les autres nuisances engendrées
par les activités humaines.
Le double émissaire de
rtiou dans les calanques,
exutoire des eaux usés
de la ville de Marseille.
MER MENACÉE
On entend encore nombre de hauts
responsables conseiller le rejet direct à la
mer des eaux polluées d’une collectivité ou
