Guide des fonds marins de Méditerranée
Les fonds meubles
des prédateurs. Chez les poissons, certaines espèces sont
préférentiellement herbivores, telle la saupe (Sarpa salpa) qui se
nourrit de feuilles de posidonies et d’algues. Les rougets (Mullus)
fouillent le sédiment avec leurs barbillons pour y débusquer les
petites proies dont ils se nourrissent. Les soles détectent également
leurs proies à l’aide de barbillons et ingèrent à la fois celles-ci et le
sédiment qui les entoure. Les raies fouillent le sédiment avec leur
rostre, tandis que le grondin (Triglia) utilise les rayons digitiformes
de ses nageoires avec lesquelles il peut même marcher sur le fond.
La pastenague (Dasyatis pastinaca) chasse à l’affût, enfouie dans le
sable; elle utilise aussi avec une grande précision sa queue en fouet
qui porte un aiguillon barbelé en liaison avec les glandes à venin.
La torpille (Torpedo marmorata) possède, de part et d’autre de ses
yeux, des organes électriques, muscles modifiés capables de délivrer
des décharges électriques de 45 à 80 volts et de 5 à 8 ampères! Ces
décharges sont un moyen supplémentaire de capture des proies.
La baudroie (Lophiuspiscatorius) est redoutable. Elle s’enterre
parfois à moitié dans le sédiment, en prend la couleur, et attend
à l’affût qu’une proie se présente. Le premier rayon de la nageoire
dorsale se termine par une sorte de lambeau de peau à l’avant
de la tête que la baudroie agite comme un leurre pour attirer
les proies. Celles qui s’aventurent trop près sont aussitôt happées
par l’ouverture de l’énorme gueule.
Presque tous les groupes zoologiques des substrats meubles
comptent des prédateurs.
Chez les céphalopodes, la seiche, dotée d’yeux perfectionnés,
chasse surtout à vue. Chez les crustacés, les pinces sont souvent
utilisées pour capturer les proies. La squille (Squilla mantis), par
exemple, se sert de ses pattes avant pour attraper les proies; ces
pattes très perfectionnées, qualifiées de ravisseuses, ressemblent
à celles des mantes religieuses, ce qui lui vaut le surnom de mante
religieuse de la mer. Chez les échinodermes, on peut citer les
étoiles de mer, pratiquement toutes prédatrices. Avec leurs bras,
elles écartent les valves des coquilles des pélécypodes dont elles
se nourrissent. Elles régurgitent ensuite leur estomac qu elles
appliquent directement sur le mollusque pour le digérer. Certains
biologistes pensent que les étoiles pourraient utiliser du venin
ou une enzyme pour faciliter le travail des bras. L’étoile de mer
glaciaire (Marthasterias glacialis) est capable d’éplucher les
piquants des oursins avec ses bras avant de les broyer et de les
consommer. Les gastéropodes, les Purpuridae et les Muricidae
consomment d autres mollusques. Ils sont capables d’écarter
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