Guide des fonds marins de Méditerranée
Les fonds meubles
(cardium, par exemple) qui inhalent l’eau avec force par l’orifice
buccal (ascidies) ou par un tube ou orifice spécialisé (pélécypodes),
puis la filtrent sur la grille branchiale. Les pélécypodes
opèrent un tri qualitatif qui n’existe pas chez les ascidies.
Citons le cas particulier de certaines ophiures, comme
Ophiocomina nigra, des fonds meubles pollués, qui dressent
plusieurs de leurs bras perpendiculairement au substratum pour
capter les particules alimentaires. Mentionnons également le
gorgonocéphale (Astrospartus mediterranean) dont les bras ramifiés
forment un appareil de collecte des particules en suspension.
Détritivores
On nomme par convention « détritivores » les animaux qui
se nourrissent de la pellicule superficielle (encore appelée film)
recouvrant les sédiments. Cette pellicule renferme de nombreux
détritus organiques d’origines végétale et animale, une microflore
et une microfaune abondantes et quelques animaux de plus
grande taille.
Le mode de collecte du hlm est assez variable. Il peut s’agir d’un
simple ratissage du sédiment, cas des amphipodes du genre
Corophium qui sortent la partie antérieure de leur corps hors de
leur terrier et utilisent leurs antennes pour balayer le sédiment
alentour. Certains crustacés décapodes anomoures balayent le
sédiment avec leur troisième paire de pattes-mâchoires et trient
la nourriture utilisable sur celle-ci, avec la deuxième paire.
Plus souvent, l’animal collecte le hlm par appel gravimétrique
d’eau ou, mieux encore, par aspiration. Ce système est utilisé par le
polychète Arenicola qui vit dans un tube en U (cf. p. 201). L’animal,
par ses mouvements dans le tube, fait circuler l’eau dans le conduit,
ce qui provoque un éboulement de la couche superficielle du
sable vaseux que l’animal ingère globalement. Les résidus non
assimilables sont rejetés en surface à l’autre extrémité du tube.
Ces fèces révèlent la présence du ver. Certains échiurides, tels
les Urechis, vivent également dans un tube en U. Dans la partie
antérieure de celui-ci, ils tendent une sorte de voile conique de
mucus au travers duquel ils pompent l’eau grâce aux mouvements
de piston de leur corps dans le tube. Le piège est avalé par l’animal
quand la quantité de nourriture retenue est jugée suffisante.
L adaptation nutritionnelle des pélécypodes mangeurs de détritus
(Tellinidae, Scrobicularidae) se traduit par un allongement important
des siphons. Grâce à sa longueur et à sa mobilité, le siphon inhalant
explore la surface du sédiment au droit de l’animal, tandis que
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