Guide des fonds marins de Méditerranée
Les fonds rocheux
Par ailleurs, ils n’appartiennent pas au même groupe
systématique. Le corail est un octocoralliaire dont les polypes
comportent huit tentacules (octo) alors que les coraux sont des
hexacoralliaires dont les polypes possèdent six tentacules (hexa).
Du point de vue écologique, c’est le corail qui est à l’origine de
l’appellation coralligène, mais il n’en est pas une caractéristique,
car il peut se localiser dans des biotopes plus sciaphiles,
notamment plus en profondeur et dans certaines grottes.
Le mot grec Korallion viendrait, pense-t-on, de Korax qui signifie
« croc ». Ce qui a fait dire que les plongeurs grecs arrachaient
le corail avec des outils en forme de crocs. Pourtant la récolte
du corail était réalisée traditionnellement à l’aide de la croix
de saint André. Cet engin comportait des morceaux de filets de
pêche ou des touffes de chanvre attachés à de lourdes pièces de
bois souvent réunies en croix. Cette pêche aveugle ne remontait
qu’une partie des branches cassées et engendrait donc une perte
importante des gisements. Cette perte a été accentuée par les abus
d’exploitation à partir du moment où la cueillette a pu se faire à
l’aide du scaphandre autonome. Les corailleurs, après avoir épuisé
les gisements du littoral continental français, opèrent actuellement
en Corse à des profondeurs de plus en plus importantes (au-delà
de i3o m bien souvent !). Avec l’utilisation du corail pilé dans les
réparations de chirurgie osseuse, une nouvelle voie d’exploitation
est en train de se développer, engendrant une menace
supplémentaire pour une espèce qui a déjà payé un
si lourd tribut au pillage des richesses de la mer.
Éponges
• Éponge cavernicole jaune (Aplysina cavemicola). C ’est une
éponge en forme de tube dressé, évoquant des doigts ou
des cheminées (2 à 6 cm de haut et 1 à 2 cm de diamètre),
terminé par l’ouverture de l’oscule en légère dépression.
La couleur est jaune clair. Les colonies mesurent
de 10 à 3o cm.
• Agélas orangée (Agelas oroides). Elle forme des colonies
massives, orangées, d’une vingtaine de centimètres, d’où émergent
des lobes dressés terminés par les ouvertures des oscules. Cette
éponge est très solide, fortement fixée et indéchirable à la main
(cf. photo p. 170).
• Éponge encroûtante orange (Spirastrella cunctatrix). Elle a déjà été
décrite dans le chapitre précédent consacré à la faune de la
biocénose de la Roche Circalittorale (cf photos p. 170 et 183). Onia
Les fonds rocheux
Par ailleurs, ils n’appartiennent pas au même groupe
systématique. Le corail est un octocoralliaire dont les polypes
comportent huit tentacules (octo) alors que les coraux sont des
hexacoralliaires dont les polypes possèdent six tentacules (hexa).
Du point de vue écologique, c’est le corail qui est à l’origine de
l’appellation coralligène, mais il n’en est pas une caractéristique,
car il peut se localiser dans des biotopes plus sciaphiles,
notamment plus en profondeur et dans certaines grottes.
Le mot grec Korallion viendrait, pense-t-on, de Korax qui signifie
« croc ». Ce qui a fait dire que les plongeurs grecs arrachaient
le corail avec des outils en forme de crocs. Pourtant la récolte
du corail était réalisée traditionnellement à l’aide de la croix
de saint André. Cet engin comportait des morceaux de filets de
pêche ou des touffes de chanvre attachés à de lourdes pièces de
bois souvent réunies en croix. Cette pêche aveugle ne remontait
qu’une partie des branches cassées et engendrait donc une perte
importante des gisements. Cette perte a été accentuée par les abus
d’exploitation à partir du moment où la cueillette a pu se faire à
l’aide du scaphandre autonome. Les corailleurs, après avoir épuisé
les gisements du littoral continental français, opèrent actuellement
en Corse à des profondeurs de plus en plus importantes (au-delà
de i3o m bien souvent !). Avec l’utilisation du corail pilé dans les
réparations de chirurgie osseuse, une nouvelle voie d’exploitation
est en train de se développer, engendrant une menace
supplémentaire pour une espèce qui a déjà payé un
si lourd tribut au pillage des richesses de la mer.
Éponges
• Éponge cavernicole jaune (Aplysina cavemicola). C ’est une
éponge en forme de tube dressé, évoquant des doigts ou
des cheminées (2 à 6 cm de haut et 1 à 2 cm de diamètre),
terminé par l’ouverture de l’oscule en légère dépression.
La couleur est jaune clair. Les colonies mesurent
de 10 à 3o cm.
• Agélas orangée (Agelas oroides). Elle forme des colonies
massives, orangées, d’une vingtaine de centimètres, d’où émergent
des lobes dressés terminés par les ouvertures des oscules. Cette
éponge est très solide, fortement fixée et indéchirable à la main
(cf. photo p. 170).
• Éponge encroûtante orange (Spirastrella cunctatrix). Elle a déjà été
décrite dans le chapitre précédent consacré à la faune de la
biocénose de la Roche Circalittorale (cf photos p. 170 et 183). Onia
