.es enveloppes fluides externes actuelles
■ Isahel Montanez
est une sédimentologue et géochimiste
américano-suisse, travaillant à l’université
de Californie (Davis).
Elle travaille sur l'utilisation des sédiments
et des roches sédimentaires pour estimer les
paramètres environnementaux du passé,
lors de changements
climatiques. Ses travaux permettent de documenter les liens entre
l'évolution du niveau
marin, la composition
chimique de l’océan,
le climat et les cycles
sédimentaires.
Des processus biologiques peuvent intervenir au cours de la diagenèse. Si de la
matière organique se dépose (d’une manière generale c est le cas avec des teneurs
de quelques pourcents), des bactéries peuvent la dégrader en l’oxydant. La conséquence est la production de kérogène. C’est un solide formé de composés variés
de carbone, d’oxygène, d’hydrogène, d’azote et de soufre. Certains petits animaux
perturbent aussi les premiers centimètres sous la surface (c’est la bioturbation).
Après la diagenèse, l’orientation des particules aimantées présentes est figée dans
le sédiment. La roche peut donc préserver un signal de l’aimantation pendant sa
formation.
4.21 La formation d’archives sédimentaires
Une fois que la diagenèse a eu lieu, les roches sédimentaires sont formées. Malgré
la compaction et les modifications chimiques à l’œuvre pendant la diagenèse, la
structure et la nature des grains sont en partie préservées. La géométrie en couches,
ou la forme des édifices bioconstruits, se retrouve ensuite visible dans les carottes
de forage ou les coupes géologiques. La gravité et l’accès à la lumière pour les
êtres vivants étant deux des facteurs de développement des roches sédimentaires, la
structuration en couches/strates dont l’épaisseur varie latéralement est dominante.
LO
La chronologie relative
La chronologie relative est un outil puissant des géologues.
Il s’agit, par l’observation de la géométrie des contacts, de
composer une histoire en identifiant l’âge des structures. La
chronologie relative se base sur plusieurs principes :
• le principe de superposition. C’est un principe de stratigraphie
sédimentaire : les sédiments se déposent sous l’effet de la
gravité. Ainsi, une couche se dépose sur une autre. Dans un
système qui n’a pas été retourné (inversé) par la tectonique,
la couche supérieure est la plus jeune. Il existe des critères
sédimentaires pour identifier la direction et le sens de la gravité
(la polarité des couches) à partir des formes de l’agencement
des sédiments par exemple.
• le principe de recoupement. Une structure qui en recoupe
d’autres est forcément plus jeune que ces dernières (intrusion
magmatique, discordance angulaire, faille).
• le principe d inclusion. Tout ce qui est inclus dans une roche
est antérieur à la formation de la roche.
• le principe de continuité. Une couche a une extension latérale
continue. À partir de deux observations de mêmes roches
réalisées dans la même région, il est possible de proposer
une continuité entre elles.
À partir de ces principes, il devient possible d’ajuster entre eux
les âges des structures géologiques observées en coupe. Il suffit
d’indices temporels comme des datations radiométriques ou
paléomagnétiques ou bien l’identification de fossiles stratigraphiques, pour réaliser une datation précise d’un affleurement
ou d'une carotte de forage. La figure 3.19 présente un exemple
de datation relative d’un affleurement.
Figure 3.19
Photographie d’un
affleurement.
Les principes de datations relatives
suggèrent que la roche principale s’est
formée avant la roche blanchâtre qui
forme un filon. Le filon noir recoupe
le filon blanc. C’est donc la dernière
roche formée observée ici.
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■ Isahel Montanez
est une sédimentologue et géochimiste
américano-suisse, travaillant à l’université
de Californie (Davis).
Elle travaille sur l'utilisation des sédiments
et des roches sédimentaires pour estimer les
paramètres environnementaux du passé,
lors de changements
climatiques. Ses travaux permettent de documenter les liens entre
l'évolution du niveau
marin, la composition
chimique de l’océan,
le climat et les cycles
sédimentaires.
Des processus biologiques peuvent intervenir au cours de la diagenèse. Si de la
matière organique se dépose (d’une manière generale c est le cas avec des teneurs
de quelques pourcents), des bactéries peuvent la dégrader en l’oxydant. La conséquence est la production de kérogène. C’est un solide formé de composés variés
de carbone, d’oxygène, d’hydrogène, d’azote et de soufre. Certains petits animaux
perturbent aussi les premiers centimètres sous la surface (c’est la bioturbation).
Après la diagenèse, l’orientation des particules aimantées présentes est figée dans
le sédiment. La roche peut donc préserver un signal de l’aimantation pendant sa
formation.
4.21 La formation d’archives sédimentaires
Une fois que la diagenèse a eu lieu, les roches sédimentaires sont formées. Malgré
la compaction et les modifications chimiques à l’œuvre pendant la diagenèse, la
structure et la nature des grains sont en partie préservées. La géométrie en couches,
ou la forme des édifices bioconstruits, se retrouve ensuite visible dans les carottes
de forage ou les coupes géologiques. La gravité et l’accès à la lumière pour les
êtres vivants étant deux des facteurs de développement des roches sédimentaires, la
structuration en couches/strates dont l’épaisseur varie latéralement est dominante.
LO
La chronologie relative
La chronologie relative est un outil puissant des géologues.
Il s’agit, par l’observation de la géométrie des contacts, de
composer une histoire en identifiant l’âge des structures. La
chronologie relative se base sur plusieurs principes :
• le principe de superposition. C’est un principe de stratigraphie
sédimentaire : les sédiments se déposent sous l’effet de la
gravité. Ainsi, une couche se dépose sur une autre. Dans un
système qui n’a pas été retourné (inversé) par la tectonique,
la couche supérieure est la plus jeune. Il existe des critères
sédimentaires pour identifier la direction et le sens de la gravité
(la polarité des couches) à partir des formes de l’agencement
des sédiments par exemple.
• le principe de recoupement. Une structure qui en recoupe
d’autres est forcément plus jeune que ces dernières (intrusion
magmatique, discordance angulaire, faille).
• le principe d inclusion. Tout ce qui est inclus dans une roche
est antérieur à la formation de la roche.
• le principe de continuité. Une couche a une extension latérale
continue. À partir de deux observations de mêmes roches
réalisées dans la même région, il est possible de proposer
une continuité entre elles.
À partir de ces principes, il devient possible d’ajuster entre eux
les âges des structures géologiques observées en coupe. Il suffit
d’indices temporels comme des datations radiométriques ou
paléomagnétiques ou bien l’identification de fossiles stratigraphiques, pour réaliser une datation précise d’un affleurement
ou d'une carotte de forage. La figure 3.19 présente un exemple
de datation relative d’un affleurement.
Figure 3.19
Photographie d’un
affleurement.
Les principes de datations relatives
suggèrent que la roche principale s’est
formée avant la roche blanchâtre qui
forme un filon. Le filon noir recoupe
le filon blanc. C’est donc la dernière
roche formée observée ici.
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