PARTIES | Ressources naturelles et impacts environnementaux
3 La consommation des eaux de surface
■ Rajendra Singh
( 1959) : il dirige l'ONG
Tarun Bharat Sangh
qui mit en mouvement
la renaissance de la
rivière Arvari (voir
focus), ainsi que de
quatre autres rivières
au Rajasthan. Il a reçu
le Stockholm Water
Prize en 2015.
Les rivières peuvent être utilisées comme source d’eau pour l’irrigation, l’industrie
ou l’alimentation en eau potable, après traitement pour cette dernière. En France
l’eau potable vient pour un tiers des eaux de surface, et pour deux tiers des eaux
souterraines.
Les usages industriels des eaux de surface incluent le refroidissement de centrales thermiques, dont les centrales nucléaires. En effet une centrale nucléaire
comporte trois circuits d’eau : le circuit primaire est de l’eau sous pression qui
circule autour du réacteur et emmagasine la chaleur qu’il produit, le circuit secondaire dont l’eau est chauffée par le circuit primaire se transforme en vapeur
et fait tourner les turbines pour la production d’électricité, et enfin le circuit de
refroidissement qui permet de recondenser la vapeur produite. L’eau du circuit
de refroidissement provient d’un fleuve ou de la mer. Une centrale nucléaire
nécessite 40 à 50 m3/s pour le refroidissement, contre 10 m3/s pour une centrale
thermique classique. Plus de la moitié des prélèvements d’eaux de surface en
France sont destinés à cet usage (environ 20 milliards de m3/an). Ils sont restitués
à 90 % au milieu naturel, mais à une température en général plus élevée, ce qui
peut impacter les écosystèmes.
Ressources en eau et changement climatique
Le changement climatique en cours tend à augmenter les extrêmes météorologiques, en
fréquence comme en intensité, et par conséquent les extrêmes hydrologiques, notamment
inondations et sécheresses. Globalement les régions humides devraient avoir tendance à
devenir plus humides, et les régions sèches plus sèches, ce qui aggravera probablement le
stress hydrique actuel. Les populations les plus touchées seront les populations pauvres
des zones rurales. Des actions de gestion des ressources en eau comme l’organisation de
la collecte des eaux et la mise en place ou l’adaptation de systèmes d’irrigation pourraient
atténuer ces effets.
Lorsque les rivières sont pérennes, des canaux peuvent être construits pour dériver
une partie de l’eau vers des champs à irriguer. Par exemple la plaine de la Crau, dans
le sud-est de la France, est irriguée en grande partie grâce au canal de Craponne
(premiers tronçons construits au xvie siècle) qui dérive l’eau de la Durance vers ce
qui était son ancien delta.
Dans les régions à pluies saisonnières (mousson), des techniques ont été développées pour retenir l’eau plus longtemps. Par exemple en Inde du Sud de petits
barrages de terre sont érigés en série le long des lignes d’écoulement, formant des
retenues (erys) permettant d’avoir de l’eau jusqu’à 3 ou 4 mois après la mousson.
Cette technique encore utilisée actuellement existe depuis au moins plusieurs
centaines d’années.
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3 La consommation des eaux de surface
■ Rajendra Singh
( 1959) : il dirige l'ONG
Tarun Bharat Sangh
qui mit en mouvement
la renaissance de la
rivière Arvari (voir
focus), ainsi que de
quatre autres rivières
au Rajasthan. Il a reçu
le Stockholm Water
Prize en 2015.
Les rivières peuvent être utilisées comme source d’eau pour l’irrigation, l’industrie
ou l’alimentation en eau potable, après traitement pour cette dernière. En France
l’eau potable vient pour un tiers des eaux de surface, et pour deux tiers des eaux
souterraines.
Les usages industriels des eaux de surface incluent le refroidissement de centrales thermiques, dont les centrales nucléaires. En effet une centrale nucléaire
comporte trois circuits d’eau : le circuit primaire est de l’eau sous pression qui
circule autour du réacteur et emmagasine la chaleur qu’il produit, le circuit secondaire dont l’eau est chauffée par le circuit primaire se transforme en vapeur
et fait tourner les turbines pour la production d’électricité, et enfin le circuit de
refroidissement qui permet de recondenser la vapeur produite. L’eau du circuit
de refroidissement provient d’un fleuve ou de la mer. Une centrale nucléaire
nécessite 40 à 50 m3/s pour le refroidissement, contre 10 m3/s pour une centrale
thermique classique. Plus de la moitié des prélèvements d’eaux de surface en
France sont destinés à cet usage (environ 20 milliards de m3/an). Ils sont restitués
à 90 % au milieu naturel, mais à une température en général plus élevée, ce qui
peut impacter les écosystèmes.
Ressources en eau et changement climatique
Le changement climatique en cours tend à augmenter les extrêmes météorologiques, en
fréquence comme en intensité, et par conséquent les extrêmes hydrologiques, notamment
inondations et sécheresses. Globalement les régions humides devraient avoir tendance à
devenir plus humides, et les régions sèches plus sèches, ce qui aggravera probablement le
stress hydrique actuel. Les populations les plus touchées seront les populations pauvres
des zones rurales. Des actions de gestion des ressources en eau comme l’organisation de
la collecte des eaux et la mise en place ou l’adaptation de systèmes d’irrigation pourraient
atténuer ces effets.
Lorsque les rivières sont pérennes, des canaux peuvent être construits pour dériver
une partie de l’eau vers des champs à irriguer. Par exemple la plaine de la Crau, dans
le sud-est de la France, est irriguée en grande partie grâce au canal de Craponne
(premiers tronçons construits au xvie siècle) qui dérive l’eau de la Durance vers ce
qui était son ancien delta.
Dans les régions à pluies saisonnières (mousson), des techniques ont été développées pour retenir l’eau plus longtemps. Par exemple en Inde du Sud de petits
barrages de terre sont érigés en série le long des lignes d’écoulement, formant des
retenues (erys) permettant d’avoir de l’eau jusqu’à 3 ou 4 mois après la mousson.
Cette technique encore utilisée actuellement existe depuis au moins plusieurs
centaines d’années.
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