PARTIE 4 | Histoire de la Terre et de l’Univers
■ Elena D. 7-aklinskaya (1910-1989) :
Pionnière de la paléopalynologie (l’étude
des pollens fossiles),
professeure à l’ Acadétnie des Sciences de
Moscou, ses recherches
ont notamment permis
d’établir des corrélations stratigraphiques
entre certains dépôts
continentaux et côtiers,
de reconstruire des
paléoenvironnements,
et d’explorer la limite
Crétacé-Tertiaire.
Méthode
• une faible agitation des eaux, associée à une stratification importante et à peu
d’érosion, comme les marnes du Jurassique moyen de la Voulte-sur-Rhône. Ce
site a fourni entre autres le fossile du plus ancien Céphalopode Octopode connu
(voir plus haut).
• la finesse des sédiments : plus elle est importante, plus des structures fines,
végétales (pollens, graines, feuilles), ou animales (plumes, peau et poils de
Mammifère ou la nervation des ailes d’insectes) peuvent être capturées ; et
moins les fluides circulent ;
• des conditions tectoniques et érosives ultérieures qui préservent le dépôt
sédimentaire et n’ont qu’un impact de dislocation minimale sur les fossiles,
tout en permettant leur mise à jour.
Certains sites exceptionnels, nommés lagerstâtten ou « sites gisements », rassemblent l’ensemble de ces conditions, permettant la conservation de nombreux
spécimens avec leurs parties « molles ». Parmi les lagerstâtten les plus notables,
on peut citer les schistes de Burgess (Colombie Britannique, Canada, Cambrien
et Ordovicien, environnement marin, voir section 3.2.1), les schistes de Messel
(Allemagne, Éocène, lac), et en France le gisement de Montceau-les-Mines
(Saône-et-Loire, Carbonifère supérieur) et les marnes de La Voulte-sur-Rhône
(Ardèche, Jurassique moyen).
Reconstituer un paléoenvironnement
Les mouvements tectoniques et les processus d’isostasie et d’érosion font affleurer
des roches, dont certaines contiennent des fossiles. Dans un premier temps, l’étude
de chaque fossile individuellement permet d’identifier les taxons et traces d’activité
présentes. Dans un second temps, l’ensemble est considéré, et les conditions de vie
communes à tous les taxons permettent de reconstituer l’environnement dans lequel
ils évoluaient : leur paléoenvironnement (milieu marin ou continental, température,
etc.). Les fossiles de faciès sont ici particulièrement utiles.
Ainsi figure 14.5, la dalle fossile représentée à gauche est un calcaire contenant des
fossiles de Crinoïdes (dits aussi « lys de mer »), des rostres de Bélemnites et des
Gryphées (clade de Bivalves majoritairement éteints, proche des huîtres). Selon le
principe d’actualisme, tous ces taxons, ou les taxons relatifs existants, vivants en milieu
marin, et les taxons relatifs aux Gryphées et Bélemnites vivants en milieu côtier, on
peut en déduire que le paléoenvironnement était une mer peu profonde.
La dalle fossile représentée à droite est constituée de charbon présentant de nombreux
fossiles de végétaux : Lepidodendrons (fougères arborescentes), Fougères, ainsi
qu une grande libellule. On peut donc en déduire que le paléoenvironnement devait
être un milieu continental avec un couvert dense de Fougères de divers types, peuplé
notamment d Insectes géants. L’abondance et la taille de la végétation suggère un
milieu chaud et humide (climat de type tropical).
Le reflet de la biocénose d’un site, par accumulation naturelle des cadavres des animaux qui y vivent, au fur et à mesure de leur mort, et dont une partie seulement se
fossilise (taphocénose), est appelé thanatocénose.
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