CHAPITRE 14 • La planète Terre et le vivant
Méthode Comment étudier un fossile ?
Avant de prélever un fossile, il importe de le localiser géographiquement et de le positionner dans le gisement. Le type de roche est également à noter car il peut donner
des renseignements sur le milieu de dépôt. Les traces éventuelles de déformation
dans la roche (plis, faille) sont des éléments à observer. En effet, les fossiles subissent
souvent des modifications physiques (compaction des sédiments, érosion, mouvements
tectoniques), chimiques ou biologiques. Un fossile n’est par conséquent pas une copie
fidèle de 1 organisme initial. Les courants marins ou fluviatiles peuvent fragmenter
et accumuler les fossiles par exemple les calcaires bioclastiques. dont les calcaires à
entroques (parties de tige de Crinoïde fossile, figure 14.3).
Après l’extraction du fossile, il est décrit et dessiné dans ses moindres détails. L'ensemble de ses caractéristiques va permettre de déterminer son clade. La qualité de
la conservation des structures (morphologiques ou anatomiques) facilitera la classification de l’échantillon.
Il pourra être intéressant d’observer également l’intérieur du fossile (si celui-ci n’est pas
un moule extérieur bien sûr). Si on ne veut pas l’ouvrir, une méthode non destructive
peut être utilisée pour visualiser l’intérieur en deux ou trois dimensions (radiographie
ou tomographie). Un des résultats obtenus avec cette méthode est la mise en évidence
chez le Tyrannosaurus rex d’un tout petit cerveau doté d'énormes lobes olfactifs.
De façon générale, des organismes rapidement déposés et protégés après leur
mort seront les plus susceptibles d’être fossilisés. Par conséquent, les milieux
aqueux où les sédiments fins (limon, vase, argile) s’accumulent, sont propices
à la fossilisation. Les milieux favorables sont ainsi le plus souvent marins, et
la fréquence des fossiles continentaux particulièrement faible. Cependant des
gisements existent dans des contextes spécifiques, notamment lacustres, plus
rarement de dépôts aériens (lœss), ou de cendres volcaniques. La roche fossilifère
d’origine continentale la plus protectrice est l'ambre jaune, une résine constituée
par la sève fossile de gymnospermes majoritairement (cette roche est donc ellemême un fossile). Présente sous forme de gouttes ou de blocs dans des sédiments
argileux ou de la lignite, elle conserve souvent des Insectes. Hormis ce cas des
résines, les forêts sont les milieux conservant le moins bien les organismes morts
du fait de l’importante activité biologique dans les sols. Les conditions propices
à la fossilisation sont :
• en premier lieu la rareté voire l'absence d’agents classiques destructeurs de
cadavres (dioxygène, Bactéries, animaux charognards) : notamment possible
dans des lacs ou des zones humides présentant une stratification forte (zone
aérée/zone anoxique/vase réductrice) ;
• un apport sédimentaire important (plusieurs dizaines de cm/1 000 ans) dans
les eaux oxiques. fourni par exemple par des Diatomées, comme actuellement
dans le lac Myvatn (Islande) ; ce qui permet un enfouissement rapide des cadavres.
Dans un milieu anoxique, cela n est pas forcément nécessaire ,
329
Précédent

- 344/456

Suivant