CHAPITRE 13 • Les variations du climat
température agit sur les enveloppes fluides externes et induit une augmentation
consécutive de concentrations atmosphériques de CO2 et de CH4. Celle-ci tend ainsi
à renforcer 1 augmentation initiale de température : on parle alors de rétroaction
positive.
Les paléoclimatologues poursuivent d’intenses efforts pour comprendre les variations
abruptes du climat au cours du Quaternaire qui se produisent à une échelle de la
centaine au millier d’années et qui constituent de bons analogues du changement
climatique actuel, qui est l’objet de la section suivante.
4 Variations du climat à l’échelle humaine
Nous nous intéressons dans cette dernière section à l'échelle du siècle, en nous
focalisant sur le changement climatique enregistré depuis la deuxième Révolution
industrielle (seconde partie du xixe siècle). Si des interrogations perdurent aujourd'hui
sur l’évolution future du climat, les nombreuses données apportées depuis le début
de la période instrumentale (1850) permettent toutefois d’apporter des réponses
quant à la variation actuelle du climat. Nous nous appuierons dans cette partie sur
la synthèse de ces données réalisée par le GIEC depuis 1990.
8 Valérie MassonDelmotte est chercheuse en paléoclimatologie et experte des
isotopes de l’eau et
des archives paléoclimatiques. Elle a été la
directrice de la rédaction du chapitre paléoclimat du 4e rapport de
synthèse du GIEC.
Qu’est-ce que le GIEC ?
Le GIEC (traduction de IPCC, Intergovernemental Panel on Climat Change) est le groupe
d’experts intergouvememental sur l’évolution du climat, créé en 1988 par l’ONU. Sa
mission est de rassembler les études scientifiques et socio-économiques concernant le
changement climatique. À partir de ce travail, le GIEC évalue l’état des connaissances de
la communauté scientifique sur le climat et rend compte des différentes certitudes et incertitudes. Le GIEC se réunit au moins une fois par an et a publié six rapports d’évaluation
entre 1990 et 2014. Le prochain rapport devrait être publié en 2022.
4.1 Reconstituer les modalités du changement
climatique récent
Les données recueillies depuis un siècle et demi reposent sur les mesures instrumentales, des années 1850 à aujourd’hui, qui sont d’autant plus fiables avec l'évolution
récente des techniques scientifiques (voir chapitre 1 ). À ces mesures, on peut rajouter
l’analyse des archives historiques des institutions étatiques et religieuses qui sont
des marqueurs indirects du climat (avancée ou retrait des glaciers, jours de gel en
lien avec les moissons, dates des vendanges, crues des cours d’eau).
Par ces moyens d’étude, on peut constater au premier ordre que la température
globale de l’atmosphère terrestre augmente depuis 1950 (figure 13.1 I). Au
deuxième ordre, la température montre des variations interannuelles, qui sont le
fruit de la variabilité climatique naturelle (voir chapitre 1 ).
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