CHAPITRE 10 • Les chaînes de montagnes
FOCUS
Le pendage de la lithosphère océanique en subduction
En examinant les données sismiques et tomographiques, les scientifiques ont mis en évidence que le
pendage de la lithosphère en subduction varie beaucoup : de 30° à quasiment 90°. Ils se sont interrogés
sur ce qui contrôle le pendage du panneau plongeant. Au terme d’un nombre important d’études géophysiques réalisées au milieu des années 2000 dans les zones de subduction du Pacifique, de l’Indien
(arc de la Sonde) et de l’Atlantique (Antilles, îles Sandwich), les géologues ont pu établir les pendages
(figure 10.8). Ces données quantitatives montrent que le pendage du panneau plongeant n’est pas dû à
l’âge de la lithosphère océanique.
0
30
60
90
120
150
180
Âge du slab en Ma
Figure 10.8
Le pendage du panneau plongeant (slab en anglais) au-delà de 125 km de
profondeur en fonction de l’ âge de la lithosphère gui subduit. Aucune corrélation n’ est réalisable :
le pendage d'une lithosphère âgée peut être tout aussi bien faible (Japon) gue fort (Moriannes).
2 Les chaînes de collision
■ Le mont Blanc
culmine à 4 809 mètres.
Sa première ascension
(et donc les premiers
échantillons !) date de
1786.
2.1| Des structures caractéristiques
La chaîne alpine au sens large, de l’Himalaya aux Alpes franco-italiennes, présente
de hauts reliefs allant de l’Everest (8 848 mètres, voir la photo en ouverture de
chapitre) au mont Blanc (4 809 mètres, photo ci-contre). Formé de gneiss datés du
Dévonien et de granités du Carbonifère, le mont Blanc est un « massif cristallin ».
Ces roches, formées en même temps que la chaîne varisque (voir encadré méthode
sur la carte géologique), sont formées initialement à une profondeur d au moins
15 km. L’observation de ces roches formées est un indicateur de la surrection de
la chaîne de montagne. De plus, l’absence au sommet du mont Blanc de roches
formées dans les quinze premiers kilomètres de la croûte montre également qu’il
s’est produit un phénomène de soustraction de ces roches, nommé érosion, qui est
contemporain de la surrection. Les hauts reliefs des chaînes de collisions sont donc
le résultat de l’action combinée de la surrection et de l’érosion.
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