PARTIE 3 | Les grands ensembles géologiques
■ Laurent Jolivet
est professeur d'université à I"Institut des
sciences de la Terre
de Paris. Expert de la
dynamique de subduction et de la tectonique
méditerranéenne et
asiatique, il a écrit de
nombreux ouvrages
universitaires et de
vulgarisation.
tend à produire un glissement gravitaire de la lithosphère formée. Cette force
agit essentiellement aux abords de la dorsale.
• La résistance visqueuse du manteau : les roches du manteau sous les plaques
résistent où entraînent les plaques par couplage visqueux.
Des analyses quantitatives montrent que les plaques dont le pourcentage de frontière
en subduction est important sont très mobiles, contrairement aux autres (figure 10.7).
En revanche, la présence de dorsales joue peu sur la mobilité lithosphérique. On
en déduit que la traction du panneau plongeant est un processus bien plus efficace
que la poussée à la ride (voir le dernier focus du chapitre 9). Comme nous l’avons
vu dans le chapitre 9, la lithosphère océanique est d’autant plus froide et dense
qu’elle est âgée : la traction du panneau plongeant est donc plus importante quand
la lithosphère est ancienne. Peut-on pour autant affirmer que c’est l’âge avancé de
la lithosphère océanique qui induit la subduction ? La réponse peut être déduite
de l’observation de la lithosphère océanique actuelle. L’océan Atlantique, dont le
plancher océanique atteint jusqu’à 180 millions d’années, est majoritairement entouré de marges passives : les zones de subduction sont très restreintes aux Antilles
et aux îles Sandwich. A l’inverse, l’océan Pacifique, au sud-est, est caractérisé par
un plancher océanique jeune, de 30 millions d’années, entrant en subduction au
niveau des Andes. Il est donc tout à fait erroné d’affirmer que la destinée d’une
lithosphère océanique âgée est d’entrer en subduction. Les notions de subduction
« spontanée », associée aux lithosphères âgées et, de subduction « forcée », sont
totalement désuètes.
Figure 10.7
En haut: le
pourcentage
de frontières en
subduction et de
dorsales des plaques
lithosphériques en
fonction de leur
vitesse moyenne
absolue. En bas :
bilan des forces
simple agissant
sur une lithosphère
océanique en
subduction.
Vitesse moyenne des plaques par rapport aux points chauds (cm-an-1)
Afrique
Antarctique
Arabie
Cocos
Eurasie
Inde
Amérique du Nord
Nazca
Pacifique
Philippines
Amérique du Sud
Si la présence de subduction joue certainement un rôle important dans la mobilité
lithosphérique, la présence de dorsales ne semble pas jouer de rôle prépondérant.
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■ Laurent Jolivet
est professeur d'université à I"Institut des
sciences de la Terre
de Paris. Expert de la
dynamique de subduction et de la tectonique
méditerranéenne et
asiatique, il a écrit de
nombreux ouvrages
universitaires et de
vulgarisation.
tend à produire un glissement gravitaire de la lithosphère formée. Cette force
agit essentiellement aux abords de la dorsale.
• La résistance visqueuse du manteau : les roches du manteau sous les plaques
résistent où entraînent les plaques par couplage visqueux.
Des analyses quantitatives montrent que les plaques dont le pourcentage de frontière
en subduction est important sont très mobiles, contrairement aux autres (figure 10.7).
En revanche, la présence de dorsales joue peu sur la mobilité lithosphérique. On
en déduit que la traction du panneau plongeant est un processus bien plus efficace
que la poussée à la ride (voir le dernier focus du chapitre 9). Comme nous l’avons
vu dans le chapitre 9, la lithosphère océanique est d’autant plus froide et dense
qu’elle est âgée : la traction du panneau plongeant est donc plus importante quand
la lithosphère est ancienne. Peut-on pour autant affirmer que c’est l’âge avancé de
la lithosphère océanique qui induit la subduction ? La réponse peut être déduite
de l’observation de la lithosphère océanique actuelle. L’océan Atlantique, dont le
plancher océanique atteint jusqu’à 180 millions d’années, est majoritairement entouré de marges passives : les zones de subduction sont très restreintes aux Antilles
et aux îles Sandwich. A l’inverse, l’océan Pacifique, au sud-est, est caractérisé par
un plancher océanique jeune, de 30 millions d’années, entrant en subduction au
niveau des Andes. Il est donc tout à fait erroné d’affirmer que la destinée d’une
lithosphère océanique âgée est d’entrer en subduction. Les notions de subduction
« spontanée », associée aux lithosphères âgées et, de subduction « forcée », sont
totalement désuètes.
Figure 10.7
En haut: le
pourcentage
de frontières en
subduction et de
dorsales des plaques
lithosphériques en
fonction de leur
vitesse moyenne
absolue. En bas :
bilan des forces
simple agissant
sur une lithosphère
océanique en
subduction.
Vitesse moyenne des plaques par rapport aux points chauds (cm-an-1)
Afrique
Antarctique
Arabie
Cocos
Eurasie
Inde
Amérique du Nord
Nazca
Pacifique
Philippines
Amérique du Sud
Si la présence de subduction joue certainement un rôle important dans la mobilité
lithosphérique, la présence de dorsales ne semble pas jouer de rôle prépondérant.
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