PARTIE 2 | La Terre interne actuelle
proposent l’existence d’une énergie colossale pour générer des courants : la précession topographique. Il s’agit de courants créés par la rotation et par la surface
du noyau qui n'est pas sphérique.
La théorie dynamo a pu être testée grâce à des travaux de modélisation : des
expériences analogues en laboratoire et des calculs numériques. Des équipes de
scientifiques ont construit des dispositifs qui permettent de mettre un fluide en
mouvement dans un champ magnétique et observer un champ magnétique induit
et une modification des courants. Des liquides conducteurs, comme le gallium, du
sodium (très inflammable) voire du mercure (très toxique) sont utilisés. Pour autant,
réaliser une expérience qui mimerait la dynamo terrestre reste hors de portée pour
l'instant. Du côté de la modélisation numérique, il s’agit de résoudre les équations
données par la théorie dans des contextes variés. Un grand pas est réalisé en 1995,
ou des calculs révèlent des dynamos auto-entretenues dans des coquilles sphériques
avec de la convection et de la rotation. Le champ produit est majoritairement dipolaire, et les structures magnétiques forment des rouleaux alignés avec l’axe de
rotation de la coquille (figure 7.6). Des inversions du champ magnétique, le pôle
Sud magnétique se transformant en pôle Nord magnétique et vice versa, sont observées dans ces calculs. Les travaux réalisés depuis montrent de plus en plus de
finesse, et les scientifiques travaillent à prédire l’évolution du champ magnétique
dans les années qui viennent. Celui-ci a une intensité qui diminue et la position du
pôle change assez rapidement.
Figure 7.6 h
Géométrie des
lignes de champ
magnétique dans la
première géodynamo
numérique montrant
des inversions du
champ magnétique.
Le champ
magnétique est
tangent aux lignes
de champ. Le jaune
indique le champ
sortant du noyau,
et le bleu le champ
entrant. Lorsque les
lignes de champ sont
régulières, on est
hors du noyau.
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