CHAPITRE 6 • La composition de la Terre : observations et pétrologie expérimentale
■ Achondrite
différentes qui ne sont jamais échantillonnés en surface, tout comme le noyau
terrestre. Pour réaliser un modèle chimique de toute la Terre, les observations
manquent. C’est pour cette raison que les scientifiques ont eu l’idée d'étudier le
lien génétique entre certaines météorites et les planètes telluriques. 11 en existe
quatre grands types :
Définitions
■ Météorite de fer
■ Sidérolithe
Les chondrites sont des météorites dont l’âge des plus vieux grains date d’environ 4,567 milliards d’années. Elles sont parmi les plus vieilles du système solaire. Leur chimie est proche
de celle du soleil, exceptée pour les éléments dont la volatilisation se fait à basse température (comme l’hélium par exemple). Elles présentent très souvent un mélange de silicates et
de métaux dans des proportions massiques d’environ 2/3-1/3. Ainsi, on dit des chondrites
qu’elles sont des météorites non différenciées (voir chapitre 12). Leur caractéristique est de
contenir des billes de verre silicatées appelé les chondres. Il existe une diversité importante de
chondrites, certaines dans lesquelles le Fer est très présent sous forme métallique, et d’autres
dans lesquelles tout le Fer est contenu dans les silicates. Certains caractères chimiques des
chondrites se rapprochent de celles des planètes telluriques.
Les achondrites sont des météorites dont l’âge est le plus souvent plus jeune que celui
des chondrites. Leur chimie est très distincte de celle du soleil. Elles sont composées
presque exclusivement de silicates. On dit des achondrites qu’elles sont différentiées. Elles
proviennent soit de morceaux éjectés de croûte ou de manteau de corps planétaires ou
d’astéroïdes. D’autres météorites différenciées existent : les météorites de fer contenant
des alliages métalliques et les sidérolithes qui sont composées de quantités équivalentes
de silicates et de fer.
Les chondrites ont tous les caractères de corps parents planétaires. Puisqu’elles
ont une composition proche de celle du soleil, elles ont probablement été formées
dans la nébuleuse. Comme elles sont les plus vieilles, leur genèse date certainement des premiers millions d’années du système solaire tout au plus. D’autre part,
certains caractères géochimiques (rapport des concentrations d’éléments formants
les silicates) ressemblent à ceux que l’on connaît des planètes ou satellites dont
on possède des échantillons, c’est-à-dire la Terre bien sûr, la Lune et Mars. Les
chondrites sont une grande famille, possédant une grande diversité chimique.
L’idée a été que l’une de ces chondrites, ou bien un mélange d’entre elles, représenterait le matériau qui a formé la Terre. Le chapitre 12 développe les étapes de
la formation des planètes.
Poser cette hypothèse revient à dire que l’on connaîtrait la chimie de la Terre globale. Il suffirait de connaître la chimie des chondrites, ce qui est facile à réaliser
de nos jours dans un laboratoire de géochimie. À partir de cela, on peut utiliser au
premier ordre les propriétés chimiques des éléments, car tous n’ont pas les mêmes
affinités avec les silicates ou les métaux.
Définitions
Les affinités des éléments chimiques pour des matériaux sont caractérisées par des qualificatifs tels que sidérophile (affinité pour les métaux), lithophile (affinité pour les silicates), ou
chalcophile (affinité pour les sulfures).
137
Précédent

- 152/456

Suivant