En haut: gros plan des dents antérieures d’un Poisson; elles sont ici en forme d’incisives. Au-dessous: schéma des organes internes d’un Hareng: 1) branchie, 2) oesophage, 3) estomac, 4) appendices pyloriques, 5) intestin, 6) anus, 7) canal pneumatique
reliant la vessie gazeuse à l’oesophage, 8) vessie gazeuse se présentant comme une
extroflexion dorsale de l’intestin; certaines espèces en sont dépourvues.
Les mâchoires articulées différencient de manière irréfutable les véritables Poissons des Agnathes (Vertébrés sans mâchoires classés autrefois
parmi les Poissons), tandis que les nageoires sont
l’un des caractères importants qui permettent de
les distinguer des Amphibiens.
Cependant, les distinctions ne sont pas aussi
simples et aussi nettes qu’on pourrait le croire; de
nos jours, le terme de « Poissons » n’a pas une
valeur étroitement déterminée du point de vue
de la systématique: en effet, l’anatomie et la physiologie des formes actuelles et des fossiles semblent donner raison à ceux qui veulent diviser
cette catégorie d’animaux en plusieurs classes
absolument distinctes. En substance, les différences existant entre ces classes sont aussi importantes que celles qui séparent les Oiseaux des Reptiles, ou les Reptiles des Amphibiens.
Nous examinerons donc les caractères généraux
des trois classes: Ostéichthyens ou Poissons osseux,
Chondrichthyens ou Poissons cartilagineux et Placodermes, réunies dans la super classe des Poissons.
La forme de ces animaux est une de leurs caractéristiques essentielles: leur silhouette semble
modelée par l’élément dans lequel ils vivent et
toutes leurs lignes contribuent à diminuer la résistance à la progression dans l’eau. Le Thon et,
à une échelle plus réduite, le Maquereau, donnent
les exemples les plus parfaits de cette forme hydrodynamique; plus les Poissons s’éloignent de
cette forme type, et moins ils sont doués pour une
nage efficace et rapide; les plus défavorisés à ce
sujet sont sans aucun doute les Poissons plats et
les Hippocampes.
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Caractères
généraux des
Poissons
Tous les Vertébrés aquatiques pourvus de mâchoires articulées et de nageoires, ayant une respiration branchiale, une température variable, un
coeur presque exclusivement veineux, et des reins
définitifs du type mésonéphros, sont considérés
comme des Poissons.
La peau et les écailles
La ligne hydrodynamique est complétée par
une nageoire caudale toujours verticale — alors
que chez les Cétacés (Mammifères) elle est horizontale — et par une tête qui prolonge le tronc
sans en être séparée par un véritable cou. Le corps
peut être nu ou recouvert d’écailles qui ne se
forment absolument pas comme chez les Reptiles.
Les écailles des Poissons sont indépendantes les
unes des autres, chacune constituant un petit organe à structure complexe et à croissance circulaire; c’est pourquoi on peut écailler les Poissons
en les grattant, alors qu’ils est impossible d’en
faire autant avec un Reptile. Le nombre et l’aspect
des anneaux composant les écailles permettent
d’évaluer l’âge du Poisson et de connaître-ses conditions de vie: ainsi, un anneau étroit et tourmenté témoigne que ces conditions étaient mauvaises, tandis qu’un anneau large et régulier révèle que l’animal à vécu dans des conditions très
favorables.
Les écailles placoïdes, propres aux Chondrichthyens, comprennent une plaque de base formée
de dentine et un repli cutané recouvert d’une couche d’émail; ce sont donc de véritables « dents »
cutanées. Aux abords de la bouche, elles se modifient graduellement, et l’on peut même dire
qu’elles passent de l’état d’écailles cutanées à celui de dents proprement dites sur les mâchoires.
Les écailles dites cosmoïdes ne se rencontrent que
chez quelques Crossoptérygiens, et surtout chez
les formes fossiles; lamelliformes, elles se composent de trois couches: une couche interne osseuse,
une couche moyenne formée d’une substance comparable à la dentine, et une couche externe
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