la boue, les Trachinidés ne laissent émerger que
leur épine dorsale et leur opercule, tous deux
munis de forts piquants crénelés communiquant
avec une petite glande susceptible de sécréter un
venin assez comparable par sa composition et par
ses effets à celui des Vipères. Ces armes insidieuses
peuvent provoquer chez l’Homme des phénomènes
toxiques non pas simplement localisés mais étendus et d’une certaine gravité. Aussi méritent-ils
le nom de « Poissons-vipères » ou « Poissons-araignées » qu’on leur donne parfois. Mais ils sont plus
connus sous le nom de Vives.
Trachinus drago, la Grande Vive, mesure une
quarantaine de centimètres; elle présente les caractères typiques de la famille: museau court,
grands yeux haut-placés et bordés de quelques piquants, couleur d’un gris très clair sur le ventre,
gris foncé sur le dos, rayures obliques bleues et
jaunâtres. On mentionnera aussi la Petite Vive
(Trachinus viper a).
Un Anabantidé, Poisson caractérisé par sa faculté de survivre quelque temps hors
de l’eau, faculté qu’il doit à la structure particulière de ses branchies.
lames supplémentaires en communication avec le
pharynx. Aussi peuvent-ils abandonner pendant
un certain temps l’élément liquide dans lequel ils
se trouvent pour traverser des espaces de terre
plus ou moins étendus et se rendre dans d’autres
bassins leur offrant de meilleures possibilités de
chasse. Nous citerons les « Perches grimpeuses »
appartenant au genre Anabas.
Pendant l’été, les indigènes de la Thaïlande,
de la Chine, de l’Inde, de Ceylan, des Philippines
et de l’archipel de la Sonde se consacrent à une
pêche fructueuse sur les fonds vaseux des cours
d’eau ou des miroirs d’eau naturellement asséchés par la forte chaleur et le manque de pluies.
C’est qu’en effet, à une trentaine de centimètres de
profondeur, vivent des milliers d’étranges Poissons;
une vague ressemblance de leur tête avec celle des
Serpents les a fait nommer Ophicéphales. Ces
animaux, qui vivent normalement dans toutes les
eaux intérieures de l’Asie méridionale, de l’Asie
orientale et de la zone tropicale du continent africain, peuvent résister pendant des mois enfoncés dans une vase à peine humide et supportent
de longs transports simplement enveloppés dans
un linge mouillé. Ils doivent leur extraordinaire
résistance à l’anatomie particulière de leurs branchies, au-dessous desquelles se trouvent deux
« chambres à air » particulières, pourvues de nombreuses lamelles fortement vascularisées, qui sont
en communication non seulement avec les branchies à travers lesquelles l’oxygène de l’eau est
absorbé, mais encore avec le pharynx à travers
lequel l’air est introduit.
La singularité des Ophicéphalidés ne se borne
pas là. Lorsque l’étang ou le ruisseau qu’ils habitent n’offre plus de possibilités de chasse, ces Poissons, qui sont très voraces, se transportent dans
un autre habitat encore non exploité en glissant
simplement sur le sol comme des Anguilles; c’est
sans doute là que se trouve leur plus grande analogie avec les Serpents.
Le Pla-chon ( Ophicephalus striatus) est l’une
des espèces d’Ophicéphalidés les plus répandues
dans le S.E. de l’Asie. Il peut atteindre soixantedix centimètres de long.
Uranoscopidés,
Anabantidés et
Ophicéphalidés
Uranoscopus scaber est l’unique représentant,
aussi bien en Méditerranée que dans l’Atlantique,
dans sa portion la plus rapprochée de la Méditerranée, d’une vaste famille de Poissons répandue
dans l’Océan pacifique et dans l’Océan indien et
dont l’aspect, comme celui de tous les Uranoscopidés, est véritablement fort peu esthétique.
Les formes de ces Poissons sont nettement trapues. Leurs yeux, placés au sommet de la tête,
sont tournés vers le haut.
Certains Uranoscopidés semblent doués de propriétés électriques, si bien que leur contact provoque une secousse; d’autres, parmi lesquels Uranoscopus scaber, possèdent un appareil toxique analogue à celui des Trachinidés; mais l’action de leur
poison est légère et ne saurait provoquer de blessures graves.
Les Anabantidés, eux, habitent la région tropicale et sub-tropicale de l’Asie et comprennent des
espèces très recherchées pour les aquariums en
raison de leur beauté et de leur facilité d’adaptation.
Aussi bien que les sujets appartenant à la
famille des Ophicéphalidés, que nous allons étudier, ces singuliers Poissons ont la possibilité d’utiliser l’oxygène de l’atmosphère en raison de l’anatomie particulière de leurs branchies pourvues de
Mugilidés. Athérinidés et Sphyrenidés
Ces trois familles que nous étudions désormais
terminent l’étude de l’ordre des Perciformes. Nous
devons ajouter qu’elles sont parfois détachées de
celui-ci pour constituer un ordre, à part, celui des
Mugiliformes.
Les Poissons appartenant à la famille des Mugilidés habitent les mers chaudes et tempérées.
Ce sont des Poissons d’un grand intérêt économique. En effet, ils font l’objet d’une pêche fructueuse et d’un commerce actif à toutes les époques
de l’année, mais particulièrement du printemps à
l’automne, lorsqu’ils séjournent dans les eaux côtières de régions où, sur un fond sablonneux, prospère une végétation touffue.
Ils ont pour caractéristiques communes: un
corps fuselé, presque cylindrique, une grosse tête
allongée, un museau court, de grands yeux protégés par des paupières adipeuses. La bouche, petite,
est presque toujours privée de dents; lorsqu’elles
existent, celles-ci sont fines et faibles.
L’espèce la plus appréciée est Mugil cephalus
habituellement connue sous le nom de Mulet ou
Muellau, long de trente à soixante-dix centimètres. Son corps, couvert de grandes écailles, pré54
leur épine dorsale et leur opercule, tous deux
munis de forts piquants crénelés communiquant
avec une petite glande susceptible de sécréter un
venin assez comparable par sa composition et par
ses effets à celui des Vipères. Ces armes insidieuses
peuvent provoquer chez l’Homme des phénomènes
toxiques non pas simplement localisés mais étendus et d’une certaine gravité. Aussi méritent-ils
le nom de « Poissons-vipères » ou « Poissons-araignées » qu’on leur donne parfois. Mais ils sont plus
connus sous le nom de Vives.
Trachinus drago, la Grande Vive, mesure une
quarantaine de centimètres; elle présente les caractères typiques de la famille: museau court,
grands yeux haut-placés et bordés de quelques piquants, couleur d’un gris très clair sur le ventre,
gris foncé sur le dos, rayures obliques bleues et
jaunâtres. On mentionnera aussi la Petite Vive
(Trachinus viper a).
Un Anabantidé, Poisson caractérisé par sa faculté de survivre quelque temps hors
de l’eau, faculté qu’il doit à la structure particulière de ses branchies.
lames supplémentaires en communication avec le
pharynx. Aussi peuvent-ils abandonner pendant
un certain temps l’élément liquide dans lequel ils
se trouvent pour traverser des espaces de terre
plus ou moins étendus et se rendre dans d’autres
bassins leur offrant de meilleures possibilités de
chasse. Nous citerons les « Perches grimpeuses »
appartenant au genre Anabas.
Pendant l’été, les indigènes de la Thaïlande,
de la Chine, de l’Inde, de Ceylan, des Philippines
et de l’archipel de la Sonde se consacrent à une
pêche fructueuse sur les fonds vaseux des cours
d’eau ou des miroirs d’eau naturellement asséchés par la forte chaleur et le manque de pluies.
C’est qu’en effet, à une trentaine de centimètres de
profondeur, vivent des milliers d’étranges Poissons;
une vague ressemblance de leur tête avec celle des
Serpents les a fait nommer Ophicéphales. Ces
animaux, qui vivent normalement dans toutes les
eaux intérieures de l’Asie méridionale, de l’Asie
orientale et de la zone tropicale du continent africain, peuvent résister pendant des mois enfoncés dans une vase à peine humide et supportent
de longs transports simplement enveloppés dans
un linge mouillé. Ils doivent leur extraordinaire
résistance à l’anatomie particulière de leurs branchies, au-dessous desquelles se trouvent deux
« chambres à air » particulières, pourvues de nombreuses lamelles fortement vascularisées, qui sont
en communication non seulement avec les branchies à travers lesquelles l’oxygène de l’eau est
absorbé, mais encore avec le pharynx à travers
lequel l’air est introduit.
La singularité des Ophicéphalidés ne se borne
pas là. Lorsque l’étang ou le ruisseau qu’ils habitent n’offre plus de possibilités de chasse, ces Poissons, qui sont très voraces, se transportent dans
un autre habitat encore non exploité en glissant
simplement sur le sol comme des Anguilles; c’est
sans doute là que se trouve leur plus grande analogie avec les Serpents.
Le Pla-chon ( Ophicephalus striatus) est l’une
des espèces d’Ophicéphalidés les plus répandues
dans le S.E. de l’Asie. Il peut atteindre soixantedix centimètres de long.
Uranoscopidés,
Anabantidés et
Ophicéphalidés
Uranoscopus scaber est l’unique représentant,
aussi bien en Méditerranée que dans l’Atlantique,
dans sa portion la plus rapprochée de la Méditerranée, d’une vaste famille de Poissons répandue
dans l’Océan pacifique et dans l’Océan indien et
dont l’aspect, comme celui de tous les Uranoscopidés, est véritablement fort peu esthétique.
Les formes de ces Poissons sont nettement trapues. Leurs yeux, placés au sommet de la tête,
sont tournés vers le haut.
Certains Uranoscopidés semblent doués de propriétés électriques, si bien que leur contact provoque une secousse; d’autres, parmi lesquels Uranoscopus scaber, possèdent un appareil toxique analogue à celui des Trachinidés; mais l’action de leur
poison est légère et ne saurait provoquer de blessures graves.
Les Anabantidés, eux, habitent la région tropicale et sub-tropicale de l’Asie et comprennent des
espèces très recherchées pour les aquariums en
raison de leur beauté et de leur facilité d’adaptation.
Aussi bien que les sujets appartenant à la
famille des Ophicéphalidés, que nous allons étudier, ces singuliers Poissons ont la possibilité d’utiliser l’oxygène de l’atmosphère en raison de l’anatomie particulière de leurs branchies pourvues de
Mugilidés. Athérinidés et Sphyrenidés
Ces trois familles que nous étudions désormais
terminent l’étude de l’ordre des Perciformes. Nous
devons ajouter qu’elles sont parfois détachées de
celui-ci pour constituer un ordre, à part, celui des
Mugiliformes.
Les Poissons appartenant à la famille des Mugilidés habitent les mers chaudes et tempérées.
Ce sont des Poissons d’un grand intérêt économique. En effet, ils font l’objet d’une pêche fructueuse et d’un commerce actif à toutes les époques
de l’année, mais particulièrement du printemps à
l’automne, lorsqu’ils séjournent dans les eaux côtières de régions où, sur un fond sablonneux, prospère une végétation touffue.
Ils ont pour caractéristiques communes: un
corps fuselé, presque cylindrique, une grosse tête
allongée, un museau court, de grands yeux protégés par des paupières adipeuses. La bouche, petite,
est presque toujours privée de dents; lorsqu’elles
existent, celles-ci sont fines et faibles.
L’espèce la plus appréciée est Mugil cephalus
habituellement connue sous le nom de Mulet ou
Muellau, long de trente à soixante-dix centimètres. Son corps, couvert de grandes écailles, pré54
