asymétrique quelque peu aplati. La Patelle ou Bernique vit à proximité du bord de la mer, sur des
fonds rocheux situés sur la ligne de balancement
de la marée. Les Patelles sont des Hétérocardes
(1 oreillette et 1 ou 2 branchies) alors que les
Fissurelles sont des Diotocardes (2 oreillettes, 2
branchies).
L’Ormeau ou Oreille de mer (Haliotis) appartient aussi aux Diotocardes; il se reconnaît à sa
curieuse coquille asymétrique rappelant grossièrement une oreille humaine. On le trouve dans les
eaux peu profondes, au voisinage des côtes. Toujours parmi les Diotocardes, on peut retenir les
genres: Trochus et Monodonta.
Parmi les Monotocardes, (1 oreillette, 1 branchie), certaines espèces vivent en eau douce comme les Paludines (Paludina) dont la belle coquille
est spiralée. Les autres sont marines.
On ne saurait passer sous silence les espèces
dont on tirait jadis la pourpre, c’est-à-dire les
Murex (Murex) et les Pourpres (Purpura). Les
premiers de ces Mollusques, surtout, sont extrêmement beaux en raison de leurs coquilles fantaisistes abondamment ornées de protubérances.
Parmi les Monotocardes, on peut encore citer:
Aporrhais pes-pelecanï, c’est-à-dire ”pied-de-Pélican”, et les jolis coquillages dont les vives couleurs et la surface brillante évoquent la porcelaine
et qu’on porte à l’oreille pour "entendre le bruit
de la mer”; ils appartiennent au groupe des Cypraea. Ce sont des Gastéropodes d’un fort bel
aspect comme le souligne leur nom, Cypris qualifiant la Vénus Aphrodite. Enfin, pour terminer
l’étude des Prosobranches, nous dirons quelques
mots des Hétéropodes. Ce sont des Mollusques
pélagiques, transparents, au pied servant d’organe
natatoire. Parmi eux on peut citer les Carinaria,
au corps allongé, resserré sur les côtés et se terminant par deux nageoires verticales, l’une ventrale et l’autre dorsale. Les Hétéropodes vivent
surtout dans les eaux tropicales et sub-tropicales.
La classe des Aplacophores
ou Solénogastres
Anciennement, on groupait dans les ”Amphineures” les Mollusques constituant les deux classes actuelles des Aplacophores, ou Solénogastres,
et des Polyplacophores. Actuellement, on préfère
considérer les deux classes comme nettement distinctes sans accorder une importance exagérée à
des ressemblances que l’anatomie du système nerveux met en évidence, mais qui ne se retrouvent
pas dans les autres caractères. Les Aplacophores
sont dépourvus de plaques calcaires protectrices;
pratiquement, ces Mollusques se trouvent dans
toutes les mers, à presque toutes les profondeurs
sauf dans les régions littorales. Ce sont des animaux d’un aspect généralement vermiforme, parfois quelque peu trapu; on y distingue une quarantaine de genres, parmi lesquels les plus connus
et les plus étudiés sont les genres: Chrystallophrisson. Neomenia et Proneomenia. Ils sont très
différents de tous les autres Mollusques car, outre
qu’ils sont toujours dépourvus de coquille, ils sont
également privés de pied et il est pratiquement
impossible, à première vue, de pouvoir distinguer
leur extrémité antérieure de leur extrémité postérieure. Leur corps est revêtu d’une cuticule
armée de spiculés calcaires. Sur leur dos on note
souvent de petites papilles alors que sur leur face
centrale — sauf chez les Chrystallophrisson — il
existe un long sillon allant de la région buccale
à la région anale et venant parfois confluer avec
l’ouverture du cloaque. Ce sillon est recouvert
d’un épithélium cilié et fonctionne comme organe
de locomotion. Dans beaucoup d’espèces la partie
postérieure du corps se replie pour former une
sorte de chambre en communication avec l’extérieur, dans laquelle débouche l’anus et qu’on désigne généralement par le nom de cloaque. On y
Ci-dessus: Le Nudibranche ”Archidoris pseudoargns” déposant un ruban d’œufs.
trouve des branchies qui ne sont pas autre chose
que des replis plus ou moins compliqués de la face
interne. La bouche s’ouvre ventralement, presque
à l’extrémité antérieure du corps, et se continue
par un tube digestif présentant un long caecum
dorsal formé par un diverticule de l’intestin s’étendant parallèlement à lui; plusieurs petits caecums ou diverticules latéraux sont disposés en
deux rangées, l’une à droite et l’autre à gauche.
Il existe aussi de grosses glandes salivaires.
Presque tout le corps des Aplacophores est
rempli d’un tissu conjonctif ainsi que de fibres
musculaires disposées longitudinalement; à l’arrière, on trouve la cavité péricardique, qui contient
le cœur, lequel est formé d’une oreillette et d’un
ventricule souvent difficiles à identifier en raison
de leur structure extrêmement primitive. Du cœur
part un vaisseau dorsal qui se dirige vers l’avant:
mais il n’existe pas d’autres vaisseaux si bien que
la circulation est de type lacunaire. Autour du
tube digestif, il existe une cavité remplie de sang.
Le système nerveux est très caractéristique: il
est constitué par un anneau entourant la portion
antérieure du tube digestif et présentant des épaississements ou ganglions. De cet anneau partent
vers l’arrière quatre cordons nerveux: deux latéraux sont dits cordons pleuraux, et deux ventraux
sont appelés cordons pédieux; ils se réunissent à
différentes reprises postérieurement au moyen d’une grosse commissure transversale. De nombreuses et fines commissures se trouvent en outre le
long du parcours des quatre cordons. Les yeux et
les organes de l’équilibre font défaut; en revanche
il semble que les papilles qui se trouvent sur le
dos de l’animal remplissent des fonctions sensorielles; chez certains Aplacophores on trouve aus467
Précédent

- 466/557

Suivant