leurs de la toile à son poste de guet, grâce à des
fils tendus de manière à vibrer au moindre contact.
Dès qu’une proie tombe dans le filet, l’Araignée
sort de sa cachette et accourt pour réduire sa victime à l’impuissance. Elle laisse tomber sur elle
une petite goutte de soie, et la fait tourner comme
”un poulet à la broche” en continuant à émettre
des fils.
Si la proie est un Insecte de grande taille, armé
de robustes mandibules ou d’un redoutable aiguillon, l’Araignée emploie une autre méthode:
restant hors de portée de l’adversaire, elle lui lance
d’épais écheveaux de soie, jusqu’à ce qu’il soit
complètement immobilisé. Elle se jette alors sur
lui et lui injecte son venin.
La victime peut d’ailleurs ne pas être tuée,
mais simplement paralysée. L’Araignée ne la
”mange” pas, au véritable sens du terme, mais se
contente de sucer son hémolymphe. Quand elle
a terminé son repas — qui peut durer des heures
entières — elle rejette la dépouille de la victime
complètement vidée et desséchée.
Araneus cucurbitinus, Araignée commune à
l’abdomen vert et jaune, et Meta segmentata, au
corps vert tacheté de jaune et de marron, tissent
également de belles toiles régulières, tendues obliquement entre les branches.
L’Épeire fasciée (Argiope bruennichi ou Epeira
fasciata), à l’abdomen allongé, de couleur claire,
rayé de bandes transversales sombres qui se continuent sur les pattes, tisse une toile très caractéristique: celle-ci est orbiculaire et rayonnée comme celle de l’Épeire diadème, mais elle s’en distingue par deux rubans de soie disposés en zigzags
le long d’un diamètre.
Les toiles de Zygiella X-notata ressemblent
également à celles de l’Épeire diadème, mais elles
sont toujours interrompues au même endroit, la
spirale laissant libres deux secteurs du demi-cercle
supérieur. Les raisons de cette particularité ne
sont pas encore connues.
Certaines espèces du genre Tetragnatha ont
un comportement non moins inexplicable: elles
construisent des toiles parfaitement régulières, et
dès que le travail est achevé, elles en détruisent
le centre.
Chez les Cyclosa, la régularité de la trame
disparaît sous un travail de consolidation obtenu
à grand renfort de bandes de soie disposées en
désordre, et sous un camouflage de détritus végétaux.
Hyptiotes paradoxus, qui appartient non aux Argiopidés, mais aux Uloboridés, ne construit qu’un
secteur de toile orbiculaire et relie le centre de
son ouvrage à sa cachette établie dans le feuillage.
En général, ces Araignées ne construisent pas
de véritable cachette, mais restent aux aguets sur
la toile elle-même, ou dans la végétation voisine.
Mais Araneus quadratus fabrique une petite cloche de soie ouverte vers le haut, à proximité de
sa toile tendue près du sol, dans la végétation
humide. Une espèce très répandue au Vénézuela,
Spïlasma arttfex, construit une toile orbiculaire
et horizontale, dont le centre est soutenu par un
nid en forme de fuseau qui est lui-même suspendu
à une branche d’arbre par un long fil.
Les Araignées porte-bonheur
Les Linyphiidés, communément appelées ”Araignées porte-bonheur”, ont un corps minuscule et
de longues pattes fines. Dans les troncs d’arbres
L’Argiope tisse une toile orbiculaire et rayonnée comme celle de l’Épeire diadème;
mais' elle "signe” son ouvrage de deux rubans de soie disposés en zigzags le long
d’un diamètre.
creux et dans les buissons, elles tissent des toiles
horizontales au-dessus et au-dessous desquelles
sont tendus de nombreux fils destinés à retenir
la proie. Citons, parmi elles, la Linyphie de montagne (Linyphia montana) qui est très répandue
sous les climats tempérés; elle a un céphalothorax
brun et un abdomen blanchâtre orné d’une plaque
sombre.
Parmi les Agélénidés, représentés dans le
monde entier et particulièrement répandus en
Europe et en Afrique du nord, certaines Agélènes
fabriquent des toiles horizontales et construisent
des refuges en forme de tube ou d’entonnoir.
Agelena labyrinthica abonde dans les prairies
ensoleillées à végétation basse; elle a un abdomen
jaune ou verdâtre, tacheté de gris, et un corselet
fauve orné de deux bandes noires. Elle tend une
toile délicate, en forme d’entonnoir, dont la base
se prolonge par un tube aux parois épaisses; de
plus, elle prend grand soin de son nid et utilise
des feuilles sèches pour le protéger de la pluie
ou des ardeurs du soleil.
379
Agélènes
et Tégénaires
Précédent

- 378/557

Suivant