Épeire diadème aux prises avec une petite proie. Dès que la victime est immobilisée,
l’Araignée se jette sur elle et lui injecte son venin. La proie n’est parfois que paralysée, mais elle ne peut plus se débattre et endommager la toile.
présente comme un liquide visqueux; elle sort par
les orifices des filières, et passe à travers le ”cribellum”, sorte de plaque perforée de nombreux
trous qui recouvre les filières; elle est alors divisée
en fils nombreux qui se solidifient peu à peu au
contact de l’air, et qui sont enroulés en écheveau
par le ”calamistrum”, petit organe situé sur les
pattes de la dernière paire. Toutes les Araignées
ne sont pas munies d’un cribellum, et certaines
classifications tiennent compte de ce fait pour
diviser les Araignées en Cribellates et Acribellates.
En outre, beaucoup sont dépourvues de calamistrum; pour carder la soie, elles ne disposent que
de griffes recourbées ou dentelées, ou encore, de
touffes de poils rigides placées sur les tarses, etc.
Les organes tisseurs des Araignées sont si perfectionnés que l’animal peut faire fonctionner à
volonté toutes les filières, ou seulement certaines
d’entre elles, suivant le travail qu’il veut effectuer,
et suivant la quantité de matière première dont
il dispose. La production de la soie absorbe en
effet une grande partie des réserves de l’organisme qui ne peut absolument pas récupérer le
matériau élaboré: une Araignée qui remonte le
long de son fil ne l’avale pas, comme on pourrait
le croire, mais se contente de l’enrouler autour
de ses pattes.
La soie produite est employée à divers usages:
elle sert à envelopper les œufs, à construire le
refuge qui abrite l’Araignée et sa progéniture, à
immobiliser une proie, et surtout, à la capturer.
Chaque espèce construit son nid et ses pièges suivant un schéma particulier; il en est qui exécutent
des ensembles géométriques à mailles régulières,
d’autres qui tissent des toiles épaisses, et d’autres
qui se contentent d’entrelacer quelques fils d’une
manière désordonnée.
Dans le texte, nous ne suivrons pas la classification détaillée, donnée sur le tableau de la page
374, et nous aborderons les Araignées en étudiant
leurs différentes techniques de tissage; nous n’examinerons que les formes les plus intéressantes.
Argiopes et Épeires
L’Épeire diadème (Araneus diadematus ou Epeira diademata), encore appelée Araignée portecroix, appartient à la famille cosmopolite des Argicpidés. Elle tend sa toile entre deux arbres, ou
deux buissons, parfois fort éloignés l’un de l’autre,
et se rencontre aussi bien dans les bois que dans
les jardins. Elle porte une tache brillante en forme de croix, qui tranche sur la teinte gris brunâtre de son corps gros et lisse, mesurant à peu
près 1,5 cm. de long; de nombreuses petites taches
blanches dessinent un triangle autour de cette
croix.
L’Épeire diadème sort de sa cachette à la
tombée de la nuit, et gagne l’extrémité d’une
branche où elle reste longtemps immobile. Si le
temps et l’endroit paraissent propices, elle émet
une minuscule goutte de soie pour s’accrocher à
une feuille, et se laisse tomber dans le vide, les
pattes tendues. En tombant, elle continue à sécréter un fil qui se consolide immédiatement au
contact de l’air. Brusquement, mais sans aucune
secousse, elle interrompt sa chute et se retourne,
la tête en haut; elle commence alors à grimper
le long du premier fil, tout en sécrétant un second fil qu’elle extrait de ses filières en se servant
de ses deux pattes postérieures. Une fois revenue
à son point de départ, elle s’arrête un instant, non
pour se reposer, mais pour attendre que la nature
lui vienne en aide sous la forme d’un léger souffle
d’air qui suffit à soulever le double fil dont l’extrémité libre va se fixer à une autre branche.
L’Araignée dispose maintenant de la ”corde”
qui soutiendra toute la construction; mais avant
de continuer son ouvrage, elle parcourt cette corde
plusieurs fois et la renforce de nombreux fils parallèles. De nouveau revenue à son point de départ,
elle se laisse tomber dans le vide afin d’établir un
troisième point d’attache. Elle construit ainsi une
charpente ayant la forme d’un triangle plus ou
moins régulier. Ayant tracé la médiane de ce
triangle, elle se porte au centre — qui sera le
centre de la toile — et, à partir de ce point, elle
tend de nombreux rayons qu’elle fixe aux côtés
du triangle. Ceci fait, elle revient au centre, et
tout en émettant un fil continu, elle trace une
spirale qui touche l’un après l’autre tous les
rayons de la trame. La spirale obtenue est si régulière qu’elle paraît formée d’une série de cercles
concentriques.
Pour terminer, l’Araignée relie différents sec378
l’Araignée se jette sur elle et lui injecte son venin. La proie n’est parfois que paralysée, mais elle ne peut plus se débattre et endommager la toile.
présente comme un liquide visqueux; elle sort par
les orifices des filières, et passe à travers le ”cribellum”, sorte de plaque perforée de nombreux
trous qui recouvre les filières; elle est alors divisée
en fils nombreux qui se solidifient peu à peu au
contact de l’air, et qui sont enroulés en écheveau
par le ”calamistrum”, petit organe situé sur les
pattes de la dernière paire. Toutes les Araignées
ne sont pas munies d’un cribellum, et certaines
classifications tiennent compte de ce fait pour
diviser les Araignées en Cribellates et Acribellates.
En outre, beaucoup sont dépourvues de calamistrum; pour carder la soie, elles ne disposent que
de griffes recourbées ou dentelées, ou encore, de
touffes de poils rigides placées sur les tarses, etc.
Les organes tisseurs des Araignées sont si perfectionnés que l’animal peut faire fonctionner à
volonté toutes les filières, ou seulement certaines
d’entre elles, suivant le travail qu’il veut effectuer,
et suivant la quantité de matière première dont
il dispose. La production de la soie absorbe en
effet une grande partie des réserves de l’organisme qui ne peut absolument pas récupérer le
matériau élaboré: une Araignée qui remonte le
long de son fil ne l’avale pas, comme on pourrait
le croire, mais se contente de l’enrouler autour
de ses pattes.
La soie produite est employée à divers usages:
elle sert à envelopper les œufs, à construire le
refuge qui abrite l’Araignée et sa progéniture, à
immobiliser une proie, et surtout, à la capturer.
Chaque espèce construit son nid et ses pièges suivant un schéma particulier; il en est qui exécutent
des ensembles géométriques à mailles régulières,
d’autres qui tissent des toiles épaisses, et d’autres
qui se contentent d’entrelacer quelques fils d’une
manière désordonnée.
Dans le texte, nous ne suivrons pas la classification détaillée, donnée sur le tableau de la page
374, et nous aborderons les Araignées en étudiant
leurs différentes techniques de tissage; nous n’examinerons que les formes les plus intéressantes.
Argiopes et Épeires
L’Épeire diadème (Araneus diadematus ou Epeira diademata), encore appelée Araignée portecroix, appartient à la famille cosmopolite des Argicpidés. Elle tend sa toile entre deux arbres, ou
deux buissons, parfois fort éloignés l’un de l’autre,
et se rencontre aussi bien dans les bois que dans
les jardins. Elle porte une tache brillante en forme de croix, qui tranche sur la teinte gris brunâtre de son corps gros et lisse, mesurant à peu
près 1,5 cm. de long; de nombreuses petites taches
blanches dessinent un triangle autour de cette
croix.
L’Épeire diadème sort de sa cachette à la
tombée de la nuit, et gagne l’extrémité d’une
branche où elle reste longtemps immobile. Si le
temps et l’endroit paraissent propices, elle émet
une minuscule goutte de soie pour s’accrocher à
une feuille, et se laisse tomber dans le vide, les
pattes tendues. En tombant, elle continue à sécréter un fil qui se consolide immédiatement au
contact de l’air. Brusquement, mais sans aucune
secousse, elle interrompt sa chute et se retourne,
la tête en haut; elle commence alors à grimper
le long du premier fil, tout en sécrétant un second fil qu’elle extrait de ses filières en se servant
de ses deux pattes postérieures. Une fois revenue
à son point de départ, elle s’arrête un instant, non
pour se reposer, mais pour attendre que la nature
lui vienne en aide sous la forme d’un léger souffle
d’air qui suffit à soulever le double fil dont l’extrémité libre va se fixer à une autre branche.
L’Araignée dispose maintenant de la ”corde”
qui soutiendra toute la construction; mais avant
de continuer son ouvrage, elle parcourt cette corde
plusieurs fois et la renforce de nombreux fils parallèles. De nouveau revenue à son point de départ,
elle se laisse tomber dans le vide afin d’établir un
troisième point d’attache. Elle construit ainsi une
charpente ayant la forme d’un triangle plus ou
moins régulier. Ayant tracé la médiane de ce
triangle, elle se porte au centre — qui sera le
centre de la toile — et, à partir de ce point, elle
tend de nombreux rayons qu’elle fixe aux côtés
du triangle. Ceci fait, elle revient au centre, et
tout en émettant un fil continu, elle trace une
spirale qui touche l’un après l’autre tous les
rayons de la trame. La spirale obtenue est si régulière qu’elle paraît formée d’une série de cercles
concentriques.
Pour terminer, l’Araignée relie différents sec378
