A l’ordre des Scolopendromorphes ou Scolopendres, appartient le genre Scolopendra; il est
représenté par de nombreuses espèces. Parmi elles, Scolopendra cingulata ou Scolopendra morsitans peut atteindre de grandes dimensions; en Asie
Mineure par exemple, elle mesure jusqu’à 17 cm.
de long. Son corps déprimé est lisse et brillant; il
se compose de la tête et de 21 segments recouverts
d’autant de plaques sur leur partie dorsale. Chaque segment porte une paire de courtes pattes
robustes terminées par de fortes griffes; celles de
la dernière paire, plus longues et plus grosses que
les autres, sont épineuses. Les antennes sont courtes. L’appareil buccal sert à saisir et à déchirer les
petites proies. L’animal est d’un brun jaunâtre
rayé de bandes transversales olivâtres. Il se reproduit en pondant, dans le sol, des oeufs d’où sortiront des petits tout à fait comparables à leurs
parents. Les Scolopendres de grande taille abondent dans les régions chaudes: Scolopendra morsitans peut atteindre, en Afrique septentrionale, 12
cm. de long; Scolopendra subspinipes des pays tropicaux en mesure une vingtaine; enfin, en Amérique du sud, Scolopendra gigantea mérite bien son
nom spécifique, avec ses 26 cm. environ.
Les Géophilomorphes, ou Géophiles, groupent
de nombreuses espèces qui appartiennent à différents genres, mais qui sont toutes caractérisées
par un long corps aplati, ou même filiforme, composé d’un grand nombre de segments portant chacun une paire de courtes pattes.
Le Géophile carpophage (Geophilus carpophagus), par exemple, mesure de 40 à 55 mm. de long,
alors qu’il n’en dépasse pas 2,5 de large. Son corps
lisse et brillant, qui s’amenuise encore aux deux
extrémités, est d’une teinte jaune brunâtre. Le
tronc comprend de 49 à 61 segments, chacun portant une paire de petites pattes. Un aussi grand
nombre de membres locomoteurs n’est pas pour
faciliter la coordination des mouvements; si bien
que le Géophile, avec ses 98-122 pattes, est beaucoup moins agde et beaucoup moins rapide qu’une
Lithobie qui n’en possède que 30. Par contre, cet
Arthropode possède la curieuse propriété de se
déplacer aussi bien en reculant qu’en avançant, et
quand on l’observe à l’oeil nu, il est parfois difficile de distinguer la tête de l’extrémité postérieure. Les Géophiles sont typiquement terricoles;
ils passent la journée cachés dans l’humus, sous la
mousse, les pierres ou les écorces, et ne sortent
que la nuit pour chasser les Insectes. Certains sont
phosphorescents: on a pu observer à plusieurs
reprises que certaines espèces, appartenant aux
genres: Geophilus, Orya, Scolioplanes, et Stigmatogaster, émettent une sécrétion assez luminescente pour laisser une trace lumineuse sur leur
passage.
Des Géophiles, représentant de nombreux genres différents, vivent en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique. Parmi eux, il faut citer: les
Mecistocephalus dont les antennes sont assez longues et dont les pattes-mâchoires sont si développées qu’elles dépassent le bord antérieur de la
tête; les Dignathodon, et en particulier Dignathodon microcephalum, reconnaissable à l’aspect
filiforme des parties antérieure et moyenne de son
corps, à sa lame céphalique extrêmement réduite,
à sa couleur jaune roussâtre, et à sa petite taille
(26 à 50 mm. de long, sur 0,8 à 1,2 de large). Ce
Géophile vit de préférence en montagne, dans les
terrains non boisés, secs, pierreux et ensoleillés.
Quant à Himantarium gabrielis, c’est sans aucun doute l’un des plus grands représentants de
ce groupe des Géophilomorphes, avec ses 20 cm.
de long environ et ses 7 mm. de large; malgré sa
taille imposante, il est absolument inoffensif, et
se nourrit, comme tous les autres Géophiles, d’insectes, de Vers, de Crustacés et de Mollusques,
qu’il trouve dans le sol et sous les cailloux.
Les Myriapodes
Contrairement aux Chilopodes, les Myriapodes
ont des téguments calcifiés, plus ou moins durs,
et un corps cylindrique ou semi-cylindrique, ou
encore de forme variable. Leur appareil buccal
n’est jamais complété par des pattes-mâchoires.
Tous les segments de leur tronc, ou presque tous,
portent une paire de membres locomoteurs; cependant, dans de nombreux groupes, chaque anneau — formé par la fusion plus ou moins complète de deux segments — porte deux paires de
pattes (d’où le nom de ”Diplopodes” donné aux
Ci-dessus: Myriapode de l’ordre des Diplopodes; les segments du tronc, sauf les
quatre premiers, portent chacun deux paires de pattes.
Au-dessous: Iule ”Schizophyllum sabulosum” répandu en Europe et décrit pour la
première fois par Charles de Linné, en 1758.
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