Ci-dessus: Oeufs de Ver à soie très agrandis. Petits et jaunâtres, ils sont pondus
par la femelle au nombre d’environ 500 à la fois. Au dessous: Ver à soie mangeant
une feuille de mûrier, sa nourriture exclusive.
Ci-dessus: Cocons dans lesquels s’enveloppent les Vers à soie avec beaucoup d’habileté. Ils sécrètent un fil dont la longueur atteint parfois 1500 mètres. Au dessous:
Bombyx de la soie venant de sortir de leur cocon.
en effet, depuis des millénaires, il a été domestiqué et soigné par l’Homme, à tel point que, abandonné à lui même, en liberté, il est incapable de
se nourrir et meurt à brève échéance. A propos
justement de la vie en captivité de ces Insectes
il faut retenir que les femelles sont incapables de
voler même si elles agitent violemment leurs ailespar contre, les mâles, eux, peuvent prendre leur
vol. Les adultes sont des Papillons paresseux, au
corps trapu, court, mesurant trois centimètres de
long; leur petite tête, aux grands yeux, possède
une trompe rudimentaire; aussi se nourrissent-ils
avec difficulté. Chez le mâle les antennes ont la
forme d’un peigne double; chez les femelles, elles
sont dentelées. Les ailes sont blanchâtres, celles
de devant portent des raies sombres. Les femelles
sont munies de deux glandes sécrétant des substances odorantes qui attirent les mâles. Chaque femelle peut pondre jusqu’à cinq cents œufs; ensuite
naissent les chenilles qui sont munies d’une sorte
de petite saillie cornée sur le onzième segment de
leur corps et de huit paires de fausses pattes.
Nous étudierons le cycle biologique du Ver à soie
en décrivant son élevage.
Les œufs sont petits et jaunes; dès le début
de l’été jusqu’au printemps de l’année suivante,
on les conserve dans une pièce froide où toutefois
la température ne doit jamais être inférieure à
deux degrés. Ces œufs appelés « semence » sont
placés, au printemps, dans une couveuse au moment où, selon un dicton populaire, « les feuilles
des mûriers atteignent la taille d’un écu »; l’éclosion a lieu quinze ou vingt jours après. Les œufs,
dans leur couveuse, changent de couleur, deviennent très clairs et laissent apercevoir les larves
par transparence. Celles-ci ont la forme d’un demicercle; on reconnaît la tête, comparable à un petit
point noir. Les larves ne sortent de l’œuf que le
matin, depuis l’aube jusqu’à dix heures environ.
La chenille qui vient de naître mesure deux millimètres de long, son corps est hérissé de poils
sombres; elle ressemble à une boule minuscule
bardée d’épingles.
Elle commence aussitôt à se nourrir avec une
voracité extraordinaire. Les éleveurs lui donnent
des feuilles d’abord coupées en petits morceaux,
puis entières. La feuille du mûrier doit être cueillie
dans l’après-midi lorsqu’elle est gorgée de substances sucrées; il ne faut cependant la donner au
Ver à sbie que le lendemain matin, après l’avoir
laissée toute la nuit dans une pièce fraîche. La
chenille grandit très vite et perd peu à peu les
poils qu’elle portait au moment de sa naissance.
Avant de filer son cocon, elle subit quatre mues,
c’est-à-dire qu’elle change quatre fois de tégument
pour accomplir sa croissance. Pendant sa mue, le
Ver à soie jeûne; avant de rejeter son enveloppe,
il prend une posture caractéristique: il demeure
immobile pendant des heures, la partie antérieure
du corps étant verticale, et la tête baissée. Les
périodes situées entre deux mues sont appelées
« âges ». Les éleveurs doivent nettoyer chaque
jour les litières où vivent les Vers, et où ceux-ci
déposent leurs excréments et les dépouilles de
leur mue.
Mais l’éleveur doit s’astreindre aussi à une
autre tâche importante: il lui faut nettoyer et
désinfecter les pièces, car les Vers à soie sont
sujets à des maladies, toutes très contagieuses,
qui, lorsqu’elles se manifestent, risquent de détruire rapidement tout l’élevage. A l’âge de trentecinq jours, le Ver à soie atteint sa dernière mue;
il mesure alors huit centimètres de long et pèse
298
par la femelle au nombre d’environ 500 à la fois. Au dessous: Ver à soie mangeant
une feuille de mûrier, sa nourriture exclusive.
Ci-dessus: Cocons dans lesquels s’enveloppent les Vers à soie avec beaucoup d’habileté. Ils sécrètent un fil dont la longueur atteint parfois 1500 mètres. Au dessous:
Bombyx de la soie venant de sortir de leur cocon.
en effet, depuis des millénaires, il a été domestiqué et soigné par l’Homme, à tel point que, abandonné à lui même, en liberté, il est incapable de
se nourrir et meurt à brève échéance. A propos
justement de la vie en captivité de ces Insectes
il faut retenir que les femelles sont incapables de
voler même si elles agitent violemment leurs ailespar contre, les mâles, eux, peuvent prendre leur
vol. Les adultes sont des Papillons paresseux, au
corps trapu, court, mesurant trois centimètres de
long; leur petite tête, aux grands yeux, possède
une trompe rudimentaire; aussi se nourrissent-ils
avec difficulté. Chez le mâle les antennes ont la
forme d’un peigne double; chez les femelles, elles
sont dentelées. Les ailes sont blanchâtres, celles
de devant portent des raies sombres. Les femelles
sont munies de deux glandes sécrétant des substances odorantes qui attirent les mâles. Chaque femelle peut pondre jusqu’à cinq cents œufs; ensuite
naissent les chenilles qui sont munies d’une sorte
de petite saillie cornée sur le onzième segment de
leur corps et de huit paires de fausses pattes.
Nous étudierons le cycle biologique du Ver à soie
en décrivant son élevage.
Les œufs sont petits et jaunes; dès le début
de l’été jusqu’au printemps de l’année suivante,
on les conserve dans une pièce froide où toutefois
la température ne doit jamais être inférieure à
deux degrés. Ces œufs appelés « semence » sont
placés, au printemps, dans une couveuse au moment où, selon un dicton populaire, « les feuilles
des mûriers atteignent la taille d’un écu »; l’éclosion a lieu quinze ou vingt jours après. Les œufs,
dans leur couveuse, changent de couleur, deviennent très clairs et laissent apercevoir les larves
par transparence. Celles-ci ont la forme d’un demicercle; on reconnaît la tête, comparable à un petit
point noir. Les larves ne sortent de l’œuf que le
matin, depuis l’aube jusqu’à dix heures environ.
La chenille qui vient de naître mesure deux millimètres de long, son corps est hérissé de poils
sombres; elle ressemble à une boule minuscule
bardée d’épingles.
Elle commence aussitôt à se nourrir avec une
voracité extraordinaire. Les éleveurs lui donnent
des feuilles d’abord coupées en petits morceaux,
puis entières. La feuille du mûrier doit être cueillie
dans l’après-midi lorsqu’elle est gorgée de substances sucrées; il ne faut cependant la donner au
Ver à sbie que le lendemain matin, après l’avoir
laissée toute la nuit dans une pièce fraîche. La
chenille grandit très vite et perd peu à peu les
poils qu’elle portait au moment de sa naissance.
Avant de filer son cocon, elle subit quatre mues,
c’est-à-dire qu’elle change quatre fois de tégument
pour accomplir sa croissance. Pendant sa mue, le
Ver à soie jeûne; avant de rejeter son enveloppe,
il prend une posture caractéristique: il demeure
immobile pendant des heures, la partie antérieure
du corps étant verticale, et la tête baissée. Les
périodes situées entre deux mues sont appelées
« âges ». Les éleveurs doivent nettoyer chaque
jour les litières où vivent les Vers, et où ceux-ci
déposent leurs excréments et les dépouilles de
leur mue.
Mais l’éleveur doit s’astreindre aussi à une
autre tâche importante: il lui faut nettoyer et
désinfecter les pièces, car les Vers à soie sont
sujets à des maladies, toutes très contagieuses,
qui, lorsqu’elles se manifestent, risquent de détruire rapidement tout l’élevage. A l’âge de trentecinq jours, le Ver à soie atteint sa dernière mue;
il mesure alors huit centimètres de long et pèse
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