meilleurs pâturages en étendues couvertes d’épines.
La classification des Lépidoptères est loin d’être
simple. Les espèces sont très nombreuses (100 000
au moins, pour 1 million d’insectes actuellement
connus) et présentent une certaine uniformité.
Les caractères auxquels on se réfère le plus souvent pour les distinguer sont: la nervation des
ailes, où chaque modification de détail paraît
avoir une grande importance, les palpes, la trompe,
les antennes, la présence ou l’absence de frein,
1 appareil génital, la morphologie des larves et
des chrysalides. Bien entendu, les classifications
varient suivant qu’elles accordent la plus grande
valeur à tel caractère plutôt qu’à tel autre; néanmoins, on s’entend désormais pour diviser l’ordre
des Lépidoptères en deux sous-ordres: celui des
Hétéroneures et celui des Homoneures.
Dans le sous-ordre des Hétéroneures (du grec:
nervures différentes), les ailes postérieures sont
plus développées que les antérieures et présentent
une nervation différente. Chez les Homoneures
au contraire, qui ne comptent actuellement qu’un
petit nombre d’espèces, survivantes de groupes
primitifs, les ailes postérieures et antérieures, très
semblables, ont le même nombre de nervures,
disposées de la même façon.
Les Hétéroneures sont à leur tour divisés en
deux: les Ditrysiens et les Monotrysiens. Chez
les premiers — qui groupent le plus grand nombre
d’espèces vivantes — les femelles possèdent deux
ouvertures génitales, une pour l’accouplement et
l’autre pour la ponte, et leurs ailes sont dépourvues
de poils. Chez les seconds, représentés par quelques
rares familles, les femelles n’ont qu’une seule
ouverture génitale, et leurs ailes antérieures sont
recouvertes non seulement d’écailles, mais encore
de petits poils (microtriches).
Enfin, les Ditrysiens sont eux-mêmes subdivisés
en deux: Rhopalocères et Hétérocères.
Les Papillons diurnes
Sous le nom de ”Rhopalocères” (du grec: antennes en massue), on groupe généralement les
Papillons diurnes. Cependant, il est assez malaisé
d’en donner une définition exacte. En principe,
peuvent être considérés comme Rhopalocères: les
Papillons diurnes dont les antennes se terminent
en massue, dont les nymphes sont nues, et dont
les ailes se tiennent jointes et verticales au repos.
Ils comprennent une quinzaine de familles.
La famille des Nymphalidés
La famille des Nymphalidés comprend de nombreuses sous-familles. Chez les Satyrinés les espèces sont de taille petite ou moyenne, rarement
grande, les ailes antérieures présentent au moins
une nervure dilatée ou vésiculaire à la base.
Beaucoup sont sylvicoles, d’autres, comme les
Erebia, vivent en montagne. La coloration est
généralement sombre, et la couleur dominante est
le brun; les ailes sont ornées de dessins et de
taches ocellées de teintes peu voyantes, constituant un excellent camouflage. Même de près, il
est difficile de voir où l’animal se pose. Pendant
leur vol irrégulier, rapide et plané chez certaines
espèces, ces Papillons se tiennent assez bas, échappant très vite à la vue d’un observateur.
Il semble que les nervures creuses, vésiculaires
et dilatées, soient les chambres de résonance d un
"Zerinthia hypsipyte”, Papilionidé de taille moyenne, orné d’un dessin compliqué,
noir, bleu et rouge, sur fond jaune. Sa chenille vit sur les aristoloches.
appareil récepteur de sons.
Les œufs sont généralement ovalaires, réticulés
ou côtelés. Ils donnent naissance à des chenilles
fusiformes, à tête arrondie, dont le corps se termine par deux protubérances pointues. Colorées
de vert ou de brun, avec différentes sortes de
rayures longitudinales, elles sont nues ou revêtues
d’une courte pubescence, et se nourrissent surtout
de graminées. Pour se transformer en chrysalides,
elles peuvent s’enfoncer sous terre, s’isoler dans
un cocon rudimentaire, se fixer à un support quelconque, ou rester libres parmi les détritus végétaux.
Satyres, Vanesses, Morphos, etc.
Les Satyrinés comptent de nombreux représentants en Europe. Le Silène (Brintesia circe), le
plus grand de tous, se rencontre en juillet-août;
ses ailes, dont l’envergure peut atteindre 68 mm.,
sont d’un brun sombre, presque noir, et traversées
d’une bande blanche qui se décompose en taches
sur les ailes antérieures. La pointe de celles-ci
287
La classification des Lépidoptères est loin d’être
simple. Les espèces sont très nombreuses (100 000
au moins, pour 1 million d’insectes actuellement
connus) et présentent une certaine uniformité.
Les caractères auxquels on se réfère le plus souvent pour les distinguer sont: la nervation des
ailes, où chaque modification de détail paraît
avoir une grande importance, les palpes, la trompe,
les antennes, la présence ou l’absence de frein,
1 appareil génital, la morphologie des larves et
des chrysalides. Bien entendu, les classifications
varient suivant qu’elles accordent la plus grande
valeur à tel caractère plutôt qu’à tel autre; néanmoins, on s’entend désormais pour diviser l’ordre
des Lépidoptères en deux sous-ordres: celui des
Hétéroneures et celui des Homoneures.
Dans le sous-ordre des Hétéroneures (du grec:
nervures différentes), les ailes postérieures sont
plus développées que les antérieures et présentent
une nervation différente. Chez les Homoneures
au contraire, qui ne comptent actuellement qu’un
petit nombre d’espèces, survivantes de groupes
primitifs, les ailes postérieures et antérieures, très
semblables, ont le même nombre de nervures,
disposées de la même façon.
Les Hétéroneures sont à leur tour divisés en
deux: les Ditrysiens et les Monotrysiens. Chez
les premiers — qui groupent le plus grand nombre
d’espèces vivantes — les femelles possèdent deux
ouvertures génitales, une pour l’accouplement et
l’autre pour la ponte, et leurs ailes sont dépourvues
de poils. Chez les seconds, représentés par quelques
rares familles, les femelles n’ont qu’une seule
ouverture génitale, et leurs ailes antérieures sont
recouvertes non seulement d’écailles, mais encore
de petits poils (microtriches).
Enfin, les Ditrysiens sont eux-mêmes subdivisés
en deux: Rhopalocères et Hétérocères.
Les Papillons diurnes
Sous le nom de ”Rhopalocères” (du grec: antennes en massue), on groupe généralement les
Papillons diurnes. Cependant, il est assez malaisé
d’en donner une définition exacte. En principe,
peuvent être considérés comme Rhopalocères: les
Papillons diurnes dont les antennes se terminent
en massue, dont les nymphes sont nues, et dont
les ailes se tiennent jointes et verticales au repos.
Ils comprennent une quinzaine de familles.
La famille des Nymphalidés
La famille des Nymphalidés comprend de nombreuses sous-familles. Chez les Satyrinés les espèces sont de taille petite ou moyenne, rarement
grande, les ailes antérieures présentent au moins
une nervure dilatée ou vésiculaire à la base.
Beaucoup sont sylvicoles, d’autres, comme les
Erebia, vivent en montagne. La coloration est
généralement sombre, et la couleur dominante est
le brun; les ailes sont ornées de dessins et de
taches ocellées de teintes peu voyantes, constituant un excellent camouflage. Même de près, il
est difficile de voir où l’animal se pose. Pendant
leur vol irrégulier, rapide et plané chez certaines
espèces, ces Papillons se tiennent assez bas, échappant très vite à la vue d’un observateur.
Il semble que les nervures creuses, vésiculaires
et dilatées, soient les chambres de résonance d un
"Zerinthia hypsipyte”, Papilionidé de taille moyenne, orné d’un dessin compliqué,
noir, bleu et rouge, sur fond jaune. Sa chenille vit sur les aristoloches.
appareil récepteur de sons.
Les œufs sont généralement ovalaires, réticulés
ou côtelés. Ils donnent naissance à des chenilles
fusiformes, à tête arrondie, dont le corps se termine par deux protubérances pointues. Colorées
de vert ou de brun, avec différentes sortes de
rayures longitudinales, elles sont nues ou revêtues
d’une courte pubescence, et se nourrissent surtout
de graminées. Pour se transformer en chrysalides,
elles peuvent s’enfoncer sous terre, s’isoler dans
un cocon rudimentaire, se fixer à un support quelconque, ou rester libres parmi les détritus végétaux.
Satyres, Vanesses, Morphos, etc.
Les Satyrinés comptent de nombreux représentants en Europe. Le Silène (Brintesia circe), le
plus grand de tous, se rencontre en juillet-août;
ses ailes, dont l’envergure peut atteindre 68 mm.,
sont d’un brun sombre, presque noir, et traversées
d’une bande blanche qui se décompose en taches
sur les ailes antérieures. La pointe de celles-ci
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