Larves de Moustiques communs dans un étang. Pour respirer, ces larves se tiennent
verticalement ou obliquement, la tête en bas, leur extrémité postérieure, où existe
un siphon, affleurant à la surface de l’eau.
Simuliidés et
Chironomidés
A l’état larvaire, les Simuliidés habitent les
eaux limpides courant sur des fonds rocheux. Ce
sont des Diptères de petites dimensions car ils
atteignent cinq millimètres de long au maximum;
ils ont un corps de couleur sombre couvert d’un
duvet jaunâtre; contrairement aux autres Nématocères, ils ont des pattes courtes et un corps trapu.
Dans le bassin du Danube, la plus féroce de
toutes les espèces de Simuliidés: Simulium columbaczense, communément appelée Mouche de Goloubatz, est un véritable fléau. A plusieurs reprises
elle a entraîné de véritables massacres d’animaux,
particulièrement parmi les Bovins et les Ovins.
Arrivant en nuées sur les pâturages, en vol silencieux, les Simulies attaquent les animaux et
même les bergers. Quand elles piquent, elles le
font souvent, chez l’Homme, au coin de l’oeil.
Leurs piqûres provoquent la formation d’oedèmes,
plus particulièrement localisés, chez les Bovins et
les autres animaux, à l’abdomen et sur les organes
sexuels externes qui se tuméfient et deviennent
douloureux. Quand les piqûres sont très nombreuses l’oedème s’étend et apparaissent des effets secondaires caractérisés par l’accélération des mouvements respiratoires, celle du pouls et l’abaissement de la température du corps. Quand il en est
ainsi, la mort survient en quelques jours ou même
en quelques heures.
En outre, les Simuliidés sont vecteurs de maladies infectieuses dont la plupart sont provoquées
par les Filaires, Nématodes qui vivent en parasites
au niveau des séreuses, dans le derme, le sang et
l’appareil lymphatique de l’Homme et des animaux, provoquant chez eux des ruptures de vaisseaux et l’éléphantiasis de différents organes.
Les Chironomidés n’habitent que les zones riches en eaux stagnantes ou de faible courant, qu’elles soient douces, saumâtres ou même salées, très
froides ou thermales; car, à part de très rares exceptions, leurs métamorphoses exigent un milieu
aqueux où vivent des végétaux. Les adultes ressemblent à des Moustiques, mais sont inoffensifs.
Les larves sont souvent de couleur rouge car leur
sang contient de l’hémoglobine. Nous citerons: Chironomus plumosus, dont la larve, appréciée des
pêcheurs, porte le nom de « ver de vase ».
Les Culicidés ou Moustiques vrais
De nombreuses espèces de Diptères communément connus sous le nom de « Moustiques », et
qu’on range dans l’importante famille des Culicidés, existent en grand nombre dans le monde entier, depuis les régions froides jusqu’aux régions
tropicales, en passant par les zones tempérées. Leur
caractéristique commune est un corps grêle, des
ailes diaphanes, impropres à un vol prolongé, un
appareil buccal perforant et du type suceur, particulièrement perfectionné chez les femelles qui
sont d’avides hématophages.
Ce sont des Diptères amphibiotiques, c’est-à-dire
qu’ils vivent d’abord dans l’eau quand ils sont à
l’état larvaire, puis ensuite sur terre quand ils
atteignent l’âge adulte.
Le Moustique commun (Culex pipiens) est bien
connu. Il est particulièrement répandu en Europe,
en Afrique du nord, et en Amérique du nord. Sa
longueur atteint environ 7 millimètres; il est de
couleur grise, ses ailes sont transparentes et dépourvues de taches.
La femelle une fois fécondée est guidée par
son instinct vers un miroir d’eau. Légèrement
posée sur un brin d’herbe tout au bord de l’eau,
sur quelque épave flottante ou simplement sur
une flaque de boue, elle commence à déposer ses
œufs, qui sont d’une forme allongée avec une
extrémité effilée. Elle ne les abandonne pas tout
de suite, mais les retient en croisant sur eux ses
pattes de derrière afin de les agglutiner verticalement les uns aux autres, au moyen d’une sécrétion spéciale, de manière à former des petits
tas en forme de barquettes. De temps en temps,
le Moustique interrompt son travail, allonge les
pattes et laisse tomber sa ponte. Une seule femelle peut déposer jusqu’à trois cents œufs qui
flottent quelques jours, poussés par le courant,
puis éclosent dans leur grande majorité.
C’est surtout dans les étangs que, depuis le
mois de mai jusqu’à la fin de l’automne, on voit
la surface de l’eau grouiller de ”vermisseaux”
disposés soit verticalement soit obliquement, la
tête en bas, l’autre extrémité affleurant à la surface de l’eau. Cette position résulte du fait que
leur respiration s’effectue au moyen d’un organe
particulier en forme de siphon, situé à l’extrémité
de l’abdomen, à côté de l’ouverture de l’intestin.
Les larves des Moustiques ont une tête arrondie
à l’extrémité de laquelle s’ouvre la bouche, entourée de poils dont deux, plus longs que les
autres, sont dits ”flabelles”, ou "brosses”, et ont
pour fonction d’acheminer dans la bouche, grâce
à leurs rapides vibrations, la nourriture en suspension dans l’eau; cette nourriture est constituée
d’animaux minuscules, de végétaux unicellulaires
ou de résidus organiques. La larve arrivée à maturation se transforme en une nymphe d’aspect
singulier. Son corps court, large, aplati est en
mesure, non seulement de flotter, mais de se
270
Précédent

- 269/557

Suivant