’Timelia bipunctata”. Les Ténébrionidés, répandus dans Le monde entier, sont particulièrement abondants dans les
régions tropicales.
d’excréments qu’il transporte représentait la terre,
roulée sans fin, croyait-on, de l’aube au crépuscule.
On croyait encore que cette même boule restait
enterrée pendant vingt-neuf jours, et que, le trentième (c’est-à-dire au bout d’un mois), elle était
jetée dans le Nil où elle donnait naissance à un
nouveau Scarabée. Il est inutile de préciser que
la réalité est fort éloignée de ces croyances poétiques. Le Scarabée se sert de ses robustes protubérances céphaliques pour émietter les excréments. Quand ceux-ci, tassés et modelés, ont
fourni une sphère de la grosseur d’une prune,
elle est saisie entre les pattes postérieures, et
traînée dans un endroit où elle est enterrée,
puis consommée.
Les Scarabées, pour deux- raisons, occupent
une place prééminente parmi les Coléoptères. La
première est leur monogamie, assez peu répandue
chez les animaux de cet ordre, et la seconde, le
soin que la mère (ou le couple) apporte à la
préparation du nid.
Quant à certaines manifestations, tendant à
prouver que ces animaux sont capables de collaborer (ce que beaucoup d’auteurs croyaient autrefois), il convient de préciser leur véritable
sens, connu grâce aux expériences de Fabre. Deux
Scarabées s’afïrairant autour d’une même boule ne
se sont pas associés, comme on pourrait le penser,
pour exécuter un travail. En effet, le Scarabée
est excité par deux facteurs: l’odeur et la température; quand il a isolé un bloc d’excréments,
il subit une série de stimulus qui le poussent à
accomplir une suite de mouvements fébriles. Ces
mouvements aboutissent à la confection de la
boule. Mais, encore une fois, la sphère n’est construite que par un seul individu. Pendant le transport, il peut arriver qu’un autre Scarabée soit
attiré par l’odeur. Si les deux individus sont du
même sexe, ils se battent, et la sphère peut
changer de propriétaire, ou bien ils finissent par
se partager la nourriture. Mais cette action n’est
ni plus ni moins qu’un vol, qui n’est même pas
prémédité, puisque le nouvel arrivant ne fait
qu’obéir aux stimulus provoqués par l’odeur de
nourriture. Si les deux individus sont de sexes
différents, le mâle se charge du transport; la
femelle, accrochée à la boule, reste absolument
passive et se contente de veiller sur le butin. C’est
encore le mâle qui creuse le terrier où le couple
se réfugie.
En période de ponte, les rôles sont quelque
peu différents; si le mâle se charge toujours du
transport, c’est la femelle, cette fois, qui confectionne la boule, qui construit la salle de ponte,
et qui façonne les "poires” destinées à recevoir
les œufs. Avec ses mandibules, elle triture la
matière première à laquelle elle donne la forme
d’une poire parfaitement symétrique. La cellule
de l’œuf est creusée au sommet et entourée d’une
matière travaillée avec le plus grand soin; ainsi,
pendant les premiers jours de son existence, la
larve trouve un aliment plus facile à digérer,
et elle n’abordera une nourriture plus grossière
que lorsqu’elle sera devenue plus robuste.
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régions tropicales.
d’excréments qu’il transporte représentait la terre,
roulée sans fin, croyait-on, de l’aube au crépuscule.
On croyait encore que cette même boule restait
enterrée pendant vingt-neuf jours, et que, le trentième (c’est-à-dire au bout d’un mois), elle était
jetée dans le Nil où elle donnait naissance à un
nouveau Scarabée. Il est inutile de préciser que
la réalité est fort éloignée de ces croyances poétiques. Le Scarabée se sert de ses robustes protubérances céphaliques pour émietter les excréments. Quand ceux-ci, tassés et modelés, ont
fourni une sphère de la grosseur d’une prune,
elle est saisie entre les pattes postérieures, et
traînée dans un endroit où elle est enterrée,
puis consommée.
Les Scarabées, pour deux- raisons, occupent
une place prééminente parmi les Coléoptères. La
première est leur monogamie, assez peu répandue
chez les animaux de cet ordre, et la seconde, le
soin que la mère (ou le couple) apporte à la
préparation du nid.
Quant à certaines manifestations, tendant à
prouver que ces animaux sont capables de collaborer (ce que beaucoup d’auteurs croyaient autrefois), il convient de préciser leur véritable
sens, connu grâce aux expériences de Fabre. Deux
Scarabées s’afïrairant autour d’une même boule ne
se sont pas associés, comme on pourrait le penser,
pour exécuter un travail. En effet, le Scarabée
est excité par deux facteurs: l’odeur et la température; quand il a isolé un bloc d’excréments,
il subit une série de stimulus qui le poussent à
accomplir une suite de mouvements fébriles. Ces
mouvements aboutissent à la confection de la
boule. Mais, encore une fois, la sphère n’est construite que par un seul individu. Pendant le transport, il peut arriver qu’un autre Scarabée soit
attiré par l’odeur. Si les deux individus sont du
même sexe, ils se battent, et la sphère peut
changer de propriétaire, ou bien ils finissent par
se partager la nourriture. Mais cette action n’est
ni plus ni moins qu’un vol, qui n’est même pas
prémédité, puisque le nouvel arrivant ne fait
qu’obéir aux stimulus provoqués par l’odeur de
nourriture. Si les deux individus sont de sexes
différents, le mâle se charge du transport; la
femelle, accrochée à la boule, reste absolument
passive et se contente de veiller sur le butin. C’est
encore le mâle qui creuse le terrier où le couple
se réfugie.
En période de ponte, les rôles sont quelque
peu différents; si le mâle se charge toujours du
transport, c’est la femelle, cette fois, qui confectionne la boule, qui construit la salle de ponte,
et qui façonne les "poires” destinées à recevoir
les œufs. Avec ses mandibules, elle triture la
matière première à laquelle elle donne la forme
d’une poire parfaitement symétrique. La cellule
de l’œuf est creusée au sommet et entourée d’une
matière travaillée avec le plus grand soin; ainsi,
pendant les premiers jours de son existence, la
larve trouve un aliment plus facile à digérer,
et elle n’abordera une nourriture plus grossière
que lorsqu’elle sera devenue plus robuste.
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