Étrange aspect de la larve d’un Casside; chez ces Coléoptères, les adultes ont une silhouette qui rappelle vaguement
celle d’une Tortue.
de son thorax d’une bonne partie des humeurs
qui la remplissent; celles-ci sont poussées dans
la partie du corps qui a déjà passé; sous l’effet
de la pression que ce brusque gonflement de
l’avant du corps exerce sur les bords de l’orifice,
le corps avance encore un peu; ce mouvement
”d’accordéon” se poursuit tant que tout le corps
n’est pas entièrement sorti. Quand on voit la
larve mûre hors de son gîte, il semble impossible
qu’une masse aussi volumineuse ait pu passer
par un trou aussi minuscule.
Ensuite, la larve s’enfonce dans le sol pour
s’y creuser une petite loge où elle se transformera,
d’abord en nymphe, puis, après une période d’immobilité, en adulte. Celui-ci ne sortira que l’année suivante.
Un autre groupe de Curculionidés qui intéresse
particulièrement l’économie humaine est celui des
Calandres. Nous citerons la Calandre du blé
(Sitophilus granaria) et la Calandre de l’orge
(Sitophilus oryzae). Longs d’environ trois millimètres, d’une couleur gris brun, avec, parfois,
quatre taches rougeâtres sur leurs élytres, ces
Insectes attaquent le froment, le maïs, le riz, les
pâtes alimentaires, etc., et produisent d’énormes
dommages.
Ils sont fréquents dans les silos et dans les
entrepôts de céréales où la lutte qu’on entreprend pour les détruire présente des difficultés
notables en raison du danger que l’on court d’empoisonner les denrées alimentaires.
Quelques Curculionidés mènent une vie plus
ou moins liée au milieu aquatique; ainsi, ceux
qui appartiennent au genre Bagous. Bien que
leur vie, même à l’âge adulte, se déroule constamment dans l’eau, ils ne présentent aucune
adaptation particulière à ce genre de vie. Les
représentants de ce genre offrent certaines formes qui ne vivent qu’au voisinage de l’eau,
d’autres formes ne quittent jamais l’eau; entre
les deux se trouvent des formes se rapprochant
plus ou moins des unes ou des autres. Les
Bagous sont de petites dimensions, de 1 millimètre et demi à cinq millimètres environ. Ils
sont de couleur noire avec un revêtement de
poils grisâtres, en forme d’écailles. A l’état adulte
ils restent constamment immergés. Pour respirer,
ils utilisent les petites bulles d’oxygène qui apparaissent à la suite de la synthèse chlorophyllienne. Au cours de la journée, ils les captent sur
le corps, si bien qu’ils semblent entourés d’une
pellicule argentée. Pendant la nuit, quand cesse
toute activité chlorophyllienne, ils percent les
tiges des plantes aquatiques pour atteindre leurs
canaux aérifères; ils renouvellent ainsi leur réserve d’oxygène. Leur vie larvaire est inconnue.
On sait davantage de choses au sujet des Lissorhoptrus, genre de Curculionidés aquatiques
américains dont on connaît les larves. Ces Coléoptères vivent sur le riz, et, à l’état larvaire, pour
respirer, se servent d’une série de crochets abdominaux à l’extrémité desquels s’ouvrent leurs
stigmates. Ces crochets sont pointus et ont la
consistance de la corne; c’est avec ceux-ci que
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