Les Hyménoptères
Symphytes
ou Tenthrèdes
Rhyssa persuasoria compte 9 centimètres de
long dont 5 pour la tarière. C’est un parasite d’un
autre Hyménoptère, le Siricidé: Urocerus gigas;
l’ovipositeur de Rhyssa atteint le fond des galeries
tortueuses que l’Urocerus creuse dans le bois.
Nous citerons en outre les espèces appartenant
au genres Pimpla dont les dimensions sont assez
variables, les Polysphincta, parasites des œufs
d’Araignées adultes, et les Thalessa, dont quelques
espèces exotiques possèdent une tarière pouvant
mesurer jusqu’à 15 centimètres.
Les Hyménoptères classés dans le sous-ordre
des Symphytes se distinguent des Apocrites par
leur abdomen largement réuni au thorax et non
pétiolé. Chez ces Insectes, le diamètre des premiers segments abdominaux est à peu près égal
au diamètre du troisième segment thoracique.
On les appelle souvent des Tenthrèdes.
Les adultes, habituellement de dimensions
moyennes, se nourrissent presque tous de nectar
et de pollen. Les larves, végétariennes, sont généDétail très agrandi de la robuste tarière d’un Siricidé, véritable vilebrequin capable
de forer les bois les plus durs.
râlement pourvues de pattes thoraciques et de
pseudo-pattes abdominales; les espèces apodes sont
rares. Les métamorphoses s’accomplissent dans un
cocon soyeux tissé par la larve, grâce à la sécrétion de glandes labiales.
Nombreuses sont les familles qui constituent
ce sous-ordre des Symphytes; nous se mentionnerons ici que les plus intéressantes.
Quelques uns des plus grands Hyménoptères appartiennent,^ la famille des Cimbicidés, par exemple Cimbex lutea dont les individus adultes présentent une envergure alaire dépassant souvent
cinquante millimètres.
Les larves des Cimbicidés rongent, pour se
nourrir, le bord des feuilles; elles ont l’aspect de
« chenilles » glabres et charnues; elles présentent,
sur tout le corps, des taches de formes variables
ayant souvent l’aspect d’un pointillé très fin.
Avec le genre Arge} la famille des Argidés
présente deux dangereux ennemis des rosiers:
Arge rosae et Arge pagana, habituellement appelés Tenthrèdes des roses.
Les adultes se distinguent facilement grâce à
leurs dimensions, qui ne dépassent pas beaucoup
celles d’une Mouche commune, et grâce aux couleurs dont ils sont ornés: noire avec des reflets
métalliques bleuâtres sur le thorax et sur les
ailes, jaune d’ocre sur l’abdomen. A la belle saison,
on les voit fréquemment voltiger au-dessus des
plants de rosiers; dans les tendres bourgeons de
la plante, les femelles déposent une vingtaine
d’œufs, au moyen de leur ovipositeur. Les larves
qui naissent de ces œufs mènent une existence
grégaire, en se nourrissant des feuilles; dans le
cas de fortes invasions, elles peuvent les dévorer
toutes, ce qui compromet gravement l’existence
du rosier.
Subdivisée en différentes sous-familles, la famille des Tenthrédinidés comprend des Hyménoptères de dimensions moyennes dont le corps est
plutôt large et trapu; leurs larves sont dénommées
communément « fausses chenilles » en raison de
leur ressemblance avec les larves des Lépidoptères. Si l’on peut facilement les confondre avec
elles, il n’en est pas moins vrai qu’une observation attentive révèle chez les premières 6 et 8
paires de pseudo-pattes abdominales alors que
les véritables chenilles de Lépidoptères n’en ont
le plus souvent que 5 paires.
Les nombreuses espèces de cette famille, la
plus riche du sous-ordre, sont toutes phytophages
et peuvent, dans certains cas, constituer un véritable danger pour les plantes cultivées. Parmi
elles, il faut citer les espèces appartenant au genre
Hoplocampa, bien connues des cultivateurs sous
le nom de Tenthrèdes des poires (Hoplocampa
brevis), Tenthrèdes des pommes (Hoplocampa
testudinea), Tenthrèdes des prunes (Hoplocampa
minuta et Hoplocampa flava). Le préjudice qu’elles
portent aux plantes sur lesquelles elles se logent
est, souvent, des plus graves; bien qu’elles n’aient
qu’une seule génération par an, le nombre des
fruits qu’elles gâtent est toujours considérable
parce que les femelles ont l’habitude de ne déposer qu’un seul œuf par fleur, en laissant de
côté celles d’entre elles qui sont déjà porteuses
d’un autre œuf. C’est ainsi que chaque adulte
est responsable de l’infection de cinquante à cent
fleurs. Les fruits provenant de ces fleurs contiendront chacun une petite larve vorace qui en
dévorera la pulpe et lui donnera aussi une odeur
« de punaise ».
Une fois parvenue à maturité, la larve abandonne le fruit pour s’enfoncer dans le sol. A une
dizaine de centimètres de profondeur, elle se
construit une cellule de terre pétrie avec des fils
de soie à l’intérieur de laquelle elle se métamorphose. L’adulte apparaît au printemps suivant.
Un autre Tenthrède: Caliroa limacina dépose
ses œufs sur les feuilles de différents arbres
fruitiers (poirier, pommier, amandier, cerisier,
etc.): les larves ou "Limaces” nées de ces œufs
dévorent les tissus superficiels de la feuille et
son parenchyme, mais respectent les tissus sousjacents. Longues et noirâtres quand elles ont
achevé leur croissance, ces larves sont faciles à
discerner en raison des mucosités gluantes qui
recouvrent tout leur corps qu’elles rendent luisant
et qui leur donnent l’aspect de petites Limaces,
d’où leur appellation courante.
C’est aussi à cette famille des Tenthrédinidés
qu’appartiennent quelques parasites des rosiers
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