Une Guêpe commune: ”Vespula vulgaris”.
En plus des individus de la tribu, la fourmilière
abrite toute une foule de commensaux, composée
d’insectes, d’Arachnides, de Myriapodes et de
Crustacés, appartenant à plus de 2 000 espèces
différentes. Un seul nid peut héberger plus d’une
centaine de ces petits animaux, liés à leurs hôtes
par des rapports très variables et souvent difficiles à expliquer.
Les entomologistes classent habituellement les
commensaux (ou « myrmécophiles ») en trois catégories: celle des intrus ou « synechtres », celle
des commensaux simplement tolérés ou « synoecètes », et enfin, celle des hôtes bien accueillis
ou « symphiles ». En réalité, la distinction n’est
pas aussi nette, et apparemment, elle n’est pas
toujours déterminée par des raisons logiques.
Ainsi, les Fourmis combattront des animaux ne
commettant que de petits, larcins, alors qu’elles
accorderont tous leurs soins à de dangereux prédateurs. Leur conduite peut leur être dictée par
la prudence, ou encore, par le besoin d’assouvir
certains "vices”, ce qui est tout à fait surprenant
chez ces Insectes uniquement préoccupés de leur
travail et du bien-être de la communauté.
Parmi les commensaux les plus fréquents, il
faut citer un Crustacé Isopode: Platyarthrus
hoffmanseggi, et un Thysanoure: Atelura formicaria, qui se glissent dans les nids et prennent la
place des larves pour recevoir le liquide sucré
de la bouche des nourrices, un Grillon aveugle:
Myrmecophïla acervorum, qui lèche les exsudats
des larves, en se mêlant aux ouvrières pendant la
toilette de la nichée.
Les larves de Metopina pachycondylae, Diptère
très répandu au Texas, ont une curieuse habitude:
elles s’accrochent aux larves de Fourmis et, non
contentes de leur dérober une partie du liquide
nourricier, elles en profitent encore pour se faire
enfermer dans leur cocon et y accomplir leurs
métamorphoses.
Certains Coléoptères Staphylinides se cachent
près des ouvertures de la fourmilière ou dans les
galeries les moins fréquentées pour assaillir les
Fourmis isolées ou affaiblies, ou pour s’emparer
des cadavres. Si les Fourmis essaient de les
chasser, ils les arrosent d’une sécrétion âcre et
volatile qui provient de deux petites poches
abdominales et qui met fin à toute tentative de
rébellion. Les Fourmis ne redoutent pas moins les
sécrétions abdominales des Paussidés, gros Coléoptères carnivores; et, par crainte de représailles,
elles accueillent leurs larves, se chargeant de les
soigner et de les nourrir.
Les Fourmis apprécient beaucoup le liquide
douceâtre émis par la dépression dorsale de
quelques Coléoptères appartenant au genre Claviger. Mais il leur en coûte beaucoup, car ces
Insectes, bien qu’ils soient aveugles et munis d’un
appareil buccal rudimentaire, sont capables de
faire les plus grands ravages dans la fourmilière.
Loin de les chasser, les Fourmis les entourent au
contraire de toutes les prévenances.
Pour satisfaire leur gourmandise, elles iront
d’ailleurs jusqu’à rechercher, au dehors, de dangereux parasites qu’elles introduiront dans leur
demeure. Ainsi, elles récoltent sur les Papilionacées les chenilles d’un petit Papillon et les
emportent dans la fourmilière où elles accompliront leurs métamorphoses. Ces chenilles sont
léchées et soignées avec la plus grande persévé196
En plus des individus de la tribu, la fourmilière
abrite toute une foule de commensaux, composée
d’insectes, d’Arachnides, de Myriapodes et de
Crustacés, appartenant à plus de 2 000 espèces
différentes. Un seul nid peut héberger plus d’une
centaine de ces petits animaux, liés à leurs hôtes
par des rapports très variables et souvent difficiles à expliquer.
Les entomologistes classent habituellement les
commensaux (ou « myrmécophiles ») en trois catégories: celle des intrus ou « synechtres », celle
des commensaux simplement tolérés ou « synoecètes », et enfin, celle des hôtes bien accueillis
ou « symphiles ». En réalité, la distinction n’est
pas aussi nette, et apparemment, elle n’est pas
toujours déterminée par des raisons logiques.
Ainsi, les Fourmis combattront des animaux ne
commettant que de petits, larcins, alors qu’elles
accorderont tous leurs soins à de dangereux prédateurs. Leur conduite peut leur être dictée par
la prudence, ou encore, par le besoin d’assouvir
certains "vices”, ce qui est tout à fait surprenant
chez ces Insectes uniquement préoccupés de leur
travail et du bien-être de la communauté.
Parmi les commensaux les plus fréquents, il
faut citer un Crustacé Isopode: Platyarthrus
hoffmanseggi, et un Thysanoure: Atelura formicaria, qui se glissent dans les nids et prennent la
place des larves pour recevoir le liquide sucré
de la bouche des nourrices, un Grillon aveugle:
Myrmecophïla acervorum, qui lèche les exsudats
des larves, en se mêlant aux ouvrières pendant la
toilette de la nichée.
Les larves de Metopina pachycondylae, Diptère
très répandu au Texas, ont une curieuse habitude:
elles s’accrochent aux larves de Fourmis et, non
contentes de leur dérober une partie du liquide
nourricier, elles en profitent encore pour se faire
enfermer dans leur cocon et y accomplir leurs
métamorphoses.
Certains Coléoptères Staphylinides se cachent
près des ouvertures de la fourmilière ou dans les
galeries les moins fréquentées pour assaillir les
Fourmis isolées ou affaiblies, ou pour s’emparer
des cadavres. Si les Fourmis essaient de les
chasser, ils les arrosent d’une sécrétion âcre et
volatile qui provient de deux petites poches
abdominales et qui met fin à toute tentative de
rébellion. Les Fourmis ne redoutent pas moins les
sécrétions abdominales des Paussidés, gros Coléoptères carnivores; et, par crainte de représailles,
elles accueillent leurs larves, se chargeant de les
soigner et de les nourrir.
Les Fourmis apprécient beaucoup le liquide
douceâtre émis par la dépression dorsale de
quelques Coléoptères appartenant au genre Claviger. Mais il leur en coûte beaucoup, car ces
Insectes, bien qu’ils soient aveugles et munis d’un
appareil buccal rudimentaire, sont capables de
faire les plus grands ravages dans la fourmilière.
Loin de les chasser, les Fourmis les entourent au
contraire de toutes les prévenances.
Pour satisfaire leur gourmandise, elles iront
d’ailleurs jusqu’à rechercher, au dehors, de dangereux parasites qu’elles introduiront dans leur
demeure. Ainsi, elles récoltent sur les Papilionacées les chenilles d’un petit Papillon et les
emportent dans la fourmilière où elles accompliront leurs métamorphoses. Ces chenilles sont
léchées et soignées avec la plus grande persévé196
