haut. Le soin qu’elles mettent à lécher les nouveaux-nés n’est probablement pas dicté par le
seul désir de les nettoyer; ceux-ci en effet, ainsi
stimulés, émettent à travers leurs téguments une
substance grasse et douceâtre dont les Fourmis
sont très friandes.
Mais le travail des nourrices ne s’arrête pas
à ces opérations de nutrition; dès que le temps et
la température le permettent, elles saisissent délicatement les larves dans leurs mandibules et
les sortent pour leur faire prendre l’air et les
exposer au soleil. Elles les installent sur le dôme
de la fourmilière, et les changent de temps en
temps de position. Quand le soleil se fait trop
chaud, elles les abritent avec de hautes herbes,
ou les recouvrent de feuilles. Si le soleil se cache,
ou si un orage menace, elles se hâtent de les
remporter dans la fourmilière. Même à l’intérieur
du nid, c’est un perpétuel va-et-vient; les larves
sont transportées d’une chambre à l’autre, d’un
étage à l’autre, suivant les heures de la journée
et les conditions atmosphériques extérieures.
Tous ces soins attentifs leur permettent de
traverser heureusement la première époque de
leur vie, et d’aborder, propres et bien nourries,
la phase critique de leurs métamorphoses. Quand
leur développement larvaire est terminé, elles
s’enferment en effet dans un petit cocon soyeux
à l’intérieur duquel elles se transforment en nymphes. Ce sont ces cocons qu’on appelle, à tort,
des ”œufs de Fourmis”. A ce sujet, il convient
d’ajouter que les Myrmicinés, les Dolichodérinés,
et quelques espèces des autres sous-familles n’en
tissent pas.
Chez la nymphe qui, d’abord blanche, se colore graduellement, se différencient peu à peu
tous les organes de l’adulte, visibles à travers la
mince membrane extérieure. La durée des métamorphoses est très variable: les larves, écloses en
été, se transforment en imagos en cinq ou six semaines, alors que celles qui naissent en automne
passent tout l’hiver à l’état larvaire et ne reprennent leur évolution qu’au printemps suivant.
Pour se libérer de leur cocon, les Insectes parfaits sont encore aidés par les ouvrières qui leur
déplient les pattes et les ailes, s’il y a lieu. Ils
ont une couleur pâle, un tégument tendre, et ne
peuvent accomplir de durs travaux; les anciennes
leur enseigneront d’abord le métier de nourrice,
et, plus tard seulement, ceux de maçon et de
pourvoyeuse.
Mais les jeunes Fourmis ne tardent pas à devenir indépendantes et commencent bientôt leur vie
active d’ouvrières, tandis que les mâles et les femelles entrent dans leur période oisive de liberté
surveillée qui durera jusqu’au jour des noces.
Etant donné qu’il est très difficile de reconnaître les individus, la durée de la vie des Fourmis reste encore très problématique. Elle varie
vraisemblablement suivant les espèces, et dépend
des conditions ambiantes et saisonnières, et du
travail qui incombe à chacune.
On pense que la reine peut vivre et procréer
pendant une année au moins, sinon deux; les
ouvrières et les soldats vivraient l’espace d’une
saison dans des conditions normales, et atteindraient l’âge maximum de huit-dix mois dans
des conditions extrêmement favorables. Quant
aux individus ailés, ils n’apparaissent, chez la
majorité des espèces, qu’à des époques déterminées,
une quinzaine de jours avant le vol nuptial; cependant, on les trouve tout au cours de l’année
dans les fourmilières de Formica pratensis.
Nids de Guêpes (Vespinés). En haut: Vue d’ensemble. En bas: Vue d’une coupe. Ces
nids sont faits de pâte de bois, et se composent de plusieurs rayons superposés,
séparés par un court pédoncule. Ils sont généralement pourvus d’une enveloppe.
195
seul désir de les nettoyer; ceux-ci en effet, ainsi
stimulés, émettent à travers leurs téguments une
substance grasse et douceâtre dont les Fourmis
sont très friandes.
Mais le travail des nourrices ne s’arrête pas
à ces opérations de nutrition; dès que le temps et
la température le permettent, elles saisissent délicatement les larves dans leurs mandibules et
les sortent pour leur faire prendre l’air et les
exposer au soleil. Elles les installent sur le dôme
de la fourmilière, et les changent de temps en
temps de position. Quand le soleil se fait trop
chaud, elles les abritent avec de hautes herbes,
ou les recouvrent de feuilles. Si le soleil se cache,
ou si un orage menace, elles se hâtent de les
remporter dans la fourmilière. Même à l’intérieur
du nid, c’est un perpétuel va-et-vient; les larves
sont transportées d’une chambre à l’autre, d’un
étage à l’autre, suivant les heures de la journée
et les conditions atmosphériques extérieures.
Tous ces soins attentifs leur permettent de
traverser heureusement la première époque de
leur vie, et d’aborder, propres et bien nourries,
la phase critique de leurs métamorphoses. Quand
leur développement larvaire est terminé, elles
s’enferment en effet dans un petit cocon soyeux
à l’intérieur duquel elles se transforment en nymphes. Ce sont ces cocons qu’on appelle, à tort,
des ”œufs de Fourmis”. A ce sujet, il convient
d’ajouter que les Myrmicinés, les Dolichodérinés,
et quelques espèces des autres sous-familles n’en
tissent pas.
Chez la nymphe qui, d’abord blanche, se colore graduellement, se différencient peu à peu
tous les organes de l’adulte, visibles à travers la
mince membrane extérieure. La durée des métamorphoses est très variable: les larves, écloses en
été, se transforment en imagos en cinq ou six semaines, alors que celles qui naissent en automne
passent tout l’hiver à l’état larvaire et ne reprennent leur évolution qu’au printemps suivant.
Pour se libérer de leur cocon, les Insectes parfaits sont encore aidés par les ouvrières qui leur
déplient les pattes et les ailes, s’il y a lieu. Ils
ont une couleur pâle, un tégument tendre, et ne
peuvent accomplir de durs travaux; les anciennes
leur enseigneront d’abord le métier de nourrice,
et, plus tard seulement, ceux de maçon et de
pourvoyeuse.
Mais les jeunes Fourmis ne tardent pas à devenir indépendantes et commencent bientôt leur vie
active d’ouvrières, tandis que les mâles et les femelles entrent dans leur période oisive de liberté
surveillée qui durera jusqu’au jour des noces.
Etant donné qu’il est très difficile de reconnaître les individus, la durée de la vie des Fourmis reste encore très problématique. Elle varie
vraisemblablement suivant les espèces, et dépend
des conditions ambiantes et saisonnières, et du
travail qui incombe à chacune.
On pense que la reine peut vivre et procréer
pendant une année au moins, sinon deux; les
ouvrières et les soldats vivraient l’espace d’une
saison dans des conditions normales, et atteindraient l’âge maximum de huit-dix mois dans
des conditions extrêmement favorables. Quant
aux individus ailés, ils n’apparaissent, chez la
majorité des espèces, qu’à des époques déterminées,
une quinzaine de jours avant le vol nuptial; cependant, on les trouve tout au cours de l’année
dans les fourmilières de Formica pratensis.
Nids de Guêpes (Vespinés). En haut: Vue d’ensemble. En bas: Vue d’une coupe. Ces
nids sont faits de pâte de bois, et se composent de plusieurs rayons superposés,
séparés par un court pédoncule. Ils sont généralement pourvus d’une enveloppe.
195
