Les Fourmis ont une force et une obstination incroyables, et il est très rare que
l’une d’elles abandonne une proie, si grosse soit elle. Ici, la proie est une énorme
chenille.
habitations rurales, et les Fourmis du genre
Anomma, ou Magnans qui s’attaquent aux animaux vivants, même s’ils sont de grande taille,
pour n’en laisser que le squelette.
Les Fourmis moissonneuses, citées dans la
Bible et choisies par Ésope comme un parfait
exemple de prévoyance, appartiennent aux Myrmicinés, et sont représentées, sous nos climats
tempérés, par les espèces du genre Messor (Messor barbara) ; végétariennes, elles récoltent les
graines qu’elles trouvent dans les champs, et les
accumulent dans de vastes magasins. La moisson
terminée elles se mettent en devoir de travailler
leurs provisions, broyant les graines et les imprégnant de salive pour en faire une bouillie
homogène.
Plusieurs espèces exotiques font également des
récoltes de graines; la plus connue est une espèce
répandue au Texas: Pogonomyrmex barbatus,
communément appelée "Fourmi agricole” car on
crut pendant longtemps qu’elle cultivait de petits
champs de graminées autour de son nid. En
réalité, elle se contente de sortir de son nid les
graines qui ont germé, et qui continuent à se développer si les conditions sont favorables. L’hypothèse suivant laquelle les Fourmis «connaîtraient
un secret pour empêcher les graines de germer »
n’est pas moins erronée. Plusieurs espèces, au contraire, se nourrissent de germes naissants; elles
exposent les graines au soleil pour les faire sécher,
et les remportent dans leurs magasins, comme si
elles soupçonnaient que les graines germées contiennent des réserves de vitamines.
Le nom de « Fourmis agricoles » convient mieux
à certaines espèces qui cultivent des champignons.
Elles appartiennent au genre Atta, propre à l’Amérique du sud, et sont appelées « Fourmis champignonnistes », « coupe-feuilles », ou encore « Fourmis parasols » car leur occupation principale
est de transporter de grands lambeaux de feuilles
jusqu’à leur nid, en les tenant au-dessus d’elles.
Leur butin, réduit en miettes, imprégné de salive
et mélangé à des excréments, devient un terreau
léger et spongieux qui est placé dans des serres
spéciales où les conditions de température et d’humidité sont favorables au développement d’un
mycélium. Les filaments de ce mycélium portent
des hyphes qui serviront de nourriture. Chaque
espèce cultive une variété caractéristique de champignons appartenant généralement aux Amanites.
Enfin, d’autres Fourmis tirent leurs ressources
alimentaires de différents Insectes, et en particulier, des Pucerons. Ceux-ci sont exploités avec tant
d’ingéniosité que les naturalistes les ont surnommés « les Vaches des Fourmis ». Ce sont des Hémiptères appartenant au groupe des Aphididés; ils
ont l’habitude de se tenir immobiles sur les plantes, le rostre planté dans les tissus végétaux pour
en sucer la sève; de temps en temps, la pointe de
leur abdomen expulse une substance visqueuse et
brillante qui se répand sur la plante. Certaines
espèces de Fourmis ne se contentent pas d’attendre
les émissions de ce « lait », elles les provoquent
en caressant les Pucerons de leurs antennes. De
cette manière, elles procèdent à une véritable
traite dont le rendement doit être très élevé à en
juger par les allées et venues continuelles que l’on
observe, pendant des saisons entières, entre la
fourmilière et les zones infestés de Pucerons.
D’autres espèces vont même jusqu’à pratiquer
l’élevage de ces Hémiptères; elles les mènent aux
pâturages, c’est-à-dire qu’elles les transportent
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