certain point, puis viennent s’accrocher, par la
bouche, au corps de la femelle. L’union devient
alors parfaite: sauf l’intestin, très court, et les
testicules, très développés, tous les organes du
mâle dégénèrent. Les tissus des deux individus
fusionnent au point de contact, et il s’établit une
relation entre les deux systèmes circulatoires: le
mâle vit ainsi complètement aux dépens de la
femelle.
L’un des représentants les plus caractéristiques
de la famille est Linophryne arborifer: c’est un
petit Poisson de 4 ou 5 cm. de long muni des
deux appendices particuliers mentionnés plus haut.
Au-dessus de l’organe lumineux, le rayon supérieur se terrxiine par trois pointes, celle du milieu
étant plus longue que les deux autres. Le pédoncule inférieur est très développé et très ramifié.
Les Antennariidés
La seconde famille des Lophiiformes, celle des
Antennariidés, est représentée par de singuliers
Poissons vivant presque exclusivement dans les
mers tropicales. Le nom de la famille vient de la
conformation particulière de leur première nageoire dorsale qui, réduite à ses seuls rayons,
parfois très allongés, s’élève comme une antenne
entre les yeux. Le corps n’est pas déprimé comme
celui des Baudroies que nous étudierons plus
loin. La peau, dépourvue d’écailles, forme des plis
et des protubérances variées qui donnent à l’animal un aspect étrange. La bouche, s’ouvrant obliquement vers le haut, est armée de petites dents.
La famille comprend une dizaine d’espèces groupées en quelques genres; elle est représentée aussi
bien le long des côtes qu’en haute mer où les
immenses étendues d’algues abritent une faune
présentant les mêmes caractéristiques que la faune
côtière.
Parmi les Antennariidés, communément appelés
« Crapauds et Grenouilles de mer », l’une des formes les plus curieuses est celle de l’Histrion
(Antennarius marmoratus — Pterophryne histrio)
dont l’un des noms spécifiques: histrio signifie
« bouffon ». Il mesure tout au plus 15 cm. de long.
Son corps est orné d’une grande quantité de plis
et de protubérances, et ses nageoires pectorales
ressemblent à de petites mains écartées; elles lui
servent à se poser sur les algues entre lesquelles
il progresse avec agilité malgré son étonnante
structure. Grâce à sa forme et à sa coloration
jaunâtre, marbrée de brun clair et de brun foncé,
ce Poisson est très difficile à distinguer des
algues sur lesquelles il se tient immobile, guettant
de petites proies. Très mauvais nageur, il a recours
à un singulier système de navigation pour se
déplacer d’un champ d’algues à l’autre: il se gonfle
comme une balle et s’abandonne au courant, couvrant ainsi de longues distances sans aucune fatigue.
Les Lophiidés ou Baudroies
Les Lophiidés, ou Baudroies, ou encore Anglers
constituent la troisième famille de l’ordre des
Lophiiformes. Ils ont un corps large et déprimé,
et une bouche d’une grandeur disproportionnée,
armée de robustes dents pouvant se replier vers
l’intérieur. La tête est énorme, si bien que le corps
paraît étroit et exagérément court. Les nageoires
sont tout à fait particulières; les pectorales par
Baudroie commune se confondant par mimétisme avec le fond. Sa peau est parsemée
d’épines, de verrues et d’appendices de toutes sortes; ses parties supérieures sont
gris brun, et les inférieures sont blanchâtres.
exemple permettent à l’animal de se déplacer sur
les fonds marins qui constituent son habitat
préféré.
La famille ne groupe qu’un petit nombre d’espèces, mais elle est représentée dans toutes les mers.
La Baudroie commune (Lophius piscatorius)
n’est généralement pas connue sous son aspect
naturel. On ne la trouve sur les marchés que
dépecée et décapitée; la raison en est simple: la
Baudroie intacte est d’une laideur absolument
repoussante.
Habituellement, ce Poisson ne dépasse pas 90
cm. de long, mais certains exemplaires peuvent
atteindre 2 m. Son aspect monstrueux vient de la
disproportion qui existe entre les différentes parties du corps: pour une longueur totale de 1 m.
environ, la tête s’étale sur 45 cm. de large et
sur plus de 45 cm. de long; l’ouverture de la bouche
atteint 30 cm.
Une région concave sépare les yeux très grands,
tournés vers le haut, et surmontés de plusieurs
épines. Les ouvertures branchiales sont également
tournées vers le haut, et situées sous la naissance
des nageoires pectorales, rectangulaires et pédonculées. Cette position des orifices branchiaux est
évidemment en relation avec la vie de l’animal:
l’eau est chassée vers le haut et ne risque pas
de remuer le sable sur lequel la Baudroie se tient
cachée. Les nageoires ventrales, petites et aplaties,
occupent une position jugulaire. La nageoire caudale est tronquée.
Sur le dos, la seconde nageoire seule a un
développement normal; elle est placée à l’extrémité du pédoncule caudal opposé à l’anal. La
première dorsale est réduite à deux rayons libres:
le premier, plus long que le second, s’insère sur
la lèvre supérieure et porte un lambeau de peau.
Ce rayon appelé « filament pêcheur » sert à attirer
les proies, on lui donne aussi, pour cette raison,
le nom de « leurre ». La peau est parsemée d’épines, de verrues et d’appendices; la coloration est
gris brunâtre sur les parties supérieures, et blan19
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