Abeille domestique sur une fleur. Les Abeilles vivent en sociétés permanentes et matriarcales; elles sont groupées
autour d’une seule femelle féconde: la reine.
Leurs organes sexuels sont atrophiés, elles ne
sont faites que pour travailler, et accomplissent
les travaux les plus variés nécessaires au bien
de la communauté.
En dehors de celles qui naissent en automne,
et qui commencent par hiberner, les ouvrières ne
vivent que quelques mois, et même, parfois, un
seul mois. Au cours de leur brève carrière, elles
sont successivement: balayeuses de cellule, nourrices de second ordre, nourrices de premier ordre,
fabricantes de cire, transporteuses de déchets,
sentinelles et soldats, butineuses. A peine adultes,
encore faibles et mal assurées sur leurs pattes,
elles remplissent leur première mission: pendant
deux ou trois jours, elles maintiennent une température constante dans la ruche par l’effet de
leur seule présence, et nettoient méticuleusement
les cellules qui recevront les œufs de la reine. Les
nouvelles venues apprennent à nourrir les larves
les plus âgées et, dès qu’elles savent élaborer la
nourriture appropriée, elles se consacrent aux
jeunes larves pendant un peu plus d’une semaine.
Après quoi, elles passent à la construction de
nouvelles cellules, et sortent de temps à autre
pour évacuer les déchets. Pendant les grandes
chaleurs, et à l’éclosion des couvées, un groupe
assez nombreux est chargé de renouveler l’air
de la ruche. A cet effet, les ouvrières qui le composent font vibrer leurs ailes, comme autant de
petits ventilateurs.
Une fois qu’elles ont monté la garde pendant
quelques jours à l’entrée de la ruche, elles atteignent le sommet de leur carrière; quelquesunes deviennent les ”dames d’honneur” de la reine, et les autres, les plus nombreuses, prennent
le grade de butineuses; dans un rayon de trois
kilomètres, elles doivent recueillir le pollen et le
nectar nécessaires à la nourriture de la communauté et la propolis, matière résineuse extraite du
bourgeon de certaines plantes (conifères, peupliers, érables, etc.) qui leur sert de mastic pour
boucher les fissures et les ‘trous. Étant donné
qu’elles doivent transporter de grandes quantités
de cette substance, elles ont une tâche fatigante
et dangereuse qui les épuise rapidement.
Quant au nid, il constitue un exemple étonnant de perfection architecturale, d’ordre et de
propreté. Rien n’y est laissé au hasard; le moindre déchet est éliminé, et la plus petite fissure
est soigneusement bouchée avec de la résine.
Si les rayons sont construits sans instruments
et sans calculs, l’agencement de leurs cellules n’en
est pas moins d’une précision mathématique, à
tel point qu’il conviendrait d’écrire au fronton
du nid cette formule chère à Pythagore: « Nul
n’entre ici s’il n’est géomètre». Au plafond
du nid et, s’il s’agit d’une ruche, à la partie
supérieure du châssis, se réunissent en grappes les ouvrières qui vont commencer le travail. La première excrète sa part de cire, la malaxe et la fixe au plafond; puis elle laisse la
place à la deuxième qui sera remplacée par une
troisième, et ainsi de suite. Le résultat n’est
d’abord qu’une informe cloison de cire dans laquelle vont être creusées les cellules. Cette seconde étape du travail est effectuée par deux équipes
qui creusent en même temps les deux faces du
rayon. Toutes ces opérations se déroulent bien
entendu dans l’obscurité, ce qui nous montre à
quel point les organes sensoriels des Abeilles sont
perfectionnés. Leur sens olfactif surtout est particulièrement développé: ce que nous percevons
172
autour d’une seule femelle féconde: la reine.
Leurs organes sexuels sont atrophiés, elles ne
sont faites que pour travailler, et accomplissent
les travaux les plus variés nécessaires au bien
de la communauté.
En dehors de celles qui naissent en automne,
et qui commencent par hiberner, les ouvrières ne
vivent que quelques mois, et même, parfois, un
seul mois. Au cours de leur brève carrière, elles
sont successivement: balayeuses de cellule, nourrices de second ordre, nourrices de premier ordre,
fabricantes de cire, transporteuses de déchets,
sentinelles et soldats, butineuses. A peine adultes,
encore faibles et mal assurées sur leurs pattes,
elles remplissent leur première mission: pendant
deux ou trois jours, elles maintiennent une température constante dans la ruche par l’effet de
leur seule présence, et nettoient méticuleusement
les cellules qui recevront les œufs de la reine. Les
nouvelles venues apprennent à nourrir les larves
les plus âgées et, dès qu’elles savent élaborer la
nourriture appropriée, elles se consacrent aux
jeunes larves pendant un peu plus d’une semaine.
Après quoi, elles passent à la construction de
nouvelles cellules, et sortent de temps à autre
pour évacuer les déchets. Pendant les grandes
chaleurs, et à l’éclosion des couvées, un groupe
assez nombreux est chargé de renouveler l’air
de la ruche. A cet effet, les ouvrières qui le composent font vibrer leurs ailes, comme autant de
petits ventilateurs.
Une fois qu’elles ont monté la garde pendant
quelques jours à l’entrée de la ruche, elles atteignent le sommet de leur carrière; quelquesunes deviennent les ”dames d’honneur” de la reine, et les autres, les plus nombreuses, prennent
le grade de butineuses; dans un rayon de trois
kilomètres, elles doivent recueillir le pollen et le
nectar nécessaires à la nourriture de la communauté et la propolis, matière résineuse extraite du
bourgeon de certaines plantes (conifères, peupliers, érables, etc.) qui leur sert de mastic pour
boucher les fissures et les ‘trous. Étant donné
qu’elles doivent transporter de grandes quantités
de cette substance, elles ont une tâche fatigante
et dangereuse qui les épuise rapidement.
Quant au nid, il constitue un exemple étonnant de perfection architecturale, d’ordre et de
propreté. Rien n’y est laissé au hasard; le moindre déchet est éliminé, et la plus petite fissure
est soigneusement bouchée avec de la résine.
Si les rayons sont construits sans instruments
et sans calculs, l’agencement de leurs cellules n’en
est pas moins d’une précision mathématique, à
tel point qu’il conviendrait d’écrire au fronton
du nid cette formule chère à Pythagore: « Nul
n’entre ici s’il n’est géomètre». Au plafond
du nid et, s’il s’agit d’une ruche, à la partie
supérieure du châssis, se réunissent en grappes les ouvrières qui vont commencer le travail. La première excrète sa part de cire, la malaxe et la fixe au plafond; puis elle laisse la
place à la deuxième qui sera remplacée par une
troisième, et ainsi de suite. Le résultat n’est
d’abord qu’une informe cloison de cire dans laquelle vont être creusées les cellules. Cette seconde étape du travail est effectuée par deux équipes
qui creusent en même temps les deux faces du
rayon. Toutes ces opérations se déroulent bien
entendu dans l’obscurité, ce qui nous montre à
quel point les organes sensoriels des Abeilles sont
perfectionnés. Leur sens olfactif surtout est particulièrement développé: ce que nous percevons
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