Visions du futur | 249
;
Si nous nous inquiétons tant de l’augmentation
des catastrophes naturelles, c’est en grande
partie à cause de leur couverture médiatique.
Nous sommes témoins de toujours plus de
désastres, cependant leur nombre est à peu près
constant et nous sommes beaucoup mieux
armés pour les affronter. De manière générale,
au cours du siècle dernier, la mortalité due aux
catastrophes a été divisée par cinquante,
principalement grâce aux progrès
technologiques et à la richesse de nos pays. Dans
les années 1970, au Bangladesh, des centaines de
personnes périssaient lors d’inondations ;
aujourd’hui les systèmes d’avertissement et les
abris réduisent de manière notable le nombre
des victimes. Le réchauffement de la planète
aggravera-t-il la situation ? Certes, le niveau de
la mer va monter de 0,3 à 0,5 m au cours du
siècle, mais nous devons nous rappeler qu’au
cours du siècle dernier, il avait déjà augmenté de
10 à 25 cm sans que personne ne le remarque.
Nous nous sommes adaptés. Selon les prévisions
les plus pessimistes des Nations unies, en 2100,
l’habitant moyen du Bangladesh devrait être
aussi riche que nous le sommes aujourd’hui. Ce
pays sera alors capable de prendre les mesures
nécessaires pour résister aux marées hautes et
mieux protéger sa population.
Le réchauffement de la planète peut-il renforcer
l’intensité des ouragans ? Cela reste à voir. Le
vrai problème n’est pas là. Les dégâts engendrés
par les ouragans sont toujours plus importants,
notamment parce qu’un nombre croissant de
personnes, disposant de beaucoup de biens,
choisissent de vivre dans des lieux dangereux.
Même si la force des ouragans devait redoubler
avec le réchauffement climatique, elle ne serait
responsable que de 2 à 5 % des dommages que
notre société subira dans le futur. Ne devrionsnous pas plutôt nous préoccuper des 98 %
restants ? Les images captivantes et effrayantes
attirent notre attention. Elles ne nous montrent
cependant pas nécessairement les problèmes
majeurs et les endroits où il serait préférable
d’intervenir. Les problèmes dont on ne parle pas
et qui sont plus dispersés sont souvent bien plus
graves. La pauvreté vous laisse à la merci des
maladies et des catastrophes, et vous empêche
de prendre soin de l’environnement.
Comment rendre le monde meilleur ? Le projet
du consensus de Copenhague est une réponse à
cette question. Huit des meilleurs économistes
du monde (dont quatre lauréats du prix Nobel)
ont établi une liste de priorités fondée sur les
estimations de trente spécialistes de l’économie.
En tête, ils ont placé la prévention contre le sida,
la malnutrition et le paludisme, ainsi que l’arrêt
des subventions à l’agriculture. C’est dans ces
domaines que nous pouvons faire le plus de
choses. Le protocole de Kyoto figurait en
dernière place parce qu’il exige la prise de
mesures complexes pour un bien maigre
résultat. Pourquoi des milliers de personnes
sont-elles mortes à Haïti lors des récents
ouragans et pas en Floride ? Parce que les
Haïtiens sont pauvres. Ils ne peuvent prendre
de mesures préventives. Briser le cercle
de la pauvreté, en traitant les problèmes
les plus urgents, ceux de la maladie, de la famine
et des échanges commerciaux, permettra
non seulement d’améliorer la situation,
mais aussi de rendre les populations
moins vulnérables aux effets des
changements climatiques.
Il est fort probable que l’avenir du monde sera
meilleur, parce que les progrès technologiques
nous aident à venir à bout des dangers
qui nous menacent.
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Si nous nous inquiétons tant de l’augmentation
des catastrophes naturelles, c’est en grande
partie à cause de leur couverture médiatique.
Nous sommes témoins de toujours plus de
désastres, cependant leur nombre est à peu près
constant et nous sommes beaucoup mieux
armés pour les affronter. De manière générale,
au cours du siècle dernier, la mortalité due aux
catastrophes a été divisée par cinquante,
principalement grâce aux progrès
technologiques et à la richesse de nos pays. Dans
les années 1970, au Bangladesh, des centaines de
personnes périssaient lors d’inondations ;
aujourd’hui les systèmes d’avertissement et les
abris réduisent de manière notable le nombre
des victimes. Le réchauffement de la planète
aggravera-t-il la situation ? Certes, le niveau de
la mer va monter de 0,3 à 0,5 m au cours du
siècle, mais nous devons nous rappeler qu’au
cours du siècle dernier, il avait déjà augmenté de
10 à 25 cm sans que personne ne le remarque.
Nous nous sommes adaptés. Selon les prévisions
les plus pessimistes des Nations unies, en 2100,
l’habitant moyen du Bangladesh devrait être
aussi riche que nous le sommes aujourd’hui. Ce
pays sera alors capable de prendre les mesures
nécessaires pour résister aux marées hautes et
mieux protéger sa population.
Le réchauffement de la planète peut-il renforcer
l’intensité des ouragans ? Cela reste à voir. Le
vrai problème n’est pas là. Les dégâts engendrés
par les ouragans sont toujours plus importants,
notamment parce qu’un nombre croissant de
personnes, disposant de beaucoup de biens,
choisissent de vivre dans des lieux dangereux.
Même si la force des ouragans devait redoubler
avec le réchauffement climatique, elle ne serait
responsable que de 2 à 5 % des dommages que
notre société subira dans le futur. Ne devrionsnous pas plutôt nous préoccuper des 98 %
restants ? Les images captivantes et effrayantes
attirent notre attention. Elles ne nous montrent
cependant pas nécessairement les problèmes
majeurs et les endroits où il serait préférable
d’intervenir. Les problèmes dont on ne parle pas
et qui sont plus dispersés sont souvent bien plus
graves. La pauvreté vous laisse à la merci des
maladies et des catastrophes, et vous empêche
de prendre soin de l’environnement.
Comment rendre le monde meilleur ? Le projet
du consensus de Copenhague est une réponse à
cette question. Huit des meilleurs économistes
du monde (dont quatre lauréats du prix Nobel)
ont établi une liste de priorités fondée sur les
estimations de trente spécialistes de l’économie.
En tête, ils ont placé la prévention contre le sida,
la malnutrition et le paludisme, ainsi que l’arrêt
des subventions à l’agriculture. C’est dans ces
domaines que nous pouvons faire le plus de
choses. Le protocole de Kyoto figurait en
dernière place parce qu’il exige la prise de
mesures complexes pour un bien maigre
résultat. Pourquoi des milliers de personnes
sont-elles mortes à Haïti lors des récents
ouragans et pas en Floride ? Parce que les
Haïtiens sont pauvres. Ils ne peuvent prendre
de mesures préventives. Briser le cercle
de la pauvreté, en traitant les problèmes
les plus urgents, ceux de la maladie, de la famine
et des échanges commerciaux, permettra
non seulement d’améliorer la situation,
mais aussi de rendre les populations
moins vulnérables aux effets des
changements climatiques.
Il est fort probable que l’avenir du monde sera
meilleur, parce que les progrès technologiques
nous aident à venir à bout des dangers
qui nous menacent.
