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EV. BIOCENOSES REMARQUABi/iis
A) Les bioconcrétionnements littoraux de Méditerranée : Jacques LABOREL,
Charles-François BOUDOURESQUE, Françoise LABOREL-DEGUEN
1. Notion de bioconstruction
De nombreux animaux et plantes marins possèdent un squelette calcaire
adhérant au substrat et qui, par superposition et fossilisation des parties mortes,
peut édifier une roche d'origine biologique appelée "bioconstruction",
"bioconcrétionnement" ou "formation bioconstruite". De telles formations peuvent
occuper un volume important et communiquer des caractéristiques
morphologiques, biologiques et géologiques particulières à leur environnement
initial. Le type le plus connu en est le récif corallien.
Les bioconstructions ne sont pas permanentes dans le temps, mais en
perpétuelle évolution. A la croissance des organismes à squelette réalisant la trame
de l'édifice (constructeurs primaires) s'ajoutent des remplissages biologiques
(constructeurs secondaires) biodétritiques et sédimentaires (matrices) des cavités
internes. Les minéraux constitutifs peuvent subir une évolution in situ
(cimentation, diagénèse ,... ) dont l'étude sort de ce cadre.
L'action adverse des organismes destructeurs (algues perforantes,
spongiaires, invertébrés divers) ainsi que des agents physiques et mécaniques
d'érosion se fait sentir à tout moment.
Les formations bioconstruites subissent donc une évolution permanente
dans le temps qui peut aboutir soit à leur croissance suivie ou non de fossilisation
soit à leur destruction.
De la surface vers la profondeur, un assez grand nombre de types de
bioconcrétionnements d'origine et de caractéristiques diverses existent en
Méditerranée, qui, par leur taille, leur forme et leur couleur, peuvent devenir un
élément important du paysage littoral ou sous-marin. Leur présence en un point
donné du littoral méditerranéen dépend des conditions climatiques, hydrologiques
et sédimentaires et leur survie, essentiellement du développement des activités
humaines et des pollutions qui en dérivent.
Si la bibliographie sur ce sujet est relativement abondante, il n'y a eu que
peu de travaux de synthèse (PÉRÈS et PICARD, 1952 ; BLANC et MOLINIER 1955 ;
LABOREL 1987) dont seul le dernier prend en compte les problèmes de dégradation
et de conservation qui caractérisent les préoccupations actuelles.
Nous adopterons le système d'étagement qui a été défini pour la
Méditerranée par le Colloque de Gênes (MOLINIER et PICARD 1953 ; PÉRÈS et
MOLINIER 1957) et modifié ensuite par PÉRÈS et PICARD (1958, 1964 ;
BOUDOURESQUE (1971) et BOUDOURESQUE et FRESI (1976).
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