PRÉFACE
par Jean-Marie PÉRÈS
Membre de l'institut
Après deux lectures très approfondies de l'imposant manuscrit consacré aux
Biocénoses Marines et Littorales des côtes françaises de la Méditerranée co-signé par
vingt-sept auteurs, j'estime qu'il est tout à fait remarquable.
A priori, on pourrait s'étonner de voir paraître un ouvrage aussi
fondamental à partir de l'étude d'une portion infime des systèmes biologiques
littoraux et marins de notre planète. En fait, je considère que ce livre arrive à point
nommé pour faire réfléchir le lecteur - écologiste ou décideur - sur l’état actuel du
patrimoine naturel vivant dans ces milieux. Ce patrimoine est constitué par des
systèmes écologiques dont l'organisation et le fonctionnement assurent le maintien
des espèces. De ce point de vue, le littoral a une importance particulière,
essentiellement parce qu'il est le plus accessible à l'homme, mais aussi, hélas, par
les dégradations qu'il y peut commettre.
Le choix de la Méditerranée pour analyser un tel type d'écosystème est
justifié par son extrême richesse spécifique et relève de quatre facteurs : - son statut
de mer semi-fermée, à plateau continental étroit et sans marées appréciables ; - son
bilan hydrologique négatif ; - son peuplement actuel où prédominent des espèces
atlantiques, mais avec un pourcentage élevé d'espèces endémiques (en partie issues
de reliques de la Téthys) ou d'espèces qui ont été véhiculées par le trafic maritime ; -
sa faible productivité apparente.
Le titre même choisi par les éditeurs pour ce livre, les obligeait à tenir
compte aussi bien du domaine pélagique que du domaine benthique.
Les espèces planctoniques sont incapables de résister aux mouvements des
eaux qui les portent et à leur dynamique, de sorte qu'elles ne peuvent y développer
une structure très organisée. Néanmoins, on y observe, parfois, des changements du
peuplement pélagique d'un site, par exemple, la disparition de certaines espèces,
parfois remplacées par d'autres. Ces changements correspondent à des
modifications de la dynamique hydrologique, notamment en fonction des saisons,
mais aussi à plus long terme. Ainsi peut-on admettre qu'un nombre non
négligeable des espèces pélagiques montre des poussées d'abondance tous les 5-6
ans, 10-12 ans, 30-35 ans et à l'échelle du siècle (et parfois davantage).
Les difficultés que les scientifiques avaient éprouvées en tentant de cerner
les modifications spatio-temporelles au sein de la vie pélagique ne pouvaient que
les inciter à se tourner vers la vie benthique et tout spécialement en ce qui concerne
le patrimoine vivant dans les aires littorales, lesquelles lui étaient les plus
accessibles. Ce patrimoine tel que les auteurs l'ont interprété n'est pas seulement un
ensemble d'espèces sélectionnées sur des critères divers, mais sur des systèmes
écologiques à renouvellement, d'autant plus que ceux-ci ont une diversité élevée,
notamment en Méditerranée, se traduisant par des différences de fonctionnement
et du degré de pérennité d'une population d'une espèce donnée, laquelle est
beaucoup plus brève en Méditerranée qu'en Atlantique.
par Jean-Marie PÉRÈS
Membre de l'institut
Après deux lectures très approfondies de l'imposant manuscrit consacré aux
Biocénoses Marines et Littorales des côtes françaises de la Méditerranée co-signé par
vingt-sept auteurs, j'estime qu'il est tout à fait remarquable.
A priori, on pourrait s'étonner de voir paraître un ouvrage aussi
fondamental à partir de l'étude d'une portion infime des systèmes biologiques
littoraux et marins de notre planète. En fait, je considère que ce livre arrive à point
nommé pour faire réfléchir le lecteur - écologiste ou décideur - sur l’état actuel du
patrimoine naturel vivant dans ces milieux. Ce patrimoine est constitué par des
systèmes écologiques dont l'organisation et le fonctionnement assurent le maintien
des espèces. De ce point de vue, le littoral a une importance particulière,
essentiellement parce qu'il est le plus accessible à l'homme, mais aussi, hélas, par
les dégradations qu'il y peut commettre.
Le choix de la Méditerranée pour analyser un tel type d'écosystème est
justifié par son extrême richesse spécifique et relève de quatre facteurs : - son statut
de mer semi-fermée, à plateau continental étroit et sans marées appréciables ; - son
bilan hydrologique négatif ; - son peuplement actuel où prédominent des espèces
atlantiques, mais avec un pourcentage élevé d'espèces endémiques (en partie issues
de reliques de la Téthys) ou d'espèces qui ont été véhiculées par le trafic maritime ; -
sa faible productivité apparente.
Le titre même choisi par les éditeurs pour ce livre, les obligeait à tenir
compte aussi bien du domaine pélagique que du domaine benthique.
Les espèces planctoniques sont incapables de résister aux mouvements des
eaux qui les portent et à leur dynamique, de sorte qu'elles ne peuvent y développer
une structure très organisée. Néanmoins, on y observe, parfois, des changements du
peuplement pélagique d'un site, par exemple, la disparition de certaines espèces,
parfois remplacées par d'autres. Ces changements correspondent à des
modifications de la dynamique hydrologique, notamment en fonction des saisons,
mais aussi à plus long terme. Ainsi peut-on admettre qu'un nombre non
négligeable des espèces pélagiques montre des poussées d'abondance tous les 5-6
ans, 10-12 ans, 30-35 ans et à l'échelle du siècle (et parfois davantage).
Les difficultés que les scientifiques avaient éprouvées en tentant de cerner
les modifications spatio-temporelles au sein de la vie pélagique ne pouvaient que
les inciter à se tourner vers la vie benthique et tout spécialement en ce qui concerne
le patrimoine vivant dans les aires littorales, lesquelles lui étaient les plus
accessibles. Ce patrimoine tel que les auteurs l'ont interprété n'est pas seulement un
ensemble d'espèces sélectionnées sur des critères divers, mais sur des systèmes
écologiques à renouvellement, d'autant plus que ceux-ci ont une diversité élevée,
notamment en Méditerranée, se traduisant par des différences de fonctionnement
et du degré de pérennité d'une population d'une espèce donnée, laquelle est
beaucoup plus brève en Méditerranée qu'en Atlantique.
