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* Action anthropogène indirecte
Dans la baie de la Ciotat-Les Lecques, en plus de l'action anthropogène
directe de l'émissaire de la Ciotat et des chantiers navals, très actifs alors, on
constatait, une action anthropogène indirecte : en effet, fin juillet 1982, de très
violents incendies ont ravagé les pinèdes situées au nord-ouest de la baie (incendies
d'origine criminelle) laissant la terre à nu. Au cours de l'automne de la même
année de très violents orages ont raviné les collines amenant toutes les matières
fines des terres arables directement dans la baie, l'envasement de la Biocénose DC
est passé entre 1972 et 1982 de 14 % à 25 % (BOURCIER, 1986).
""Action des modifications climatiques.
Toujours dans la baie de la Ciotat-Les Lecques, une troisième action
antérieure aux incendies est intervenue. Les dépôts de fractions fines, ont été
favorisés par une fréquence, une durée, une vitesse anormalement faible du mistral
(vent de nord-ouest habituellement dominant) ; cette "déficience" du mistral a duré
de 1968 à 1977. Un exemple analogue est décrit au nord du golfe de Marseille, par
SALEN-PICARD, 1983).
Si les sédiments fins alimentant ces fonds de décantation sont chargés de
polluants, apparaissent successivement les espèces bioindicatrices d'instabilité et les
espèces bioindicatrices de pollution (BOURCIER, 1980 ; 1982 ; 1986 ; NODOT et al.,
1984). Certains fonds exploitables pour la pêche, comme les fonds à violets (Ascidies
Microcosmus vulgaris) peuvent disparaître par excès d'envasement. De même, les
fonds chalutables du plateau continental qui sont le plus souvent le support de cette
biocénose peuvent voir leur productivité fortement diminuée par cet excès
d'envasement et surtout par sa rapidité.
La biocénose des fonds Détritiques Côtiers est également menacée de
disparition à partir de ses horizons inférieurs ; en effet, l'excès d'envasement
entraîne une sorte de "transgression" de la biocénose des fonds Détritiques du Large
(DL) qui remonte bathymétriquement aux dépens de la biocénose des fonds
Détritiques Côtiers : à Cassis, en six ans l'écotone de la transition DC/DL est remonté
de - 95m à - 84m.
2. 6. 2. Effets sur les faciès de la biocénose des fonds Détritiques Côtiers
L'envasement généralisé du plateau continental étant concomitant d'une
plus grande turbidité des masses d'eau, la lumière pénétrant plus difficilement en
profondeur, tous les faciès des fonds Détritiques Côtiers à algues calcifiées sont en
régression. Ces faciès survivent à moindre profondeur tout en diminuant leur aire
de répartition, leur remontée bathymétrique se poursuit jusqu'à l'incompatibilité
avec les facteurs rhéologiques induisant ces faciès. Ceci est valable aussi bien pour
les faciès à Peyssonnéliacées calcifiées libres sur le fond (BOURCIER, 1982 ; 1986) que
pour les faciès de Maërl (BOURCIER, 1986).
De même, et pour la même raison, on assiste à la disparition du faciès à
grands bryozoaires ; en effet, ceux-ci peuvent mourir par un véritable étouffement
de leurs zoécies, ou par ennoyage trop rapide de la base de leurs colonies
(BOURCIER, 1980), ou encore, à cause d'un changement rhéologique, les bryozoaires
peuvent alors basculer sur le fond et mourir rapidement ennoyés dans la fraction
vaseuse. Ceci est intervenu dans la baie de la Ciotat lors de la construction de
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