39
ZE1 . LE ZCOPLANCT0N : Jacqueline GOY
Il se pose un problème quand il s'agit d'exposer le cas des espèces pélagiques
menacées par un environnement dégradé ou pollué. L'état de nos connaissances
sur la vie pélagique n’est pas si avancé pour nous permettre de dresser une liste
analogue à celle des espèces benthiques et la définition même du plancton fait que -
se déplaçant plus ou moins librement dans l'eau comme l'écrit HENSEN dès 1887 -
il peut s'éloigner (surtout les plus grandes formes) et donc échapper à toute
tentative d'étude des zones polluées.
Ainsi cette notion de changement entre un état normal et des états
anormaux traduisant l'effet de la "menace" est prématurée. La normalité d'un
écosystème pélagique est loin d'être décrite dans toutes ses composantes
zooplanctoniques, c'est-à-dire que la simple énumération exhaustive de toutes les
espèces définissant une communauté pélagique n'existe pas.
Il ne s'agit donc pas ici de décrire d'abord un état normal et des états
anormaux mais plutôt de tenter de montrer ce que l'on sait des variations ou des
fluctuations qui affectent l'écosystème pélagique.
La notion de pollution et d'espèces menacées est relativement bien établie
pour le benthos. Il en va tout autrement pour les animaux pélagiques, et tout
particulièrement pour le zooplancton et le necton, qui se déplacent librement et
évitent les eaux les plus dangereuses. Il n'y a pas d'exemples de maquereaux ou de
harengs- poissons pélagiques - flottant le ventre en l'air en pleine mer comme on le
voit pour les poissons de rivières polluées.
Une autre difficulté est justement l'absence d'inventaires, de point zéro,
avant toute pollution, sauf peut-être dans les archives des stations zoologiques de
Naples et de Villefranche-sur-mer, ce qui reste bien entendu limité
géographiquement par rapport à l'étendue du domaine océanique envisagé. En
outre, rares sont les laboratoires marins poursuivant cet effort d'observations sur
un point côtier de référence.
Ainsi une première constatation s'impose : notre ignorance en matière
d'écosystème pélagique par rapport aux 75 % que représentent les océans à la surface
de la planète Terre et les tout derniers engins de récolte ne sont que de dérisoires
filets à papillons devant une telle immensité.
Cette disproportion entre les prélèvements et le milieu à observer ne doit
jamais être oubliée pour comprendre la prudence dans l'exposé des hypothèses et
des résultats.
A) Les méthodes d'études du milieu pélagique
1 . Les prélèvements ponctuels :
Les zoologistes ont d'abord écrit de remarquables monographies reprises par
TRÉGOUBOFF et ROSE (1957) dans leur irremplaçable Manuel de Planctonologie
méditerranéenne. Puis les relations des organismes entre eux ont été envisagées,
relations trophiques le long de la chaîne alimentaire : phytoplancton - herbivores -
carnivores ; la position des copépodes dans ce réseau, à la fois prédateurs et proies,
en a privilégié l'étude.
Précédent

- 43/249

Suivant