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dans le milieu récepteur proche des rejets (BOURGADE, 1977 ; 1981 ; et références in
KERAMBRUN, 1983).
Toutefois il s'agit encore ici d'effets différentiels qui changent aussi la
composition des peuplements. Par exemple, les Diatomées décroissent en
proportion tandis qu'augmente la part des Dinoflagellés, favorisant éventuellement
l'apparition d'eaux colorées. De manière plus générale, les successions écologiques
peuvent être sensiblement modifiées. Ces influences des activités humaines sont
encore très localisées mais méritent une attention vigilante, d'autant plus qu'aux
effets immédiats s'ajoutent des conséquences différées, dont l'étude est plus difficile
(e. g. ANONYME, 1981 ; CURDS, 1982 ; KERAMBRUN, 1983).
Plus importants sans doute par leur échelle sont les effets des
aménagements côtiers qui, par des apports massifs de matériel particulaire de toutes
dimensions réduisent l'étendue des peuplements autotrophes benthiques, à la fois
par le haut, en réduisant les surfaces immergées, et par le bas, en accroissant la
turbidité, ce qui relève le niveau de compensation photique (limite inférieure de la
production primaire nette). Bien entendu, cette réduction de la transparence des
eaux affecte tout autant la production phytoplanctonique. Logiquement, la
composition des peuplements de microphytes doit être touchée également, des
espèces sciaphiles remplaçant dans le bas de la couche euphotique les espèces plus
photophiles qui ne peuvent plus s'y maintenir.
On a vu plus haut que la pollution pétrolière, incontestablement nuisible
aux microphytes lorsqu'elle est forte, stimulerait la croissance de certaines espèces, à
faible dose, entraînant ainsi des changements plus ou moins notables de la
composition de ces peuplements. Ces effets semblent toutefois très localisés ou très
faibles à l'heure actuelle sur nos côtes méditerranéennes.
Il faut enfin mentionner une perturbation très particulière qui a un
retentissement considérable sur certains peuplements de microphytes. Il s'agit du
détournement vers l'étang de Berre, depuis 1966, de la plus grande partie des eaux
de la Durance. Ainsi, partant de 30 à 35,00 %o la salinité de l'étang s'est abaissée
considérablement puisqu'elle devient fréquemment inférieure à 3,00 %o dans
presque tout l'étang. Toutefois, d'une part il peut subsister au sud de l'étang des
zones nettement plus salées près des fonds, d'autre part la salinité peut remonter à
plus de 15,00 %o voire même 30,00 %o localement, lorsqu'en été le déversement des
eaux de la Durance est très réduit ou complètement interrompu.
La composition spécifique des microphytes a évidemment subi, et peut
encore subir en cours d'année, des changements tout à fait considérables. Les
peuplements marins, essentiellement à base de Diatomées, ont laissé place
ordinairement à des espèces fortement halotolérantes mais plutôt à tendance
dulçaquicole. Dans le phytoplancton, les Diatomées sont maintenant le plus
souvent dominées par diverses Chlorophycées et Cyanophycées d'eau douce,
parfois aussi par des Cryptophycées, également dulçaquicoles. En été cependant,
l'étang de Berre peut être envahi provisoirement par des espèces marines
tolérantes. De façon plus ou moins atténuée, on retrouve des conséquences de ce
détournement de la Durance dans le canal de Caronte et le golfe de Fos (e. g. BLANC
et LEVEAU, 1970a ; KIM et TRAVERS, 1984, 1985 ; TRAVERS et KIM, 1988a, 1988b ;
FOLACK et al., 1989).
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