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ZL LE PHYTOPLANCTON : Marc TRAVERS
1. Phytoplancton et autres microphytes :
On entendra ici par microphytes les végétaux microscopiques normalement
phototrophes, car chlorophylliens, l'adverbe "normalement" faisant allusion à
l'existence de nombreuses espèces de microphytes qui sont en réalité mixotrophes,
c'est à dire habituellement photoautotrophes mais capables de recourir à
l'hétérotrophie (osmotrophe) en cas de nécessité. D'autres espèces, souvent rangées
aussi parmi les microphytes en raison de divers critères taxinomiques, sont
pourtant constamment dépourvues de pigments assimilateurs, à l'encontre
d'autres membres de la même classe, du même ordre, voire du même genre. C'est
notamment le cas de nombreuses Dinophycées (ou Dinoflagellés) et
Euglénophycées (ou Eugléniens).
Les microphytes, également appelés microalgues (autre terme commode
mais désormais sans réelle valeur taxinomique), sont presque tous unicellulaires
mais peuvent constituer assez souvent des colonies. Quelques-uns vivent en
endosymbiontes chez diverses espèces pélagiques ou benthiques, en particulier chez
de nombreux protozoaires et chez les madréporaires qui construisent les récifs
coralliens, mais on ne considérera ici que les formes libres.
Celles-ci constituent le phytoplancton et le microphytobenthos. Par nature
elles ne peuvent vivre durablement que dans la couche euphotique, c'est à dire
dans les eaux où leur parvient assez de lumière pour qu'elles puissent compenser
par la photosynthèse leurs dépenses métaboliques. Cette couche euphotique est
utilisable par le phytoplancton dans la totalité des océans et des mers, tandis que la
proportion des fonds marins situés dans cette couche est très faible, sans doute de
l'ordre de 2 % seulement. Le microphytobenthos y est d'ailleurs souvent fortement
concurrencé par des peuplements denses de macroalgues ou de phanérogames, qui
n'ont pas de véritable équivalent dans le pélagos.
Aussi, le microphytobenthos marin est-il beaucoup moins abondant que le
phytoplancton, et surtout considérablement moins productif : on peut estimer
grossièrement qu'à l'échelle de l'océan mondial la production phytoplanctonique
est environ 100 fois supérieure à celle du microphytobenthos. Il convient cependant
de ne pas négliger ce dernier car cette énorme disproportion s'atténue beaucoup au
voisinage des côtes. En outre, on verra que les microphytes benthiques, par leur
situation très côtière et leur mobilité faible ou nulle, peuvent être plus menacés que
le phytoplancton par les perturbations anthropiques.
Au plan taxinomique, une dizaine de classes de microalgues sont bien
représentées dans le phytoplancton, alors que le microphytobenthos, sensiblement
moins étudié, il est vrai, semble essentiellement constitué de Diatomées, dont les
espèces y sont toutefois beaucoup plus nombreuses que dans le phytoplancton.
2. Problèmes liés aux méthodes d'étude :
Il est difficile de réunir actuellement des données réellement significatives
sur 1 évolution des peuplements de microphytes marins. En effet pour pouvoir
constater la disparition ou seulement la régression sensible et significative de
ZL LE PHYTOPLANCTON : Marc TRAVERS
1. Phytoplancton et autres microphytes :
On entendra ici par microphytes les végétaux microscopiques normalement
phototrophes, car chlorophylliens, l'adverbe "normalement" faisant allusion à
l'existence de nombreuses espèces de microphytes qui sont en réalité mixotrophes,
c'est à dire habituellement photoautotrophes mais capables de recourir à
l'hétérotrophie (osmotrophe) en cas de nécessité. D'autres espèces, souvent rangées
aussi parmi les microphytes en raison de divers critères taxinomiques, sont
pourtant constamment dépourvues de pigments assimilateurs, à l'encontre
d'autres membres de la même classe, du même ordre, voire du même genre. C'est
notamment le cas de nombreuses Dinophycées (ou Dinoflagellés) et
Euglénophycées (ou Eugléniens).
Les microphytes, également appelés microalgues (autre terme commode
mais désormais sans réelle valeur taxinomique), sont presque tous unicellulaires
mais peuvent constituer assez souvent des colonies. Quelques-uns vivent en
endosymbiontes chez diverses espèces pélagiques ou benthiques, en particulier chez
de nombreux protozoaires et chez les madréporaires qui construisent les récifs
coralliens, mais on ne considérera ici que les formes libres.
Celles-ci constituent le phytoplancton et le microphytobenthos. Par nature
elles ne peuvent vivre durablement que dans la couche euphotique, c'est à dire
dans les eaux où leur parvient assez de lumière pour qu'elles puissent compenser
par la photosynthèse leurs dépenses métaboliques. Cette couche euphotique est
utilisable par le phytoplancton dans la totalité des océans et des mers, tandis que la
proportion des fonds marins situés dans cette couche est très faible, sans doute de
l'ordre de 2 % seulement. Le microphytobenthos y est d'ailleurs souvent fortement
concurrencé par des peuplements denses de macroalgues ou de phanérogames, qui
n'ont pas de véritable équivalent dans le pélagos.
Aussi, le microphytobenthos marin est-il beaucoup moins abondant que le
phytoplancton, et surtout considérablement moins productif : on peut estimer
grossièrement qu'à l'échelle de l'océan mondial la production phytoplanctonique
est environ 100 fois supérieure à celle du microphytobenthos. Il convient cependant
de ne pas négliger ce dernier car cette énorme disproportion s'atténue beaucoup au
voisinage des côtes. En outre, on verra que les microphytes benthiques, par leur
situation très côtière et leur mobilité faible ou nulle, peuvent être plus menacés que
le phytoplancton par les perturbations anthropiques.
Au plan taxinomique, une dizaine de classes de microalgues sont bien
représentées dans le phytoplancton, alors que le microphytobenthos, sensiblement
moins étudié, il est vrai, semble essentiellement constitué de Diatomées, dont les
espèces y sont toutefois beaucoup plus nombreuses que dans le phytoplancton.
2. Problèmes liés aux méthodes d'étude :
Il est difficile de réunir actuellement des données réellement significatives
sur 1 évolution des peuplements de microphytes marins. En effet pour pouvoir
constater la disparition ou seulement la régression sensible et significative de
