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construction de barrages et à l'irrigation) peut entraîner une modification des
peuplements, une diminution des pêches et une baisse de rendement de certains
écosystèmes côtiers dans le monde comme en France. Ainsi les apports annuels du
Rhône à son delta, estimés à 40 millions de tonnes au début du siècle, sont
aujourd'hui divisés par dix.
Certains barrages, situés assez près de l'embouchure, rejettent l'eau douce de
manière irrégulière, en fonction des besoins énergétiques ou agricoles. Dans le cas
de la dérivation de la Durance dans l'étang de Berre, pour des besoins
hydroélectriques, l'établissement d'un peuplement équilibré est régulièrement
remis en cause par suite des variations brutales de salinité. Les apports d'eau douce
créent une stratification (eau douce en surface, eau salée au fond) qui empêche la
pénétration de l'oxygène de la surface vers la couche marine du fond ; celle-ci n'est
pas assez oxygénée pour que des animaux marins puissent y vivre.
Ainsi, chaque aménagement fluvial a des conséquences propres sur la
nature des peuplements vivant dans l'embouchure.
La construction du barrage d'Assouan sur le Nil, achevée en 1971, a eu "un
effet catastrophique sur la pêche". Dans le delta du fleuve, qui n'est plus alimenté
d'alluvions, le plancton s'est fait rare, et les prises de sardines sont tombées
brutalement de 18 000 à 700 tonnes, pour remonter à 7 000 tonnes en 1987, les eaux
étant "alimentées non plus en sédiments naturels...mais en engrais chimiques" !
b) Prélèvements abusifs et surexploitation d'espèces d'intérêts économique ou
sportif
Un autre grand péril est la pêche outrancière, le chalutage par petit fond qui
détruit le benthos et les herbiers littoraux, la pêche à la lampe ou à la dynamite, la
chasse sous-marine (COUSTEAU et PACCALET, 1987). Effectivement les Poissons
marins sont essentiellement victimes de la surexploitation des fonds alors que les
espèces amphihalines, qui passent une partie de leur vie en eau douce et l'autre en
mer, sont l'objet de nombreuses agressions (obstacles à la remontée des cours d'eau,
détérioration ou disparition des frayères, pollutions, et là aussi pêche excessive).
Aujourd'hui, le danger majeur réside dans une exploitation beaucoup plus
performante qui a toutes les chances d'entamer ces stocks. Ainsi, si, de 1938 à 1955,
les relevés statistiques donnaient 500 000 tonnes par an de poissons pêchés en
Méditerranée, ils atteignent maintenant le million de tonnes annuel, donc le
double. Aujourd'hui les ressources sont déjà exploitées au-delà du maximum.
D'après des données de la Banque Mondiale datant de 1990, "les réserves
halieutiques, pour ne citer que l'exemple de l'Italie, sont tombées à 20 % de leur
niveau naturel dans nombre d'endroits... et, pratiquement partout, les grandes
espèces pélagiques comme l'espadon et le thon, et de plus petites comme les
sardines et les anchois, qui sont la base du développement pondéral de la pêche
dans cette mer, sont surexploitées".
Dans le cas des oiseaux, l'action directe de l'homme (chasse et prélèvement
des oeufs et des poussins), très développée durant le I9^me siècle et les deux
construction de barrages et à l'irrigation) peut entraîner une modification des
peuplements, une diminution des pêches et une baisse de rendement de certains
écosystèmes côtiers dans le monde comme en France. Ainsi les apports annuels du
Rhône à son delta, estimés à 40 millions de tonnes au début du siècle, sont
aujourd'hui divisés par dix.
Certains barrages, situés assez près de l'embouchure, rejettent l'eau douce de
manière irrégulière, en fonction des besoins énergétiques ou agricoles. Dans le cas
de la dérivation de la Durance dans l'étang de Berre, pour des besoins
hydroélectriques, l'établissement d'un peuplement équilibré est régulièrement
remis en cause par suite des variations brutales de salinité. Les apports d'eau douce
créent une stratification (eau douce en surface, eau salée au fond) qui empêche la
pénétration de l'oxygène de la surface vers la couche marine du fond ; celle-ci n'est
pas assez oxygénée pour que des animaux marins puissent y vivre.
Ainsi, chaque aménagement fluvial a des conséquences propres sur la
nature des peuplements vivant dans l'embouchure.
La construction du barrage d'Assouan sur le Nil, achevée en 1971, a eu "un
effet catastrophique sur la pêche". Dans le delta du fleuve, qui n'est plus alimenté
d'alluvions, le plancton s'est fait rare, et les prises de sardines sont tombées
brutalement de 18 000 à 700 tonnes, pour remonter à 7 000 tonnes en 1987, les eaux
étant "alimentées non plus en sédiments naturels...mais en engrais chimiques" !
b) Prélèvements abusifs et surexploitation d'espèces d'intérêts économique ou
sportif
Un autre grand péril est la pêche outrancière, le chalutage par petit fond qui
détruit le benthos et les herbiers littoraux, la pêche à la lampe ou à la dynamite, la
chasse sous-marine (COUSTEAU et PACCALET, 1987). Effectivement les Poissons
marins sont essentiellement victimes de la surexploitation des fonds alors que les
espèces amphihalines, qui passent une partie de leur vie en eau douce et l'autre en
mer, sont l'objet de nombreuses agressions (obstacles à la remontée des cours d'eau,
détérioration ou disparition des frayères, pollutions, et là aussi pêche excessive).
Aujourd'hui, le danger majeur réside dans une exploitation beaucoup plus
performante qui a toutes les chances d'entamer ces stocks. Ainsi, si, de 1938 à 1955,
les relevés statistiques donnaient 500 000 tonnes par an de poissons pêchés en
Méditerranée, ils atteignent maintenant le million de tonnes annuel, donc le
double. Aujourd'hui les ressources sont déjà exploitées au-delà du maximum.
D'après des données de la Banque Mondiale datant de 1990, "les réserves
halieutiques, pour ne citer que l'exemple de l'Italie, sont tombées à 20 % de leur
niveau naturel dans nombre d'endroits... et, pratiquement partout, les grandes
espèces pélagiques comme l'espadon et le thon, et de plus petites comme les
sardines et les anchois, qui sont la base du développement pondéral de la pêche
dans cette mer, sont surexploitées".
Dans le cas des oiseaux, l'action directe de l'homme (chasse et prélèvement
des oeufs et des poussins), très développée durant le I9^me siècle et les deux
