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LE BILAN : Jean-Claude LACAZE
L'avenir de la Méditerranée et d'ailleurs des autres mers bordières
européennes, se joue au niveau de la démographie, une démographie en rapide
progression. Les conséquences de cette évolution sont rendues plus graves encore
par le fait que la population, et les activités qui lui sont inhérentes, devraient
continuer de se développer sur la bande littorale où les hommes s'entassent
puisque on estime que 50 % de la population mondiale vit à proximité de la mer et
cette proportion est en augmentation rapide (GRASSLE et al., 1991). Aux activités
traditionnelles, la pêche et le commerce, se sont ajoutés, d'abord l'agriculture et
l'industrie, puis le tourisme et l'aquaculture. Des agglomérations urbaines étendues
sont apparues. L'évolution récente montre l'accroissement de la pression foncière et
de la fréquentation du littoral, liées notamment à l'unification européenne. Or, les
retombées de cette concentration anarchique atteignent directement la mer malade
de nombreuses formes de dégradations : en très peu d'années un milieu luxuriant
s'est banalisé. Aujourd'hui l'environnement côtier est aussi altéré que les forêts
tropicales !
Du fait de l'urbanisation on note la réduction catastrophique des milieux
naturels de la frange côtière...Déjà sur toutes les côtes françaises et plus encore en
Provence et dans le Languedoc-Roussillon des milieux d'un grand intérêt
écologique sont entièrement transformés ou même totalement détruits par la
réalisation d'ouvrages littoraux et autres aménagements (de zones humides, de
fleuves, d'estuaires...), de ce fait, un certain nombre d'espèces remarquables ont
disparu de localités où elles étaient connues souvent depuis plus de 100 ans. Aussi,
quand l'homme pense endigage, port ou marina, il doit savoir que pour construire,
il va détruire le ruban de vie qui longe le littoral, le fragmenter en îlots de plus en
plus dispersés, et donc participer à l'avancement du désert (LACAZE, 1993).
A) LES PRINCIPAUX TYPES DE DÉGRADATION DU MILIEU CÔTIER
MÉDITERRANÉEN
Le littoral est soumis à de considérables pressions anthropiques de nature
physique (dragages, aménagements, détournement de rivières) ou de matières
polluantes : les zones côtières sont le réceptacle final de nombreux rejets
permanents ou occasionnels urbains ou industriels de l'ensemble des bassins
versants. On peut donc s'attendre à ce que ces apports, en quantités toujours
croissantes, perturbent notablement les biocénoses marines (benthiques et
pélagiques) et terrestres côtières en modifiant les caractéristiques physiques et
chimiques des habitats.
Le signal du déséquilibre (esthétique, biologique) est généralement une
modification appréciable de la structure de l'écosystème. Il peut être directement
visible, même spectaculaire, comme dans le cas d'une prolifération algale (eau
colorée, marée verte), voire d'une pullulation de Méduses, ou plus subtile s'il s'agit
LE BILAN : Jean-Claude LACAZE
L'avenir de la Méditerranée et d'ailleurs des autres mers bordières
européennes, se joue au niveau de la démographie, une démographie en rapide
progression. Les conséquences de cette évolution sont rendues plus graves encore
par le fait que la population, et les activités qui lui sont inhérentes, devraient
continuer de se développer sur la bande littorale où les hommes s'entassent
puisque on estime que 50 % de la population mondiale vit à proximité de la mer et
cette proportion est en augmentation rapide (GRASSLE et al., 1991). Aux activités
traditionnelles, la pêche et le commerce, se sont ajoutés, d'abord l'agriculture et
l'industrie, puis le tourisme et l'aquaculture. Des agglomérations urbaines étendues
sont apparues. L'évolution récente montre l'accroissement de la pression foncière et
de la fréquentation du littoral, liées notamment à l'unification européenne. Or, les
retombées de cette concentration anarchique atteignent directement la mer malade
de nombreuses formes de dégradations : en très peu d'années un milieu luxuriant
s'est banalisé. Aujourd'hui l'environnement côtier est aussi altéré que les forêts
tropicales !
Du fait de l'urbanisation on note la réduction catastrophique des milieux
naturels de la frange côtière...Déjà sur toutes les côtes françaises et plus encore en
Provence et dans le Languedoc-Roussillon des milieux d'un grand intérêt
écologique sont entièrement transformés ou même totalement détruits par la
réalisation d'ouvrages littoraux et autres aménagements (de zones humides, de
fleuves, d'estuaires...), de ce fait, un certain nombre d'espèces remarquables ont
disparu de localités où elles étaient connues souvent depuis plus de 100 ans. Aussi,
quand l'homme pense endigage, port ou marina, il doit savoir que pour construire,
il va détruire le ruban de vie qui longe le littoral, le fragmenter en îlots de plus en
plus dispersés, et donc participer à l'avancement du désert (LACAZE, 1993).
A) LES PRINCIPAUX TYPES DE DÉGRADATION DU MILIEU CÔTIER
MÉDITERRANÉEN
Le littoral est soumis à de considérables pressions anthropiques de nature
physique (dragages, aménagements, détournement de rivières) ou de matières
polluantes : les zones côtières sont le réceptacle final de nombreux rejets
permanents ou occasionnels urbains ou industriels de l'ensemble des bassins
versants. On peut donc s'attendre à ce que ces apports, en quantités toujours
croissantes, perturbent notablement les biocénoses marines (benthiques et
pélagiques) et terrestres côtières en modifiant les caractéristiques physiques et
chimiques des habitats.
Le signal du déséquilibre (esthétique, biologique) est généralement une
modification appréciable de la structure de l'écosystème. Il peut être directement
visible, même spectaculaire, comme dans le cas d'une prolifération algale (eau
colorée, marée verte), voire d'une pullulation de Méduses, ou plus subtile s'il s'agit
